L'histoire du week-end : un Auradou peut en cacher un autre

  • Hugo Auradou avait connu sa première contre Bayonne. Mais dans le stade Jean-Bouin ce samedi, c’est toute une histoire familiale qui ressortait à l’occasion de son entrée en jeu. Photo Icon Sport
    Hugo Auradou avait connu sa première contre Bayonne. Mais dans le stade Jean-Bouin ce samedi, c’est toute une histoire familiale qui ressortait à l’occasion de son entrée en jeu. Photo Icon Sport
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Pour son deuxième match de Top 14 a seulement 19 ans, le deuxième ligne palois Hugo Auradou est entré en jeu contre le Stade français à Jean-Bouin, théatre des exploits de son paternel David...

À l’annonce de son nom, un léger frisson a parcouru les travées de Jean-Bouin. Samedi, à quelques heures du réveillon du jour de l’an, Hugo Auradou, deuxième ligne de 2 mètres et 110 kg, est entré sur la pelouse parisienne autour de la 50e minute. Il ne portait pas les couleurs du Stade français, celles sous lesquelles son paternel a écrit les plus belles pages de l’histoire de ce club. David Auradou, 41 sélections avec le XV de France et surtout cinq titres de champion de France avec le club de la capitale, a transmis le virus à ses deux garçons. Les deux sont licenciés à la Section paloise. L’aîné Paul a été prêté à Narbonne en Nationale ; Hugo le cadet poursuit son apprentissage dans le Béarn avec une franche réussite.

"Quand j’ai vu toutes les photos de mon père dans les couloirs, ça m’a fait quelque chose"

À 19 ans, il a fêté sa première apparition en Top 14 contre Bayonne, une semaine avant ce déplacement dans la capitale. Alors, forcément, quand son nom a été couché sur la feuille de match pour ce rendez-vous parisien, c’est tout un pan de l’histoire familiale qui a resurgi. Et pour cause. Sous l’ère Guazzini, David Auradou a été l’un des gardiens du temple, un capitaine reconnu et écouté. "Quand je suis arrivé au stade et que j’ai vu toutes les photos de mon père dans les couloirs, je dois avouer que ça m’a fait quelque chose, raconte Hugo. C’est son histoire et je la lui laisse mais c’était quand même sympa de voir tous ces souvenirs."

Le stade Jean-Bouin, le jeune espoir de la Section l’a bien connu lorsqu’il n’était encore qu’un gamin courant après les ballons jusque sur la piste d’athlétisme pendant que son paternel s’entraînait au milieu des Sylvain Marconnet, Pieter De Villiers, Christophe Moni, Agustin Pichot ou autre Juan Hernandez, tous ces noms qui ont fait les belles heures du Stade français. "Quand je ne pouvais pas aller à l’école et que mes parents bossaient tous les deux, j’allais effectivement au stade avec mon père", se souvient le deuxième ligne des moins de 20 ans qui a pour objectif de participer à la prochaine Coupe du monde de la catégorie. Et puis, j’ai quelques souvenirs des matchs de mon père que j’allais voir dans le vieux Jean-Bouin. Mais, c’était une autre époque, un autre stade."

Un peu plus d’heure avant le début de la rencontre, devant l’entrée principale du stade Jean-Bouin, la famille s’était réunie pour l’occasion. "Bibi" était évidemment présent avec son épouse Marie. Les grands-parents étaient aussi de la partie pour voir leur petit-fils suivre les traces de leur fils. David Auradou n’a jamais été de ceux qui exposent facilement leur sentiment. Ses mots étaient rares, ils étaient comptés et pesés. Pas le genre de bonhomme à courir après les micros. Lui, le joueur de devoir ne voyait que par le terrain. Alors quand on l’a sondé pour évoquer ce qu’il ressentait à quelques minutes de voir son fils jouer sur la pelouse de Jean-Bouin, il a ouvert grand les yeux, soufflé et rétorqué : "Appelle Hugo, c’est son histoire. C’est à lui de raconter ce qu’il ressent." Dans sa voix, il y avait un mélange de pudeur et de fierté. Celle d’un père heureux de voir son fils suivre ses pas.

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