Le long survol du Stade toulousain : retour sur une saison magistrale

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    Le long survol du Stade Toulousain MO - Patrick Derewiany
Publié le , mis à jour

Toulouse a réussi une saison d'anthologie, couronnée par un doublé. Ugo Mola rejoint Guy Novès dans la légende. Retour sur douze mois survolés. 

Au terme d'une saison longue de plus d'une année, Toulouse a donc réussi le doublé, le deuxième de son histoire (après celui de 1996), mais le premier vraiment significatif au vu de la dureté des oppositions. Ugo Mola rejoint ainsi Guy Novès dans la légende du club. Et fait aussi bien que Bernard Laporte, doublement titré avec Toulon en 2014. Les Toulousains ont confirmé en finale du championnat, leur victoire en finale européenne … face au même adversaire : La Rochelle. Curiosité, les Toulousains ont scellé cette saison historique au terme du seul match de leur saison sans essai de leur part. Mais il pleuvait des cordes au Stade de France et cette ultime finale, Toulouse l'a menée et maîtrisé de bout en bout avec cinq pénalités de Thomas Ramos et un drop, de 50 mètres, de Cheslin Kolbe. On se souviendra que les Toulousains ont forgé ce titre avec plusieurs joueurs majeurs à l'infirmerie, Romain Ntamack, Sofiane Guitoune, Emmanuel Meafou, Yoann Huget, Clément Castets, et d'autres à peine rétablis, Dorian Aldegheri, Rory Arnold.

On rappellera aussi que Toulouse a gagné sa finale en se passant de Jerome Kaino, sur le banc au coup d'envoi. Selevasio Tolofua faisant désormais partie des cadres. Il fut d'ailelurs  la grande confirmation de la saison. Au rayon de la révélation, on évoquera plutôt le nom de Matthis Lebel, vrai chasseur d'essais et toujours vierge de sélections, juste devant Emmanuel Meafou, jeune deuxième ligne de fort tonnage.

Une seule défaite à balles réelles

Qui se souvient que cette saison commença par une défaite, 33-30 à Clermont, mais dans des circonstances particulières, une courte défaite malgré deux cartons rouges et un essai refusé à Ntamack et, au passage une relance extraordinaire de cent mètres pour un essai de Dupont. Avec le recul, on se dit que cette défaite fut la seule de la saison à balles réelles. Malgré la défaite, on pressentit tout de suite un parcours exceptionnel . Il le fut avec une longue série d'invincibilité, dix matchs sans trébucher entre novembre et février. Comme les autres clubs, le Stade a payé un tribut au covid, mais pas si grave. Ils ont provoqué fin janvier le report de leur match à La Rochelle, finalement joué un mois plus tard et gagné par les Toulousains, 14-11. Mais en d'autres occasions, ils ont bénéficié des effets du virus puisqu'un match de poule Coupe d'Europe, contre Exeter, a été purement et simplement annulé, à cause des adversaires. Bilan : 28-0 pour Toulouse, sans se fatiguer.

Plus tard dans la saison, les Toulousains ont bénéficié des difficultés de préparation des Bordelo-Béglais avant la demi-finale de Coupe d'Europe, remportée sans trop trembler (21-9) avec l'incroyable Pita Ahki, désigné homme du match. Toulouse a aussi payé le tribut traditionnel des grands clubs à l'équipe de France avec deux défaites de rang les 24 octobre et 1er novembre face à Lyon à domicile et sur le terrain du Stade Français (48-14), tout ça suivi d'un match nul concédé face à Castres à Ernest Wallon. Le seul moment de la saison où l'on a pu croire les Toulousains en difficulté. Mais la réaction qui suivit rassura tout le monde. Trois mois sans défaite. On ne peut pas demander l'impossible, même aux meilleurs. Quelle équipe survivrait sans dommage à l'absence conjuguée de la charnière Dupont-Ntamack ?

Invaincu face aux autres demi-finalistes

Dans ces conditions, Toulouse a terminé premier de la saison régulière et surtout, les Rouge et Noir ont terminé invaincus face aux trois autres demi-finalistes. Deux sur deux face au Racing, quatre sur quatre face à Bordeaux-Bègles et … cinq sur cinq face à La Rochelle, en comptant un match amical de début de saison. Cette statistique situe le niveau et la constance du club le plus titré de France. Ses couacs apparents (deux défaites à domicile face à Montpellier et Bayonne, une piquette reçue à Toulon) s'expliquent par un contexte difficile, doublon ou préparation de la finale européenne. À Toulon par exemple, l'équipe était clairement remaniée.

On dit parfois que les Toulousains exercent une forme d'intimidation morale sur les adversaires et les arbitres. On l'a vu lors de l finale européenne avec l'expulsion précoce de Botia et l'immunité de Pita Ahki pour un geste analogue. On l'a vu aussi en demie avec l'expulsion du Bordelais Seuteni et l'erreur des Bordelais refusant d'aller en touche sur une ultime pénalité, comme paralysé par la peur de gagner. Mais de cette saison, on retiendra un vrai chef-d’œuvre, ce huitième de finale gagné 40 à 33 sur la pelouse du Munster au prix d'un renversement magistral et de quatre essais de Julien Marchand, Antoine Dupont (doublé) et Mathis Lebel. C'était le 3 avril, moment de grâce magnifique.

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Jérôme PREVOT
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