Les « sales gosses » de 2011 seront aux Oscars annuels du Midi Olympique

  • Les « sales gosses » de 2011 seront aux Oscars annuels du Midi Olympique
    Les « sales gosses » de 2011 seront aux Oscars annuels du Midi Olympique Philippe Perusseau / Icon Sport
Publié le , mis à jour

La cérémonie des Oscars du 15 novembre sera l’occasion des retrouvailles d’une génération extraordinaire. Celle de la Coupe du monde 2011 que la France aurait pu, aurait dû, gagner. Mais elle fut victime d’une certaine fatalité. 

Il y a plusieurs façons d’observer une cérémonie des Oscars Midi Olympique. C’est d’ailleurs ce qui fait le charme de cet événement qui a beaucoup évolué depuis sa création en 1954. On y récompense bien sûr les joueurs les plus brillants, mais on y honore aussi les grands noms d’autres fois. On permet aussi des retrouvailles entre les acteurs des grandes batailles du passé. Cette année ce sera l’année de la génération des « sales gosses », celle de la Coupe du Monde 2011, vaincue de très peu en finale par les All Blacks. C’est d’ailleurs leur propre sélectionneur, Marc Lièvremont, qui avait donné ce sobriquet ambigu à ses hommes à la fin du Tournoi précédent.

Ils seront tous là avec au programme, un déjeuner au Fouquet’s et un super gâteau de retrouvailles autour bien sûr du capitaine Thierry Dusautoir. Le staff de l’époque sera aussi représenté avec Emile Ntamack, Didier Retière et Gonzalo Quesada. Les organisateurs l’ont annoncé. La journée sera aussi jalonnée de surprises. « C’est fantastique de se retrouver tous ensemble, car on ne sait plus se retrouver dans ce monde moderne du rugby. Je suis sûr que ce sera une journée formidable » a expliqué Dimitri Yachvili, demi de mêlée de cette équipe de légende, revenue de nulle part ou presque pour frôler la victoire face aux All Blacks de Richie McCaw, forts ce jour-là de la mansuétude d’un arbitre sud-africain nommé M. Joubert. On n’épiloguera pas sur son attitude, on la qualifiera simplement d’étrange, comme le score, famélique : 8-7 avec la pénalité de Stephen Donald, demi d’ouverture appelé en catastrophe pour pallier trois blessures et la pénalité française qui jamais n’arriva. Les joueurs reparleront de tout ça, de ce mondial biscornu avec une défaite face aux Tonga en poule, puis un brillant succès en quart de finale face à l’Angleterre, une demie chanceuse face aux Gallois et enfin, cette terrible finale face au pays organisateur.

Dans les colonnes de Midi Olympique, Aurélien Rougerie s’est exprimé sur ces épisodes récemment. Il s’est confié sur le camouflet infligé par les Tongiens : « Très clairement, nous les avons pris par-dessus la jambe. Ils nous ont pris sur l’agressivité. Tu avais l’impression qu’ils n’étaient pas quinze sur le terrain, mais trente ! On voulait gagner en étant facile, presque en se préservant pour la suite. Le rugby ne marche pas comme cela. »

Le rugby, pas toujours un long fleuve tranquille

Il s’est aussi confié sur une fameuse réunion que les médias avaient interprété comme une volonté d’autogestion : « Le staff avait senti que nous avions besoin de nous responsabiliser. Rappelez-vous de qui était sur le terrain. Des garçons qui étaient tous ou presque capitaines en club. Servat, Harinordoquy, Traille, Yachvili, Papé, Bonnaire, Parra… C’était facile de jouer avec eux. Quand nous sommes sortis de cette fameuse réunion – ou beuverie – j’étais persuadé que nous allions être champions du monde. »

Sans langue de bois, il n’a pas caché qu’il y avait des dissensions entre le staff et les joueurs : « Elles étaient sous-jacentes, depuis le début de la compétition. Elles ont été mises en exergue à cette occasion. À l’initiative de quelques joueurs, nous avons souhaité nous retrouver en vase clos. Nous avions des choses à nous dire, des comportements à changer. » Pourquoi le cacher, le rugby et le sport de compétition, n’est pas toujours un long fleuve tranquille. De ce parcours cahin-caha, on garde un souvenir non pas idyllique, mais très puissant. Les « sales gosses » ont vécu cette aventure-là.

Rougerie est revenu sur le terme lui-même d’ailleurs avec la sérénité des analyses faites avec recul : « Aujourd’hui, quand on l’utilise, c’est presque positif. Au départ, c’était bien plus péjoratif. Je ne me suis pas trop senti visé sur le coup, car je ne faisais pas partie des garçons qui sont allés à droite ou à gauche, après les matchs. C’était l’un de nos problèmes, nous n’avons pas été solidaires sur ce plan-là. D’ailleurs, lors de la fameuse soirée de Wellington, on s’était dit des choses à ce sujet-là. Après, l’expression de « sales gosses », on s’en est servi pour avancer.»

Cet article est réservé aux abonnés
Abonnez-vous pour en profiter
à partir de 0,99€/mois, sans engagement
  • Tous les articles en illimité sur le site et l'application
  • Le journal en version numérique dès 20h30 la veille
  • Les newsletters exclusives
Voir les commentaires
Réagir
Vous avez droit à 3 commentaires par jour. Pour contribuer en illimité, abonnez vous. S'abonner

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?