L’œil de Richard Dourthe : « J’ai peur pour Willemse »

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    L’œil de Richard Dourthe : « J’ai peur pour Willemse » Midi Olympique - Patrick Derewiany
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L’ancien international Richard Dourthe nous livre son sentiment sur la victoire du XV de France contre le Pays de Galles samedi. Il souligne la férocité des Gallois, le sang-froid de l’arbitre et s’inquiète du sort de Paul Willemse quant à la décision de la commission de discipline suite à ce carton rouge.

Je pensais à un truc, samedi soir : vous imaginez l’explosion, la déflagration, le bruit de dingue, si ce stade avait été plein au moment où Brice Dulin aplatissait l’essai que l’on connaît ? Avec 80 000 personnes en tribunes, on aurait pu vivre un instant de folie totale, une émotion brutale, intense et propre au sport. La prochaine fois, qui sait… Avec ou sans public, ce XV de France a pour lui un mental de champion, des tripes et des c..., pour emprunter au vocabulaire fleuri qui a probablement dû jalonner les conversations, au point final de ce match sublime.

Attention, néanmoins, à ne pas se laisser griser par cette victoire certes exaltante mais bel et bien accouchée dans la douleur : au Stade de France, les Gallois ont très longtemps dominé les coéquipiers de Charles Ollivon et, qu’on le veuille ou non, ceux-ci ont souvent souffert sur les impacts. À ce sujet, il me semble aujourd’hui évident que cette équipe du pays de Galles est l’opposition la plus rude ayant croisé la route du XV de France, ces deux dernières saisons : dans les zones d’affrontement, ça tapait tellement fort que Romain « Tao » et Matthieu Jalibert ont d’ailleurs quitté le terrain très rapidement. Vous remarquerez aussi que du côté des Diables Rouges, il n’y avait que des trentenaires rompus à ce genre de joute, Louis Rees-Zammit et Josh Adams exceptés. Pas drôle, le pays de Galles… Pas drôle du tout, même…

Le bridging gallois que sanctionne Monsieur Pearce en fin de match, peu d’arbitres l’auraient sifflé, croyez-moi. Sur ce coup, l’arbitre a eu du cran.

Au-delà de cet intense sentiment de libération, survenu sur le gong, j’ai aussi été marqué par le courage de l’arbitre. Pour tout dire, Luke Pearce a superbement géré cette fin de rencontre acharnée, où Français et Gallois se rendaient coup pour coup : car il fallait avoir du cran, pour siffler une pénalité sur l’ultime « bridging » (action illicite destinée à assurer la libération en formant un pont au-dessus du ballon, N.D.L.R.) des Gallois, une sanction qui ramena le jeu dans près de la ligne adverse. Pourquoi, demandez-vous ? Mais parce que sur ce coup-là, les Français ne sont pas vraiment allés au « grattage », la lutte dans le ruck n’avait rien d’acharnée et dans un tel contexte, neuf arbitres sur dix se seraient abstenus. Bravo pour votre sang-froid, monsieur Pearce ! Au bout du bout, j’aimerais conclure ces quelques lignes sur le geste de Willemse ; je sais, par expérience, qu’un déblayage se doit d’être violent, au risque d’être totalement inefficace.

Mais en fin de match, le deuxième ligne du XV de France a bien failli arracher le plafond orbital de ce pauvre gallois, lequel ne faisait même pas action de jeu dans le ruck. Avec l’autre bras, Willemse a même emporté Alun-Wyn Jones, excusez du peu ! Il n’y a rien de méchant, de délibéré ou de prémédité dans le geste de Paul Willemse mais je crains qu’il prenne cher en commission de discipline, mercredi… À moins que son avocat londonien soit vraiment très bon, je ne vois pas comment Bernard Le Roux pourrait ne pas être orphelin de son compère de Pretoria, face à l’écosse.

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