Dettes, annulation de match, fusion... Les Anglais en eaux troubles

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    Dettes, annulation de matchs, fusion... Les Anglais en eaux troubles PA Images / Icon Sport - PA Images / Icon Sport
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Le championnat anglais débutera en fin de semaine dans une atmosphère troublée. Un club, Worcester, est menacé de faillite. Son avenir est encore très incertain au regard de son ardoise fiscale. Chez les autres clubs, ça ne va pas très fort non plus.

Le championnat anglais reprend vendredi prochain dans une drôle d’atmosphère. Personne ne sait si les Worcester Warriors pourront y participer. À l’heure où nous écrivons ces lignes, le club des Midlands a annulé un match amical qu’il devait disputer contre les Glasgow Warriors. Le club voulait éviter tout risque de blessure au cas où des joueurs devraient trouver un nouveau contrat. Worcester en est là, ses dirigeants ont eu toutes les peines du monde à payer les salaires du mois d’août des joueurs (à cent pour cent) et du staff (à hauteur de 69 %).

C’est ce qu’affirmaient les deux propriétaires du club : Colin Whitthingham et Colin Goldring en milieu de semaine dernière. Mais les médias locaux exprimaient un son de cloche différent en affirmant que certains joueurs avaient commencé à activer les clauses libératoires de leur contrat. Vendredi, quelques agents confirmaient que leurs joueurs n’avaient toujours rien vu venir et les patrons arguaient d’un problème informatique bancaire pour expliquer le retard.
Dimanche on apprenait enfin que les salaires étaient enfin arrivés sur les comptes en banque. Quatre joueurs avaient commencé à exprimer leurs frustrations sur les réseaux sociaux, les internationaux Ted Hill et Ollie Lawrence, l’ouvreur prometteur Finn Smithet le jeune demi de mêlée Ollie Wynn qui se retrouve même sans domicile à cause de cette situation.

On rappelle que Worcester est en délicatesse avec le fisc britannique à qui il doit 6 millions de livres. Des voix annoncent une liquidation judiciaire, mais un ancien directeur général a évoqué une possibilité de reprise par des investisseurs américains qui tarde à se concrétiser. On se souvient aussi que les propriétaires de Worcester ont carrément proposé… une fusion aux Wasps, eux aussi en difficulté. Mais ces derniers ont refusé cette solution baroque.

Une première depuis 1999 ?

Worcester était censé commencer le championnat par un match chez les London Irish. Premier Rugby, l’organisme qui régit le championnat a déclaré que le club était toujours officiellement inscrit (par la voix de Simon Massie-Taylor sont Directeur Général). Le championnat anglais se joue désormais à treize équipes et les Saracens, exempts de la première journée, ont annoncé qu’ils étaient prêts à remplacer Worcester. Si le club des Midlands devait fondre les plombs, ce serait une première depuis 1999 pour un club d’élite (ça concernait Richmond où jouait Agustin Pichot). Il en découlerait un afflux de joueurs libres sur le marché.

500 millions de livres de dettes pour les clubs

Comme expliqué dans l’article ci-contre, le rugby professionnel anglais traverse actuellement des moments troubles sur le plan économique. Et les chiffres récemment dévoilés font froid dans le dos… Selon le Daily Mail, le montant de toutes les dettes des clubs anglais de Premiership s’élèverait à plus de 500 millions de livres (609 millions d’euros). En plus de Worcester, les London Irish, Newcastle et les London Wasps sont en grand danger. Selon un document dévoilé par le quotidien, les Wasps seraient l’écurie la plus endettée. Sa dette s’élèverait à environ 112 millions de livres (136millions d’euros) ! In fine, c’est bien simple : seul un club peut se targuer d’avoir moins de 20 millions de livres de dette.En l’occurrence, il s’agit des Chiefs d’Exeter. Ces montants sont-ils parfois à relativiser ?Difficile à dire, mais il faut évidemment prendre en compte les prêts effectués par les différents clubs lors de la crise de Covid-19 qui a largement fragilisé les finances. Mais, pour les Wasps par exemple, cela va bien plus loin que ce contexte qui était impossible à prévoir. Personne ne sait vraiment de quoi sera fait l’avenir du côté de Coventry mais il s’assombrit dangereusement. 

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