Pour Paris, un succès à méditer

  • Les Racingmen ont souffert dans beaucoup de domaines face au Stade français. Donnacha Ryan est l’un des seuls joueurs franciliens qui a répondu à la férocité de ce derby.
    Les Racingmen ont souffert dans beaucoup de domaines face au Stade français. Donnacha Ryan est l’un des seuls joueurs franciliens qui a répondu à la férocité de ce derby. Photo IconSport - Icon Sport
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En s’imposant à la Paris-La Défense Arena, le Stade français a maintenu son mince espoir de qualification et surtout montré du caractère à l’aube du sprint final.

Thomas Lombard et Jacky Lorenzetti n’ont pas ménagé leur peine, ni leur salive pour rendre ce derby attrayant. Entre gentilles invectives et douce ironie sur fond d’affaire Fickou, le directeur général du Stade français et le président du Racing 92 se sont vertement interpellés avant cette rencontre. Des déclarations électriques qui n’ont finalement pas eu la moindre conséquence sur le terrain, sauf à expliquer l’indigence des hommes de Laurent Travers durant près de quarante minutes par un grave court-circuit. Un laps de temps que les Stadistes ont su mettre à profit pour capitaliser.

Avec du réalisme et une pointe d’opportunisme. Le réalisme, c’est Joris Segonds qui l’a illustré : au total, 25 points inscrits et un joli neuf sur onze face aux perches, dont certaines tentatives de plus de 50 mètres. L’opportunisme, c’est Jonathan Danty qui l’a matérialisé avec ce ballon retombant par bonheur dans ses bras après un jeu au pied de James Hall et un cafouillage entre Donovan Taofifenua et Sekou Macalou transformé en essai (31e). Mais surtout, le Stade français a su construire sa victoire. D’abord, en s’appuyant sur une conquête remarquable. Rarement l’alignement racingman avait autant été chahuté cette saison. Au moins cinq ballons volés par Macalou, Azagoh ou encore Matera. Et que dire de la mêlée parisienne ? Trois pénalités sifflées en sa faveur. Rien que ça. Sa domination ne souffre d’aucune contestation possible.
 

Une défense remarquable

Ce succès, le Stade français le doit aussi à la qualité de sa défense. Certes, il y a eu des loupés, notamment dans les couloirs. En témoignent les quatre essais encaissés. Mais, Paris a gagné la bataille du jeu au sol. Quand le talonneur Tolu Latu n’était pas au rendez-vous du « contest », Jonathan Danty ou Pablo Matera s’y trouvaient les premiers. Avec une franche réussite. Ces trois-là ont pourri la vie des Racingmen, ralenti les ballons et récupéré plusieurs pénalités. « Nous avons été efficaces dans les moments clés dans ce secteur de jeu, a reconnu Gonzalo Quesada à l’issue de la victoire. Les spécialistes dans ce secteur de jeu ont vraiment fait leur job. »

Par-delà les faits de jeu, la stratégie payante orchestrée par le staff stadiste ou encore les secteurs importants dans lesquels les joueurs de la capitale ont dominé, c’est l’état d’esprit affiché par cette équipe qui a interpellé. Pablo Matera a peut-être livré son meilleur match depuis son arrivée. Jonathan Danty, probablement soucieux de quitter le club de sa ville sur une bonne note, a survolé les débats. Antoine Burban a retrouvé le dynamisme de ses premières années. À croire cette équipe transcendée par un évènement qui leur avait échappé au match aller. C’est en fait bien plus que ça. « Avant le match, on a fait un truc un peu différent dans la préparation, a expliqué de façon un peu mystérieuse le manager Gonzalo Quesada. C’était un peu risqué, mais les joueurs ont joué le jeu. Nous avons essayé de visualiser ce qui allait se passer, les joueurs ont joué le jeu et l’ont reproduit. »

En clair ? Dans l’intimité de leur mise au vert à l’hôtel Mariott de Boulogne-Billancourt, les joueurs se sont astreints à une séance de méditation et de visualisation mentale. Le scénario de la rencontre, les Soldats roses l’ont écrit ensemble. Ils l’ont imprimé, enregistré, puis récité. De prime abord, l’idée peut paraître farfelue, le résultat beaucoup moins. Quesada, fin connaisseur de la psychologie humaine, a réussi son coup. Son équipe est toujours en vie, prête au sprint final dans la perspective d’une qualification pour la phase finale.

« On n’était peut-être pas si mort hier et on n’est pas peut-être pas si beau aujourd’hui, a-t-il commenté. Il reste du travail. Il ne faut pas s’enflammer. » « Cette victoire fait du bien pour la suite du championnat, note tout de même Joris Segonds. On ne se pose pas trop de questions, on verra où ça nous mène. Bien sûr, nous avons la qualification au fond de la tête, mais ça sera quand même compliqué. On va jouer sans pression, libérés, comme aujourd’hui (samedi, N.D.L.R.). »

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