Champions Cup - La Rochelle : un triomphe pour l’histoire

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L'édito du lundi par Emmanuel Massicard... L’air de rien, à Marseille le temps d’un week-end de liesse, le rugby a merveilleusement tourné un chapitre de son histoire avec la Coupe d’Europe qui changera de format (en accueillant quatre provinces sud-africaines) dès la saison prochaine. C’est désormais une nouvelle aventure qui nous attend, sans commune mesure avec ce que nous partagions depuis vingt-sept ans.

Terminé donc, l’éternel bras de fer à trois pour décrocher la timbale, remisées les luttes de pouvoir franco-anglaises agrémentées d’une pincée de Celtes. Et bonjour la nouveauté, avec l’ouverture à un quatrième partenaire majeur. En attendant la grande révolution du Mondial des clubs !

Ne cherchez pas la logique économico-géographique, l’aubaine a l’allure d’un coup de poker pour sauver le soldat Sud-Af’ (délaissé dans l’hémisphère Sud) et trouver hors de l’espace « Schengen » le soupçon de diversité qui manque inlassablement à l’élite du rugby européen. La réussite sera au prix de l’excellence sportive et de la capacité du public à s’approprier une compétition qu’il tarda à adopter lors de son lancement en 1995.

Mais nous n’en sommes pas là et il convient d’apprécier au plus juste la performance des Rochelais livrée au lendemain du Challenge remporté brillamment par les Lyonnais face au RCT. Toujours l’air de rien, c’est une sacrée bonne nouvelle de voir les Rochelais enrichir - et clôturer- le palmarès de notre ligue des champions 1re génération, certes moins clinquante que celle des footeux mais autrement plus festive, humaine et chaleureuse.

Quelle leçon ! Pour s’installer aux sommets, les Maritimes ont fait chavirer le Leinster dont le compteur restera bloqué à quatre étoiles. Chapeau bas, messieurs. Il fallait voir le coquard de Greg Alldritt et certains visages irlandais tuméfiés pour mesurer l’intensité du combat livré sur la pelouse du Vélodrome. La recette est vieille comme le rugby et elle fit souvent le bonheur du XV de France confronté à ses montagnes. Ici, les Rochelais n’ont évidemment rien inventé ; tout juste ont-ils parfaitement appliqué les principes de ce don de soi au service d’un rugby millimétré et maîtrisé malgré la générosité. Un rugby cohérent, qui leur colle bien à la peau.

Il faut clairement saluer ce Stade rochelais fidèle à lui-même, ciselé par le travail, la passion et désormais la résilience ; il mérite l’admiration de ses supporters autant que le respect de ses adversaires. Le modèle construit au fil des années par Vincent Merling est désormais légitimité avec ce premier titre majeur. Si les larmes du président rochelais apparues en tribune officielle à l’instant du coup de sifflet nous racontent l’émotion d’un homme si souvent sur la retenue, elles témoignent surtout du poids qui s’est envolé des épaules rochelaises. Le passé est soldé, les complexes gommés.

Sur les bords de la Méditerranée, les Maritimes sont entrés dans l’histoire de la plus belle des manières. Pour leur bonheur, le nôtre et celui de tout le rugby français qui brille toujours, sur tous les fronts. Un signe positif de plus sur le chemin du Mondial 2023.

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