Top 14 - Alexandre Bécognée (Montpellier) : « Quand tu prends la place d’un joueur comme « Fufu »… »

  • Arrivé de Pro D2 il y a deux ans en provenance du Stade montois, le joueur de 25 ans a depuis connu une ascension fulgurante et a même connu une sélection en Australie.
    Arrivé de Pro D2 il y a deux ans en provenance du Stade montois, le joueur de 25 ans a depuis connu une ascension fulgurante et a même connu une sélection en Australie. Icon Sport
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Arrivé de Pro D2 il y a deux ans en provenance du Stade montois, le joueur de 25 ans a depuis connu une ascension fulgurante et a même connu une sélection en Australie. À quelques jours de sa première finale de Top 14, il raconte cette semaine pas comme les autres, le redressement de son club, ainsi que la pression inhérente au fait de prendre la place de Fulgence Ouedraogo.

Personnellement, comment vivez-vous cette semaine qui vous mène à votre première finale de Top 14 ?

Plutôt bien… je ne suis pas encore trop stressé, même si sur un match avec un tel enjeu, le stress va finir par arriver.

Ressemble t-elle à celle qui a précédé votre finale de Challenge Cup, l’année dernière, que vous avez remporté face à Leicester et où vous étiez titulaire en huit ?

Oui, l’ambiance est un peu la même, forcément. Mais le championnat de France, le Brennus, c’est le Graal pour tout joueur. Donc c’est différent. En plus, nous n’avons pas connu les mêmes aventures pour accéder à ces deux finales. L’année dernière, nous étions au fond du classement et cette Challenge Cup nous a offert une sorte de nouvelle vie. Donc au-delà du titre, cette finale était excitante car au quotidien, c’était pas mal la merde. Ce titre était particulier.

Vous avez vécu en effet un parcours totalement différent cette saison, en faisant la course en tête de championnat…

On ne peut pas comparer ces deux saisons c’est vrai. Mais à mon sens, elles ne sont qu’une continuité. Après avoir vécu la galère, on a plutôt bien fini la saison dernière. Cette année, dès la reprise on s’est dit qu’on était pas là pour revivre ça. L’objectif était de continuer sur la même dynamique. Donc tout est lié. On a juste suivi le chemin qu’on avait entamé l’année dernière.

On sent le groupe plus solidaire que jamais, c’est justement grâce à ce passage douloureux ?

Bien sûr. Et il y a des mecs qui portent ces valeurs au sein du groupe : la solidarité, le travail en équipe… Ce sont des choses qui sont primordiales pour gagner des matchs et des titres.

Qui sont ces joueurs ?

Guilhem Guirado, Fulgence Ouedraogo… toutes les légendes du rugby que l’on côtoie au quotidien dans le vestiaire. Derrière, tout le monde suit dans leur sillage. Ce n’est pas un joueur qui gagne, c’est tout un collectif.

Comment étiez-vous sorti de la crise l’année dernière ?

Cela s’est fait un peu naturellement… Même si cela ne se passait pas bien, on a continué à se voir en dehors des entraînements, à faire des barbecues, à parler dans le vestiaire, à rigoler, à entretenir une bonne ambiance… Et petit à petit, cette équipe qui n’était pas forcément présente en début d’année s’est contruite et cela s’est ressenti sur le terrain.

Revenons-en à la finale. Vous êtes en concurrence directe avec Fulgence Ouedraogo, qu’est ce que cela vous fait de jouer à sa place ?

On l’a forcément dans un coin de la tête. Quand on prend la place d’un mec historique dans un club comme celui-ci, on ne peut pas se permettre de faire un non-match. Mais dans tous les cas, Fulgence a toujours été bienveillant, il me donne plein de conseils et partage toute son expérience, sa vision du jeu. On échange beaucoup. Et encore une fois, c’est tout un groupe qui travaille : on est quinze à commencer le match, mais derrière on est quarante à bosser toute la semaine, et chacun apporte sa pierre à l’édifice.

En provenance de Mont-de-Marsan où vous avez été révélé en Pro D2, vous avez découvert avec le MHR le Top 14, la lutte pour le maintien, un titre européen, l’équipe de France, et maintenant des phases finales de championnat. Réalisez-vous tout ce qui vous est arrivé depuis que vous êtes à Montpellier ?

