Top 14 - "Trop confiants", ces Rochelais ?

  • Baisser pavillon au retour des vestiaires est un jeu dangereux auquel les Rochelais ont tout intérêt à ne plus s’adonner,même en cas de large avantage. Ici face à l’UBB il y a quinze jours. Photo Icon Sport
    Baisser pavillon au retour des vestiaires est un jeu dangereux auquel les Rochelais ont tout intérêt à ne plus s’adonner,même en cas de large avantage. Ici face à l’UBB il y a quinze jours. Photo Icon Sport Icon Sport
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Le succès, certes bonifié, à Perpignan a encore mis en exergue les insuffisances rochelaises en début de 2e mi-temps. La piste d’un excès de confiance est avancée, en interne.

C’est le mal maritime du moment. Synthétisé en une question, signée Sébastien Boboul, entraîneur des trois-quarts : "Pourquoi sommes-nous capables, à certains moments, d’écraser tous nos adversaires et, parfois, de se relâcher ?" Au cœur des réunions, déjà, la semaine passée, et des introspections collectives comme personnelles, la question reste plus que jamais d’actualité avant cette réception du leader toulousain, peu réputé pour épargner les trous d’air adverses.

Si la simple lecture du résultat décroché en terres catalanes (10-29), juste avant le réveillon du 31 décembre, a de quoi réchauffer les cœurs jaune et noir après la rechute à Deflandre, gare au trompe l’œil. Oui, La Rochelle, comme souvent cette saison, engloutit son entrée. Sauf qu’elle cale en plein plat de résistance. Le contenu servi après la pause, malgré une situation de supériorité numérique face à l’Usap, interpelle toujours autant. Une constante depuis début décembre (lire ci-contre).

Paris, Northampton, Ulster, Bordeaux-Bègles, Perpignan. Au sortir de chacune de leurs cinq dernières oppositions, ces Rochelais aux deux visages n’ont cessé de mettre l’accent sur le contraste affiché entre les deux périodes de 40 minutes. En peinant, toutefois, à chaud et hors intimité du vestiaire, à mettre des mots sur les maux et leurs racines. Les rotations opérées ici et là dans le XV de départ ? Un hypothétique début d’explication pour une poignée, un faux problème pour beaucoup. Des seconds couteaux trop tendres, au moment d’entrer en jeu ? Même tendance. Ne comptez pas sur un groupe à l’unisson pour pointer tel ou tel individualité. Le fameux "on gagne ensemble, on perd ensemble."

"On pense que tout est acquis…"

Et si, finalement, ces relâchements coupables trouvaient leur origine dans des "relents" du sacre européen du printemps 2022 ? Au détour d’une conférence de presse prenant des allures thérapeutiques, la veille du départ à Perpignan, Paul Boudehent, circonspect, a fini lui-même par se tourner vers cette option. D’un ton hésitant brusquement devenu assuré, comme si le troisième ligne venait de crever un abcès : "On est peut-être trop confiants… C’est le propre de l’être humain : quand on est trop confiants, on est vite rattrapés. C’est un peu ce qui nous arrive cette saison. Ok, on est champions d’Europe. Là, on a le revers de la médaille, on pense que tout est acquis… On est capables de marquer 29 points en première mi-temps contre l’Ulster et, derrière, c’est une autre équipe. On prend une claque. C’est pénible et je comprends que le staff soit agacé. Attention à ne pas être orgueilleux vis-à-vis des autres qui peuvent être très bons, eux aussi. Il n’y a pas une solution miracle mais, les armes, on les a." Lui, tout du moins, c’est certain. Jetez-donc un coup d’œil à sa remarquable prestation, de bout en bout, sur la pelouse d’Aimé-Giral. La trajectoire à suivre.

Face à l’ogre toulousain, samedi soir, il sera plus que jamais temps pour les Rochelais de bien rester les deux pieds ancrés au sol. Sous peine de risquer un troisième revers à domicile au cours d’une même saison. Ce serait alors une grande première, en championnat, depuis la remontée du club à la caravelle dans l’élite, il y a bientôt dix ans. Elle ferait tache, assurément.

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Romain ASSELIN
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