Les Montois se sont fait peur face à Nevers

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Les Montois se sont qualifiés logiquement pour la finale, même s’ils se sont fait peur en deuxième période. C’est le prix à payer en phase finale, on ne peut pas toujours y produire son jeu le plus séduisant et le plus aéré.

On a savouré l’ode au terroir, les échasses, les danses traditionnelles, un hymne de facture classique « voici l’heure du combat ! Le rugby nous unit ! Mont-de-Marsan est notre cœur !» puis un rappeur au flow fluide et acéré capable de balancer des paroles couleurs locales : « On sera toujours là ! De la place du Sablar à la rue Gambetta ! » Mont-de-Marsan, le club emblématique des années 60 est encore là dans les années 2020 et pas si démodé que ça. Et sous la chaleur pré-estivale, les amateurs de sensations fortes et de suspense n’auront pas été déçus. Mont-de-Marsan a gagné le droit de jouer la finale du Pro D2 après une saison extraordinaire, mais Dieu qu’il s’est fait peur en deuxième période quand, les Landais dominateurs jusque-là, virent leur jeu se dérégler. C’est sans doute aussi ça la marque des matchs de phase finale, on peut mener clairement à la pause et ne pas s’envoler vers les cimes, comme par magie.

Mensa délivre la foule

Et puis, le staff montois fit entrer ses deux piliers remplaçants, un ancien, Carlos Muzzio, et un jeune, Lasha Macharashvili. On nous avait prévenus que ces deux travailleurs de l’ombre pouvaient faire la décision, sauf si l’arbitre prenait le premier en grippe. Ce ne fut pas le cas, le cinq de devant renouvelé sut arracher trois pénalités sur mêlée qui ont sans doute changé le cours de cette rencontre. On comprit après coup que cette embellie venait d’un coup de pouce du destin. Nevers avait deux piliers droits blessés et c’est un pur gaucher qui a fini à un poste qui n’était pas le sien. Évidemment, le résumé filmé retiendra cette chandelle au cordeau de Christophe Loustalot, le cafouillage de l’arrière-garde de Nevers et Lucas Mensa qui surgit pour marquer un prototype d’essai de rapine.

Après 68 minutes, les supporters landais s’autorisèrent à respirer. à 23-10, la victoire ne pouvait plus leur échapper. Depuis 28 minutes, ils se rongeaient les sangs sur l’art de rendre un match irrespirable. Mont-de-Marsan a mené 16 à 3 à la pause, grâce à une interception terrible de Léo Coly. Les Landais dominaient les collisions, l’occupation et la possession, le public roucoulait, mais on sentait bien qu’il manquait quelque chose. Un essai construit, clair et net par exemple. Jamais il ne viendrait, c’est ainsi, certaines rencontres sont gagnées ainsi par la nervosité et ne produisent presque des essais à zéro passes (trois sur quatre). Nevers aussi avait marqué sur une interception de Shaun Reynolds qui relança le match et qui marqua le début du passage à vide montois.

Match paradoxal de Coly

On n’a pas vu dimanche, le jeu si séduisant de Mont-de-Marsan vanté tout au long de la saison. Les Landais n’ont pas manqué de cœur, mais à l’enjeu, ils ont sacrifié une grande partie de leur brio. À l’image de Léo Coly, leur étoile, qui a joué vraiment trop de ballons au pied, parfois sans discernement. Il n’a pas fait son meilleur match de la saison mais paradoxalement, il sut se montrer décisif, par son essai bien sûr et par un plaquage désespéré sur Cottin qui semblait partir à l’essai sur une nouvelle interception. Il n’y avait alors que 16-10 pour Mont-de-Marsan à ce moment-là et en plus, M. Praderie siffla une pénalité pour les Montois. On était à quinze mètres de la ligne landaise. En relisant nos notes on ne peut se dire que malgré toutes les péripéties, Mont-de-Marsan ne pouvait pas perdre cette demie, même si Nevers y a cru, pendant peut-être un quart d’heure en deuxième période quand le match tanguait sur un fil. Et puis, le malheureux Shaun Reynolds souffla une dernière bouffée d’air frais en loupant une dernière transformation cruciale. L’USON Nevers Rugby avait, enfin, marqué, un « vrai » essai, joliment construit après touche par Kevin Noah, mais il était trop tard.

Mont-de-Marsan aura gâché trop de ballons de récupération, un peu par maladresse, pas mal par choix. Mais si les Montois ont gagné, c’est bien qu’ils soient aussi parvenus à jouer quelques atouts : une capacité à contrer les ballons portés de Nevers, point fort identifié, et surtout, une supériorité impériale dans le jeu au sol. Huit ballons grattés à notre pointage. On le répète, ils n’ont pas produit les relances que tout un public chauffé à blanc espérait. Mais ça leur a donné un matelas de sécurité qui aura finalement pesé très lourd et leur a rendu cette atmosphère surchauffée plus respirable.

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