C’est dingue oui… (il souffle). C’est assez dingue depuis le début. À la base, on ne me calculait pas trop pour jouer en pro à Mont-de-Marsan… et l’année d’après, je finis en demi-finale de Pro D2. Je suis arrivé à Montpellier sur la pointe des pieds. J’ai travaillé, j’ai persévéré et cela marche plutôt bien. Après, rien n’est acquis. Et si on se relâche un peu, on peut passer à la trappe.

Vous couvrez les trois postes de la troisième ligne, dans quel répertoire aimez-vous évoluer : plutôt plaqueur ou plutôt gratteur ?

Tout dépend du poste auquel je suis placé, je n’aurai pas les même consignes si je joue dans le couloir ou sur le flanc de la mêlée. Je n’ai pas vraiment de préférence, je m’adapte à ce que l’on me demande.

Qu’est-ce que Philippe Saint-André attendait de vous en vous recrutant ?

J’ai été plutôt recruté par Xavier Garbajosa, car Philippe à cette époque n’était pas encore manager. Le discours était axé sur tout le travail que je devais accomplir. J’avais des capacités, mais ce n’était pas assez. Rien n’était acquis. Si j’étais déterminé, il n’y avait pas de raison pour que je n’y arrive pas.

Avez-vous le sentiment que le club s’est stabilisé depuis plus d’un an et demi ?

Oui, clairement. Le club est sain, il n’y a pas de problème. Avec Philippe Saint-André et le staff actuel, les choses sont plus posées, sont plus calmes. Je n’ai pas connu les années avant, mais là on sent une vraie sérénité dans le club.

Le staff a d’ailleurs été étoffé par PSA : qu’est-ce que cela vous a apporté ?

En plus du travail qu’il effectue avec les trois-quarts sur le jeu au pied, Bruce Reihana nous fait travailler techniquement, ballon en mains. On fait pas mal d’activités avec lui. Et en ce qui concerne Alex Ruiz, il nous apporte beaucoup au niveau de la défense et de l’arbitre par sa connaissance des règles.

La défense est justement l’un de vos grands points forts…

C’est ce qui a fait qu’on a réussi à ramener des points de certains matchs alors qu’on était mal embarqués ! On s’est toujours accroché, on a tenu. C’est un secteur de jeu important pour n’importe quelle équipe, mais notre système de jeu fait qu’elle l’est encore plus pour nous.

Olivier Azam nous parlait à Nice d’un groupe constitué de joueurs revanchards ou d’hommes de défis, dont plusieurs viennent de Pro D2 ou de clubs de Top 14 où ils n’étaient pas reconnus. Correspondez-vous à cette image ?

Je ne me sens pas revanchard, non. Par contre j’aime les défis, c’est vrai. J’aime me fixer des objectifs et les atteindre. Et c’est pareil autour du moi : on voit que le groupe est fort parce que même si on a eu pas mal de blessés, et notamment des joueurs importants, il y a toujours eu quelqu’un pour suppléer et faire ce qu’il faut pour aller chercher la victoire, même avec des cadres blessés.

Quel regard portez-vous sur la troisième ligne de Castres ?

Il y a des joueurs d’expérience, mais ce sont avant tout des joueurs de combat, très rugueux, à l’image de Castres. Matthieu Babillot et Nick Champion de Crespigny n’ont pas tout à fait les même profils : le premier est le capitaine, il emmène ses joueurs et porte beaucoup le ballon, c’est un homme de devoir. De l’autre côté, le second est un joueur plus rugueux, plus casse-pied dans les rucks et plus dur au plaquage que les autres. Ce sont deux très bons joueurs, qui se complètent bien. Cela va être compliqué mais on a aussi de bons joueurs !

On annonce de la pluie, possiblement des orages… vous attendez-vous à une finale cadenassée ?

Déjà qu’on voit rarement de grandes envolées dans les finales… Alors s’il se met à pleuvoir cela va être encore plus délicat ! On dit qu’une finale ça se joue pas, ça se gagne. On la jouera pour la gagner, et tant pis s’il faut cadenasser le jeu…

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