Entre Narbonne et Bourg, c'est jour de fête Nationale !

  • C’est jour de fête Nationale !
    C’est jour de fête Nationale ! - Carine Monfray
Publié le , mis à jour

Une semaine après avoir obtenu leur montée en Pro D2, Audois et bressans se retrouvent à bourgoin pour se disputer le premier titre de champion de france de nationale de l’histoire. L’épilogue magnifique d’une compétition nouvelle, qui a su séduire ses acteurs au-delà de toutes espérances.

C’est un petit plaisir, une douceur, une sucrerie comme seul le rugby sait en offrir. Samedi, en milieu d’après-midi, dans le magnifique écrin de Pierre-Rajon, Narbonnais et Bressans se disputeront le premier titre de champion de France de Nationale dans un match dont le perdant ne sera pas triste ; mais juste un peu moins heureux que le vainqueur. La nuance est importante à saisir. Car sans galvauder la saveur d’un titre de champion de France, qui plus est lorsque celui-ci est le premier de l’histoire d’une compétition, les Narbonnais et les Bressans ont déjà atteint leur principal objectif le week-end dernier, en triomphant de Nice et d’Albi, pour accrocher le droit de jouer en Pro D2 la saison prochaine. Les esprits libérés, après un week-end de fête et des nuits longues à devenir demain, les deux clubs livreront la dernière bataille de l’exercice avec détermination mais le cœur forcément plus léger.

La clé du match sera peut-être loin du pré, de la technique ou de la stratégie, mais résidera sans doute dans la capacité des deux équipes à avoir digéré correctement l’euphorie issue des demi-finales. "Le plus compliqué, finalement, lorsque l’on prépare ce genre de match, c’est de remobiliser le groupe, explique Laurent Balue, l’entraîneur des trois-quarts narbonnais. On a travaillé si dur pour obtenir la montée… Mardi, lorsque nous nous sommes retrouvés à l’entraînement, nous avons parlé aux joueurs et je crois qu’ils prennent peu à peu conscience que gagner un titre est quelque chose d’important dans une carrière." Jean-Pierre Humbert, le président bressan, corrobore : "Une finale ne se galvaude pas. Nous irons à Bourgoin pour faire honneur au maillot, respecter le jeu, notre adversaire et le public."

D’un point de vue purement rugbystique, la collision entre les deux clubs promet d’être fantastique, tant le RCNM et l’USB ont régalé durant la phase régulière. Loin d’une opposition de style, les deux formations prônent un rugby complet mais tourné vers le volume et les extérieurs. Si les planètes s’alignent, ce match pourrait accoucher d’un feu d’artifice.

La victoire du championnat

Car parions-le : aucune des deux équipes ne cherchera à rouler sur son adversaire avec un paquet d’avants surpuissants et des ballons portés mâtinés de pénaltouches. Le huit de devant sera plutôt mis à contribution pour gagner des ballons, les bonifier pour les offrir à des trois-quarts qui se régaleront dans les espaces. Laurent Balue ne tarit pas d’éloges sur ses adversaires bressans et rêve d’une finale ouverte et plaisante, loin des calculs et du sacro-saint triptyque occupation-conquête-discipline. "Bourg-en-Bresse est une équipe qui nous ressemble un peu. S’ils arrivent à avoir ce jeu ouvert et plaisant, c’est parce que leurs avants font le travail. Ils ont une conquête efficace, de l’expérience et des repères. Nous aussi, nous savons jouer avec nos trois-quarts. Il faudra pour cela avoir des ballons. J’aimerais que ce match soit la fête du jeu et du rugby, que les deux équipes prennent du plaisir. On va donner un cadre stratégique large aux joueurs. Ce sera à eux d’y mettre un peu de folie."

À l’échelle de ce championnat de Nationale, les forces en présence sont exceptionnelles. Narbonne a réalisé un début d’année civile incroyable, alignant notamment six victoires consécutives entre le 9 janvier et le 27 février. Les Violets, eux, ont été l’équipe la plus homogène de l’exercice, en ne concédant que quatre défaites sur les vingt matchs disputés. Ils ont aussi su aller s’imposer et marquer les esprits à Narbonne lors de la dernière journée, le 23 mai. De quoi prendre un ascendant psychologique ? Assurément non. Les compteurs sont remis à zéro et Laurent Balue le sait bien : "Ce ne sera pas le même match. Honnêtement, il y a trois semaines, nous avions déjà la tête à la demi-finale. Nous avions aligné quelques espoirs afin de reposer nos cadres et de les aguerrir en vue de leur propre fin de championnat. Non, vraiment, ce sera une autre équipe qui jouera la finale…" Yoann Boulanger, l’entraîneur principal de Bourg-en-Bresse, développe quant à lui le côté affectif et émotionnel qui entoure ce match : "C’est un énorme défi qui s’offre à nous et c’est aussi la dernière occasion pour ce groupe d’évoluer ensemble. Cette finale doit être un très beau moment pour nous, c’est une semaine à vivre pleinement."

Bien malin, donc, celui qui peut dire laquelle des deux équipes verra la gravure de son nom déflorer le bouclier promis au vainqueur. Une chose est certaine : samedi, l’heure sera aussi venue de dresser le bilan du championnat dans sa globalité et en cela, cette finale sacrera plus qu’un club. Samedi sera aussi le jour de gloire de cette Nationale dont Jean-Pierre Humbert fut l’un des pères fondateurs. Avec une saison de recul, tout le Landerneau du rugby s’accorde à dire que cette compétition est une magnifique réussite. "En imaginant cette Nationale avec quelques autres présidents, j’ai voulu rééquilibrer l’échiquier du rugby. Cette compétition est bien née, elle répondait à un constat : il y avait beaucoup trop de disparité économique en Fédérale 1. Aujourd’hui, personne ne peut dire que cette compétition n’avait pas lieu d’être", reprend le président bressan. À tel point qu’elle devrait faire des émules, avec la création, à l’horizon 2022, de sa petite sœur, la Nationale 2.

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