France - Afrique du Sud : un match, trois questions

  • Reda Wardi a réalisé un très bon match pour sa première sélection.
    Reda Wardi a réalisé un très bon match pour sa première sélection. Icon Sport
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C’est le pied (dans les couloirs) pour les Boks !

À force de voir la France dominer défensivement, les adversaires s’adaptent. C’est ce qu’ont fait les Springboks samedi soir. Les joueurs de Jacques Nienaber ont usé du jeu au pied dans les couloirs pour éviter les montées défensives en inversées. Et ils l’ont fait dès le début de la rencontre sur Yoram Moefana, un ballon récupéré mais non maîtrisé par Cheslin Kolbe (6e). Puis sur Damian Penaud où ce dernier a repris in extremis Arendse (8e). C’est d’ailleurs sur ce même type de situation que les Bleus ont perdu leur capitaine Antoine Dupont. Sur jeu au pied de Faf De Klerk, encore en direction de Cheslin Kolbe dans le couloir des quinze mètres, le demi de mêlée français a provoqué la chute en l’air et sur la tête de son ex-partenaire toulousain.

« Ils ont très bien lu les situations, a reconnu le sélectionneur Fabien Galthié. Il y a eu peu de franchissements de leur part sur le rideau latéral. Mais dans un jeu de transition de dépossession qu’ils nous ont imposé, ils nous ont posé des problèmes sur les extérieurs, notamment après la deuxième passe. Il aurait fallu qu’on mette un peu plus de pression sur cette deuxième passe mais ça faisait beaucoup de choses à contrôler. Surtout qu’il s’est passé beaucoup de choses durant ce match. » Et Galthié de conclure : « Mais quand nous avons traversé ces temps faibles, j’ai senti mon équipe capable de se remobiliser. Les garçons ont su répondre au jeu de transition proposé par les Boks ». À l’image de Sekou Macalou, reconverti à l’aile, mais impérial sur sa défense aérienne.

Des mauls et des bas !

Souvenez-vous. Face à l’Australie, une semaine plus tôt, le XV de France avait été surpris par la résistance des Wallabies sur les ballons portés. « On a été bon sur notre conquête en touche, disait alors Fabien Galthié, bon en l’air mais moins bon au sol. On aurait pu mieux jouer ces ballons portés, mais là aussi chaque rencontre nous apprend des choses. C’est donc un point d’amélioration parmi d’autres. » 

À tout dire, on a cru en début de rencontre face aux Sud-africains ultra-puissants que la leçon n’avait pas été retenue. Car pendant toute la première période, malgré l’infériorité numérique très rapide des Boks en raison de l’expulsion de Du Toit, les "Sud-afs" ont malmené le paquet français. Après 25 minutes de jeu, nous avions déjà noté trois "reculades" d’une vingtaine de mètres chaque fois. Tout sauf anodin. Et ce qui devait arriver, arriva… L’essai de Siya Kolisi, c’est un maul dévastateur (30e). Sur le coup, la défense tricolore a explosé, laissant le capitaine sud-africain marquer sans aucune opposition. « Globalement, c’est vrai qu’on n’a pas très bien défendu sur les ballons portés, a confessé Fabien Galthié. On sait mieux le faire, habituellement. » 

Avant la rencontre, le sélectionneur avait été interrogé sur son choix de renouveler sa confiance à la deuxième ligne "ultra-light" Woki-Flament. Il avait rétorqué avoir couvert ses arrières avec les deux poutres (Taofifenua et Chalureau) sur le banc. Une aubaine. Parce que les Bleus ont soigné le mal par le mal. Cette équipe de France a repris la main sur la rencontre en défiant les mastards sud-africains sur ces mêmes ballons portés. Entré très tôt en raison de la blessure de Flament (33e), le grand "Tao" a remis tout le monde dans le sens de la marche. Dès la 45e minute de la rencontre, les Bleus ont obtenu une pénalité sur un ballon porté après touche (45e), concrétisée par le buteur Ramos (19-13, 46e). L’ascendant était alors de nouveau français dans ce secteur de jeu. À tel point que les Bleus ont bien leurré leur adversaire pour faire la différence. Juste avant l’essai de Falatea, sans doute les Boks attendaient-ils un nouveau maul. Ils se sont resserrés pour défendre ainsi. Raté. Woki a dévié directement, Moefana est arrivé lancé. La suite, vous la connaissez.

Des "starters" à bloc...

Pour Fabien Galthié, la sémantique a son importance. Les "finisseurs" encore plus. Pour le sélectionneur, ils sont les garants du succès. Sauf que cette fois-ci, les "finisseurs" se sont mués quasiment en "starters", pour reprendre l’expression du patron des Bleus. Et pour cause. En raison du scénario de la rencontre et de la cascade de blessés, le banc a joué un rôle bien plus tôt que ce que n’avait imaginé le staff. Avec une franche réussite à l’image de Sekou Macalou, auteur de son meilleur match international à un poste qu’il découvre depuis peu. À l’image encore de Romain Taofifenua, entré en jeu pour suppléer Thibaud Flament dès la 31e minute de la rencontre, qui a remis de la puissance dans les ballons portés (lire ci-dessous).

Et que dire de la performance de Reda Wardi, première cape face à ce qui se fait de mieux au monde ? Le Rochelais a rendu une copie très propre. Enfin, Sipili Falatea, entré une première fois sans sourciller durant le premier acte, puis une seconde fois pour s’offrir le premier essai de sa carrière international, synonyme de victoire sur les champions du monde en titre, a été un des héros de Marseille. « Notre méthode de travail à 42 joueurs nous fait gagner du temps, a commenté Galthié. Ces joueurs-là, ceux qui arrivent le dimanche soir et repartent le mercredi, apprennent notre organisation. Ils parlent le même langage durant trois jours. Et même s’ils repartent, ils finissent par jouer et gagner avec l’équipe de France. » Dont acte.

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