Peyresblanques : « Mon rêve, c’était de porter ce maillot »

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Impressionnant depuis deux matchs, l’enfant du club s’apprête à vivre sa première finale avec les professionnels, samedi. Avant ça, il revient sur l’incroyable fin de match à Vannes, nous parle de son enfance à Peyrehorade ou encore de sa bonne forme du moment...

Comment avez-vous vécu cette fin de match à Vannes ?

Ça a été un mélange de sensations différentes. Je rate cette touche à trois minutes de la fin. Je me dis que j’ai fait perdre l’équipe et je commence à m’en vouloir.

Vous avez une nouvelle munition une minute plus tard. Est-elle compliquée à appréhender ?

Pas vraiment, car je sais qu’il faut garder confiance en soi. Les échecs, ça arrive et il faut passer à autre chose. Derrière ça, nous n’avions plus rien à perdre et nous nous étions préparés, pendant la semaine, à vivre un scénario où nous aurions le dernier ballon pour gagner.

Ce scénario de fou n’est-il pas un élément important qui peut vous permettre d’aborder la finale avec un petit truc en plus ?

On pourrait penser qu’on a une belle étoile au-dessus de la tête, mais c’est le passé. On veut écrire notre propre histoire sans se fier à ce qui est déjà fait. On croit en nous et on sait qu’on peut réussir. Maintenant, il ne faut pas oublier qu’on aura un adversaire coriace en face samedi et qu’il a été plus que dominateur cette saison.

Vous avez grandi avec le BO des Galactiques. Qu’est-ce que ça fait de se retrouver dans la peau du finaliste, aujourd’hui ?

J’ai toujours suivi les exploits du BO, que ce soit au stade ou depuis chez moi. Mon rêve, c’était de porter ce maillot. Quand je suis arrivé en 2013, il descendait en Pro D2 et il n’y a pas eu une seule seconde où j’aurais pu penser faire partie de l’équipe qui allait espérer pouvoir faire remonter le club.

Parvenez-vous à réaliser ce que vous êtes en train de vivre ?

Je pense qu’on ne réalise pas trop. Mais de toute manière, on n’a rien accompli pour l’instant. Il y aura une grosse déception si on perd. On ne profitera que si on arrive à remporter le bouclier.

Vous venez du monde rural (son père est producteur de kiwis). Le petit Lucas rêvait-il de devenir rugbyman, ou voulait-il reprendre la production familiale ?

Honnêtement, j’ai toujours voulu être rugbyman professionnel. Maintenant, quand on est jeune, on nous dit que c’est juste un rêve et qu’il faut être prêt à faire autre chose. J’ai gravi les échelons les uns après les autres et j’ai eu la chance de me retrouver ici. J’en suis très heureux.

Vous êtes jeune, bon et du coin. Vous êtes un peu le symbole du projet biarrot. Le ressentez-vous ?

Plus ou moins. Après, je ne me pose pas la question. J’essaye juste d’être moi-même et de m’amuser. On me charrie un peu là-dessus, mais je ne suis pas le seul. Ce n’est pas quelque chose qui me perturbe.

Vos coéquipiers vous surnomment la pépite…

Ça avait démarré avec Pierre Bernard et Benoit Lazzarotto, il y a trois ans. C’était un peu gênant au début, ça me fait rire maintenant. Il y a quelques petites blagues là-dessus, c’est bon enfant.

Vous avez longtemps joué à la pelote. Comment êtes-vous arrivé au rugby ?

J’ai commencé à six ans à Peyrehorade. Mon parrain portait ces couleurs. J’allais le voir de temps en temps et, tout naturellement, je m’y suis inscrit dès que j’ai eu l’âge. En parallèle, je jouais à la pelote et j’ai fait les deux jusqu’au lycée. J’ai eu la chance de remporter quelques titres de champion de France ou des Landes, j’en garde beaucoup de très bons souvenirs.

Pourquoi avoir décidé de privilégier le rugby ?

C’était plus naturel pour moi. Le rugby était un sport qui me tenait à cœur et qui me faisait rêver. Quand je voyais le BO, j’avais envie d’y arriver un jour.

À votre arrivée au Pôle espoirs de Bayonne, Pierre Perez vous a fait passer de troisième ligne centre à talonneur. Comment s’est faite cette transition ?

Je ne jouais pas talonneur en club. Au début, c’était compliqué pour pouvoir vivre des situations en match. Petit à petit, j’ai pu grandir et progresser de manière significative au poste. De toute manière, j’allais avoir beaucoup moins de chances d’atteindre le haut niveau en tant que troisième ligne. Aujourd’hui, le talonneur a un rôle important. Ça me convient de pouvoir aider l’équipe et d’avoir cette responsabilité sur les épaules.

Depuis le début des phases finales, vous êtes en grande forme. Pourquoi ?

Peut-être parce que j’ai eu une blessure en début de saison, puis le Covid. Il a fallu du temps pour que je récupère de tout ça. Après, je reste moi-même. En ce moment, tout va bien. J’essaye de surfer sur la vague, comme on dit ici.

Cette saison, vous semblez avoir beaucoup progressé sur la mêlée fermée et surtout, les lancers…

Au fil de la saison, j’ai pu prendre confiance. Sur la mêlée, Roger Ripoll a fait du très bon travail. François Da Ros m’aide beaucoup sur ces secteurs. Yvan Watremez ou Guy Millar aussi, pour encadrer.

En mai 2020, vous avez prolongé jusqu’en 2023 avec le rêve d’arriver en Top 14. Vous êtes à un match d’y parvenir…

C’est beau. Le club continue de progresser année après année. Nous sommes tous des compétiteurs et nous aspirons tous à aller en Top 14. Ce n’est qu’avec cette mentalité-là de gagnant qu’on peut arriver au haut niveau. Propos recueillis par P. O.

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Propos recueillis par Pablo Ordas
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