Woki : "C'est la bulle de maîtrise autour de l’équipe qui fait notre force"

  • Cameron Woki (Deuxième ligne du XV de France).
    Cameron Woki (Deuxième ligne du XV de France). Icon Sport - Icon Sport
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Le Bordelais nous parle de l'importance de cet avant-dernier match du Tournoi, de la mentalité des Bleus, de sa série de titularisations ou encore de son évolution dans la cage.

Peut-on considérer cet avant-dernier match du Tournoi comme une demi-finale pour le grand chelem ?

Je ne le vois pas comme une demie mais comme une étape de plus vers notre objectif commun. Une étape importante car elle va se jouer à l’extérieur, dans un stade mythique, face à une équipe du pays de Galles qui n’a rien à perdre. Mais ce n’est pas pour autant que l’approche ou l'état d'esprit du groupe sont différents.

Qu’avez-vous à craindre des Gallois ?

C’est une belle équipe qui a commencé par une large défaite mais qui a montré un autre visage depuis. On a vu sur leur deuxième période à Twickenham que les Gallois ne lâchent rien et qu’ils sont bons tactiquement. C’est aussi une sélection qui sait comment appréhender les rendez-vous et qui analyse bien ses adversaires. Ils auront un plan pour nous battre.

Ils vous attendent apparemment de pied ferme dans les rucks, où vous avez dominé tous vos rivaux jusqu’à présent...

C’est un secteur dans lequel nous avons réussi à récupérer beaucoup de ballons, c'est vrai. L’équipe a quelques facilités sur le jeu au sol. Il ne faut surtout pas se relâcher. On sait que les Gallois vont être très vigilants sur cette phase de jeu.

Ce sera votre première au Principality Stadium, un stade que tout le monde dit différent. Comment l’appréhendez-vous ?

Je l’aborde bien. J’ai entendu parler de l’atmosphère unique et de l’ambiance folle qui nous attend mais je vais essayer de rester concentré sur mon match, sur ce que j’ai à faire en conquête... Je sais que je peux compter sur le staff et mes coéquipiers pour bien m’accompagner.

Par le passé, des joueurs du XV de France ont reconnu qu’ils avaient perdu un match à Cardiff avant même le coup d’envoi, en raison de l'imposant cérémonial mis en place. Est-ce une crainte ?

En Ecosse, nous sommes sortis une minute avant, déjà, et le groupe a su bien le gérer. On s’est même resserré à ce moment-là. Vous savez, l’ambiance d’un stade, on aime tous ça, ça fait partie de notre plaisir. Je ne pense pas que l'ambiance du Millennium nous perturbera ou nous éparpillera.

Un des problèmes récurrents du rugby français vient d'une tendance au relâchement mental après une série de succès. Pensez-vous votre génération soit à l’abri de ce mal ?

Je ne sais pas si nous sommes à l’abri de ça. Ce que je sais, c’est que cette équipe veut gagner tous ses matchs. Et les titres. Ce sera encore cette mentalité qui va nous porter au pays de Galles. Je ne crois pas au relâchement. Nous avons pu couper, nous sommes frais et impatients. Tout le monde a hâte d’y être. 

Le XV de France de Fabien Galthié a déjà gagné à Cardiff, Dublin, Melbourne ou encore Edimbourg. La liste montre que votre sélection a un savoir-faire à l’extérieur. Comment l’expliquez-vous ?

Oui, on se déplace plutôt bien ces derniers temps. C’est tellement dur pourtant de jouer face à une équipe quand elle est poussée par tout un stade. Mais il y a cette bulle de maîtrise autour de l’équipe qui fait notre force. C’est ce qui nous permet de performer au mieux, même en déplacement.

Parlons un peu de vous. Vendredi, vous allez connaître votre 10e titularisation de suite en Bleu. C’est une sacrée marque de confiance, non ?

Oui c’est une marque de confiance et une récompense pour mon travail. Ça n’a pas toujours été facile pour moi en équipe de France. J’ai connu toutes les situations. J’avais commencé par ne pas jouer. Maintenant, je porte le maillot très régulièrement, c’est une fierté et une satisfaction. Je remercie le staff pour tout ça.

Qu’est-ce qui vous a permis de franchir ce palier ?

Le travail que j’ai effectué en plus, avant tout. Et puis j'ai eu une opportunité que j'ai su saisir. Tout le monde sait que la tournée en Australie a été décisive dans mon parcours : elle m’a propulsé et fait gagner des points.

Pour la cinquième fois de suite, vous aurez le 4 dans le dos à Cardiff. Ce qui n’aurait pu être qu’une expérimentation de la tournée d'automne s’inscrit sur la durée. Comment le vivez-vous ?

Je le prends plutôt bien (sourire). Je me plais beaucoup en deuxième ligne. Pour être honnête, ça ne change pas grand-chose dans le fond. En conquête, je suis deuxième ligne, mais pour le reste, je garde mon jeu et je continue de faire ce que je sais faire de mieux. Au-delà du plaisir énorme que je prends, ce poste me permet d’être plus complet et polyvalent.

On vous connaissait déjà très bon dans les airs, mobile, plaqueur et gratteur et, désormais, on vous sait “gros pousseur” en mêlée, comme nous l’a confié Cyril Baille. On ne vous trouve plus de défaut. Et vous ?

Déjà, on m’a toujours dit que, même ses points forts, il fallait les travailler. Et rassurez-vous, j’ai des points faibles bien sûr. Il faut que j’enchaîne davantage les tâches, que je sois plus dur physiquement, que je gagne plus de duels…

Votre frère, qui est deuxième ligne de métier à Rouen, vous donne-t-il des conseils ?

On n’échange pas au niveau du jeu. Je ne me suis jamais permis de lui donner des conseils, il sait ce qu’il a à faire sur le terrain et c’est pareil dans l’autre sens. Ce qu’il m’apporte, c’est énormément de soutien. J’ai toujours un appel ou un message avant chaque moment important.

Il a dû sourire en entendant parler de votre passage en deuxième ligne, tout de même ?

Oui, il était aussi surpris que moi. Mais il savait que ça n’allait pas me déstabiliser et que ça pourrait me correspondre.

Dernière question : début janvier, dans ces colonnes, Christophe Urios disait que vous l’aviez épaté en 4 mais qu’il avait le regret de ne pas vous voir avec un bandeau. Est-ce dans vos plans ?

Je sais que Christophe aimerait beaucoup voir ça mais il va devoir attendre. Ce n’est pas mon style et il faut bien que je me fasse les oreilles.

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