Top 14 - Bordeaux-Bègles : les équilibres d'un recrutement

  • Ulupano Seuteni quittera la Gironde à l'issue de la saison.
    Ulupano Seuteni quittera la Gironde à l'issue de la saison. Icon Sport - Icon Sport
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Seuteni qui s’en va et Ben Lam qui l’imite. Les deux événements sont liés. Ils illustrent les paramètres dont il faut tenir compte pour recruter à Bordeaux-Bègles.

Ainsi va la vie des clubs de rugby, même quand ils sont premiers. Les joueurs s’engagent ailleurs avec six mois d’avance, parfois plus. On en connaît les causes : la rareté des transferts payants en rugby. À la différence du football, les rugbymen vont au bout de leur contrat et ils discutent de leur avenir très en avance. Les excellents résultats de l’UBB n’ont pas empêché certains d’avoir des envies d’ailleurs.

Le cas le plus frappant fut celui du centre samoan Uluapano Seuteni, bordelais depuis 2018. Il fait une saison formidable mais il a annoncé son départ à La Rochelle en juin. Laurent Marti a qualifié ce départ d’«incompréhensible. C’est la première fois que je suis confronté à une telle situation ». Il voulait dire que son joueur n’est pas parti pour des raisons financières. La proposition rochelaise n’était pas supérieure. Christophe Urios a lui aussi fait allusion à ce départ sur le ton du regret.

« Un départ non souhaité »

Le joueur n’est pas un grand bavard, ses raisons demeurent difficiles à cerner,. Le goût d’une nouvelle expérience, sans doute. Mais Ulupano Seuteni, bien que né et éduqué en Australie avait le statut de JIFF car il est arrivé en France au Centre de Formation de Toulon. Ce qui a frappé, ce sont les conséquences du départ de Seuteni car on a appris, peu après, que le trois quart-aile néo-zélandais Ben Lam allait également quitter l’UBB, alors qu’il fait aussi une saison superbe. Les deux départs sont liés.

Écoutons Laurent Marti sur TV7 : « Seuteni est un départ non souhaité, qui nous a un peu surpris, mais on n’a pas pu faire grand-chose et dans le même temps on recrute. Malheureusement, le jour où Seuteni nous a annoncé qu’il allait partir, on a laissé partir Ben Lam alors qu’on allait lui proposer de rester, à des conditions qu’il aurait acceptées. À ce moment-là… on a encore un 8, un deuxième 10, un ailier, à trouver et tout d’un coup un centre, ce qui n’était pas du tout prévu. Prendre le risque de signer un ailier non-Jiff, qui est le poste le plus facile à trouver sur les non-Jiff, alors que l’on a des postes cruciaux qui ne sont pas encore fournis, on ne pouvait pas. En dix minutes, on a perdu deux joueurs qu’on aurait préféré garder ».

Cette affaire illustre bien les problèmes qui se posent à un président qui doit tenir compte de bien des paramètres : le plafond salarial, la question des internationaux français et des doublons, les « Sudistes » qui arrivent tard et donc, le quota de JIFF. On rappelle que les équipes doivent aligner en moyenne seize JIFF sur les feuilles de match (17 la saison prochaine). En dessous de ce seuil, on s’expose à des sanctions qui peuvent aller d’amendes, au retrait de points pour la saison suivante. Faire un recrutement, s’apparente donc parfois à de la dentelle.

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