Champions Cup - Le Stade toulousain doit retrouver la clé du sol

  • Les Toulousains, pour triompher du Leinster, devront s’améliorer dans le jeu au sol.
    Les Toulousains, pour triompher du Leinster, devront s’améliorer dans le jeu au sol. Sportsfile / Icon Sport
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Si les Toulousains sont passés si près de la correctionnelle la semaine dernière, c’est en premier lieu parce qu’ils ont été dominés sur les points de rencontre par le Munster. Autant dire qu’ils devront se ressaisir face à des Leinstermen qui chercheront d’autant plus à appuyer sur leur point fort du combat…

C’est vieux comme la Coupe d’Europe: qui dit grand match dit lobbying, un petit jeu dont nos adversaires anglo-celtes sont particulièrement friands. Lesquels n’hésitent jamais à tendre le micro à leurs vieilles gloires un brin chauvines, lorsqu’il s’agit de faire monter la sauce et peser une certaine pression sur les épaules des arbitres…

À ce titre ? Il faut croire que l’affrontement « neuf étoiles » entre le Stade toulousain et le Leinster revêt une importance toute particulière puisque cette semaine, c’est ni plus ni moins que la légende du XV du Trèfle Brian O’Driscoll qui est monté au créneau, pointant du doigt un hors-jeu toulousain dans un ruck qui aurait – selon lui- dû précipiter une pénalité importante en faveur du Munster.

Le truc ? Il est qu’à ce petit jeu, les Toulousains ont aussi du répondant puisque c’est ni plus ni moins que le double champion du monde Jerome Kaino qui y est allé de sa réponse sur le réseau social, signalant qu’il aurait pu mettre en exergue « cinq à six situations similaires dans l’autre sens », invitant son « bro » BOD à un peu plus de sérieux.

Hasard ? Évidemment pas. Car Kaino n’est pas seulement l’ancien capitaine du Stade toulousain, mais surtout son actuel entraîneur des zones de collision, secteur où les Rouge et Noir ont été dominés à la régulière par Peter O’Mahony et ses coéquipiers, ainsi qu’en attestent les 19 ballons de turnover remportés par le Munster contre seulement 5 pour Toulouse.

19 turnovers concédés par les Toulousains au Munster

De quoi conclure qu’après deux grosses performances dans le jeu au sol contre Toulon et La Rochelle, les Toulousains ont marqué le pas? C’est précisément le cas, et c’est pourquoi les zones de ruck seront scrutées avec d’autant plus d’acuité contre le Leinster, équipe formée dans le même moule irlandais, mais probablement dotée d’individualités encore supérieures…

« On sait que les provinces irlandaises travaillent plus que jamais autour de leur équipe nationale, détaillait dans nos colonnes l’entraîneur de l’attaque du XV de France Laurent Labit. C’est encore plus frappant pour le Leinster, puisque 12 ou 13 de ses titulaires le sont aussi avec la sélection. Ce qu’ils font, tous les week-ends, c’est répéter ce qu’ils pratiquent au niveau international. Leur jeu a un peu évolué, tout de même : on les voit par exemple essayer de se passer le ballon après contact, ce qui était formellement interdit il y a encore quelques années. Pourtant, je crois que Toulouse a l’expérience et le jeu pour encore déjouer ce piège

Des entames à soigner

La raison principale de l’optimisme de Labit ? Elle réside tout bonnement dans le côté vieillissant des Leinstermen, auteurs d’une première demi-heure incroyable contre Leicester, avant de laisser progressivement les Tigers revenir dans la partie. Baisse de régime ou simple gestion? Nombreux sont ceux qui penchent pour la première option. « Je suis sceptique quant à la capacité du Leinster à tenir 80 minutes à très haute intensité, expliquait Labit. On a vu Cian Healy quitter la pelouse blessé, Johnny Sexton et Tadgh Furlong sortir assez tôt. Je pense que Toulouse a les moyens de passer, s’ils parviennent à tenir le bras de fer assez longtemps

Le problème? Il est qu’il faudra pour cela passer l’écueil des deux énormes entames de mi-temps que réservent les Irlandais devant leur public, ce dont le Stade a bien failli ne pas se relever samedi dernier. Un piège qui s’était d’ailleurs refermé sur eux en 2019 dans ce même stade de l’Aviva Stadium (30-12), les hommes d’Ugo Mola ne parvenant jamais à remonter un débours de 14 points déploré dès la demi-heure de jeu, après deux essais signés Lowe et Fardy.

Reste qu’un Stadiste averti en vaut deux et que, depuis lors, la bande à Dupont s’est dotée d’une expérience commune phénoménal, eu égard à sa jeunesse. Probablement le plus évident des gages d’espoir…

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