L'édito du lundi : des hommes et du talent

  • Les Bleus fêtent leur succès avec le public
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L'édito du lundi par Emmanuel Massicard... Allez-y, applaudissez gaiement ! à Hollywood, les Bleus d’Antoine Dupont seraient déjà nommés aux Oscars après leur belle prise de l’Eire. De ce côté de l’Atlantique, planète nord du rugby, ils sont candidats à ce titre qu’ils chassent dans les pas de Fabien Galthié. à tel point qu’ils ne peuvent même plus se planquer ; terminée la partie de cache-cache derrière le « totem » du Grand Chelem.

Applaudissez et permettez-nous de filer plus loin la métaphore cinématographique : après « Fight club » vendredi, place à la « Septième compagnie » ce lundi. Pas d’Oscar mais un succès populaire garanti, comme pour les Bleus. Une histoire de fils et de couleurs, évidemment. Rapportez ça au rugby et vous aurez les secrets de la recette de ce XV de France, qui enchaîne les succès (cinq) et peut se pousser du col après deux matchs « référence » remportés face à la Nouvelle-Zélande et l’Irlande.

Ces deux monstres d’organisation, de sang-froid et de maîtrise ont été domptés par les performances lumineuses de nos individualités. De tels baromètres ne trompent pas.

Nominons ainsi ce diable de Villière, qui pétarade de toutes parts. Les Moefana, Alldritt, Penaud ou Woki. Et l’armada toulousaine avec Marchand, Dupont, Baille, Ntamack et autres Jelonch. Ce sont les mêmes qui ont transformé le Stade toulousain en machine à gagner ces dernières années ; et ce sont leurs absences conjuguées qui le plongent aujourd’hui dans la panade. Du rouge au bleu, il y a ce fil conducteur et les marqueurs d’un ADN commun.

Avec d’abord cette part de talent individuel, incroyable et parfois insolent, qui fit encore marquer Dupont comme dans du beurre, samedi dès le début du match face à l’Irlande. Juste après l’éclair signé Ntamack, au service d’une passe « aveugle » de toute beauté. Trop facile. Mais hélas trop rare encore.

C’est ce fameux talent d’une génération totalement décomplexée qui offre aujourd’hui le luxe de la confiance à un XV de France en construction. Un groupe qui n’a pas tout maîtrisé des fondamentaux et qui se complaît parfois trop - à notre goût - dans un jeu de dépossession pour mieux « piquer » l’adversaire avec le pied de Jaminet comme arme fatale. Ici encore, l’histoire stadiste ne raconte souvent rien d’autre, lors des grands rendez-vous.

La promesse est tellement belle que l’on aimerait ces Bleus encore plus efficaces, précis et tranchants sur chaque ballon d’attaque, déterminés et sereins dans les airs. Face à l’Irlande, cette marche d’exigence était encore un peu trop haute. Alors, faisons preuve de patience. Apprécions au plus juste le caractère des hommes, leur capacité à résister aux tempêtes, dont celle d’Irlande qui souffla très fort en seconde mi-temps. Autant que les convictions de ces joueurs qui, sans être toujours brillants d’un bout à l’autre, parviennent à maîtriser des parties qui semblaient devoir leur filer entre les doigts. C’est ici la marque des grands.

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