Pour Toulouse, un épilogue à l’image de la saison

  • Anthony Jelonch et les Toulousains le reconnaissent, "cette saison n’est pas dans les standards du club".  Photo Midi Olympique - Patrick Derewiany
    Anthony Jelonch et les Toulousains le reconnaissent, "cette saison n’est pas dans les standards du club". Photo Midi Olympique - Patrick Derewiany
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Auteurs d’un doublé historique l’an passé, les Stadistes ont sauvé les apparences mais fini la saison sans titre, ce dont ils ne peuvent se satisfaire. Un exercice mouvementé qu’ils ont terminé sur les rotules. Avec la prolongation de tous les cadres et un effectif renforcé, le club devra en tirer les leçons pour la suite.

Et si cette demi-finale n’était qu’un condensé de la saison toulousaine ? Une entame tonitruante, des faits qui viennent la plomber (ce satané Covid en fin d’année 2021, les cartons jaunes vendredi), une montée en puissance au moment d’entamer la dernière ligne droite puis un manque criant d’énergie dans le "money time". Comment, finalement, ce cru 2021-2022 pouvait-il terminer autrement ? "Il faut remettre les choses dans le contexte, prévient Matthis Lebel. L’année dernière avait été fabuleuse, il y a ensuite eu un gros début de saison. Puis un passage à vide avec le départ des internationaux, les matchs reportés le jour même, des défaites à Perpignan ou à Pau où on se tire des balles dans le pied. Il a fallu cravacher pour se qualifier et jouer sur les deux tableaux." En un sens, c’était beau. Presque trop beau de voir les Rouge et Noir, sous pression et mal embarqués, aller combler leur retard de six points en Ulster au prix d’un essai décisif dans les derniers instants. Trop beau encore de les voir rattraper leurs dix points de débours à vingt minutes du terme au Munster pour finir par s’imposer dans une séance historique de tirs au but. Le hic, c’est que les Stadistes avaient déjà payé ces efforts au prix fort en étant surclassés en demi-finale européenne au Leinster, abandonnant leur premier titre au passage.

Jelonch : "Pas dans les standards du club"

Si les hommes d’Ugo Mola avaient marqué les esprits en remportant les six premiers matchs de championnat, la suite leur a échappé. Entre carences récurrentes, notamment un manque de vitesse vite identifié, et cette période fatale de décembre et janvier (entre les deux internationales) qui a coupé l’élan et ajouté encore quelques doublons. "Elle nous a été fatidique mais chercher des coupables, c’est tellement simple, notait le manager vendredi soir. On a cravaché fort après. […] Nous manquait-il de la fraîcheur à la fin ? Nous avons couru toute la saison derrière. Je nous ai trouvés un peu émoussés." Six jours plus tôt, ses joueurs furent exceptionnels face au nouveau champion d’Europe rochelais (malgré dix dernières minutes qui constituaient une alerte prémonitoire). Avant de s’écrouler physiquement, encore une fois, en demi-finale devant le CO pour laisser filer leur deuxième titre. Un hasard ? Ces Toulousains sont d’immenses champions, drogués aux trophées. Mais, si les apparences sont sauves avec deux demi-finales, ce qui comblerait un paquet d’équipes, ils ne peuvent s’en satisfaire. "La saison n’est pas ratée, même si ce ne sont pas les standards du club", reconnaît Anthony Jelonch.

Anthony Jelonch (Toulouse).
Anthony Jelonch (Toulouse). Icon Sport - Icon Sport

L’exercice n’est donc pas réussi non plus. Mola en est conscient : "Je suis lucide sur ce qu’il nous arrive, sur le niveau de la saison et sur la capacité qu’on aura à rebondir. On nous a affublés de beaucoup de qualités l’an passé, on va nous affubler de beaucoup de défauts dans les prochains jours. Mais n’oubliez pas que ce sont les mêmes joueurs et que je suis très fier d’être à la tête de ce groupe de mecs incroyables." Une génération dorée, rincée par un grand chelem tant attendu pour le rugby français, dont le talent et les ressources ne font aucun doute. Une génération, surtout, qui a décidé de continuer l’aventure en commun pour garnir un peu plus les armoires d’Ernest-Wallon, puisque tous les cadres ont prolongé pour les années futures. Avec un défi à relever, dès la saison prochaine : ramener le club tout en haut de l’affiche. "On a tous signé sur du long temps et on va continuer à construire, confirme Cyril Baille. On ne peut pas gagner tout le temps et il faut aussi être unis quand on perd. On apprend encore plus dans la défaite." Les Toulousains avaient grandi après le barrage perdu face au CO en 2018 pour aller chercher le Brennus l’année suivante. Ils l’avaient encore fait après les demi-finales européennes perdues au Leinster en 2019 et à Exeter en 2020, avant de s’offrir la cinquième étoile du club.

Recrutement et enseignements

Pour reprendre leur marche en avant, les troupes du président Didier Lacroix sont dans l’obligation de se servir de l’échec de Nice. Les choses ont en partie été anticipées avec les arrivées de Jaminet, Capuozzo, Barassi, Retière ou Roumat. Un recrutement qui a fait jaser mais qui était indispensable pour renforcer notamment le poste de deuxième centre et les extérieurs. Oui, après avoir vu partir Huget et Kolbe avant Médard, ces derniers mois étaient aussi une forme de transition, durant laquelle ces Toulousains ont laissé trop de plumes dans des batailles qui les dépassaient…

"On va prendre le temps de l’analyser, promet Mola. On a une partie de réponse sur l’impact de nos internationaux dans les moments clés. Ce groupe-là doit s’habituer à se régénérer de l’intérieur avec nos jeunes joueurs qui auront fort à faire pour progresser." La leçon, qui plus est en saison pré-Coupe du monde, ce sera d’avoir davantage de latitude pour mieux gérer la fraîcheur des Bleus, sur les jantes en fin de saison. "Pour ne pas jouer trop de matchs, il faut se qualifier dans les deux premiers, poursuit le technicien. On ne l’a pas fait." Et Jelonch d’avertir déjà : "On reviendra plus forts."

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