Champions Cup - Sofiane Guitoune (Toulouse), ce phénix

  • Malgré une concurrence accrue derriere, Sofiane Guitoune reste un taulier du groupe toulousain.
    Malgré une concurrence accrue derriere, Sofiane Guitoune reste un taulier du groupe toulousain. Photo Midi Olympique - Patrick Derewiany
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Alors qu’il se retrouvera en face du monstrueux Manu Tuilagi ce samedi, il est encore revenu de loin l’été dernier pour prouver qu’il reste un taulier de la ligne de trois-quarts toulousaine.

C’est l’histoire d’une éternelle renaissance. Sofiane Guitoune a connu plusieurs graves blessures dans sa carrière mais, souvent tombé, l’international français (9 sélections) s’est toujours relevé. Sa marque de fabrique : "C’est ma façon d’être : ne pas lâcher, ne jamais abandonner. Pas de croire au miracle mais, tant que ce n’est pas fini, tout est possible. En match ou ailleurs." Reflet de l’immense compétiteur qu’il est. "Je le suis depuis petit. À la maison, on a toujours aimé gagner. On détestait perdre. Avec mes filles encore, au jeu des 7 familles, il ne faut pas perdre (rires)." Depuis deux ans, Guitoune a encore subi son lot de mésaventures. Le genou qui lâche en mars 2021, le péroné en avril 2022. Malgré sa prolongation jusqu’en 2024, le doute était permis sur sa faculté à retrouver de nouveau son meilleur niveau. "Moi-même, je ne savais pas comment j’allais revenir de ma fracture du péroné. J’étais frustré de la fin de saison dernière. Je n’avais pas fait tout ce qu’il fallait pour être le mieux possible. J’ai basculé… Je ne me posais pas de questions. Comme quoi, il n’y a pas de vérité. D’habitude, je suis à fond sur la préparation. Là, j’ai fait autre chose, j’ai pris du temps pour me reposer, j’ai vraiment coupé et, à l’intersaison, je me sentais bien physiquement. Cela ne m’a pas fait de mal." Il avait besoin de passer à autre chose. "L’an passé, je revenais des croisés, je voulais bien faire, j’étais déçu d’avoir raté le doublé la saison précédente. Mentalement, c’était dur. Je me mettais beaucoup de pression. Je n’étais pas naturel dans mon jeu, mon comportement."

"Même à 33 ans, je découvre"

L’entame de l’exercice l’a forcément rassuré. Il a enchaîné les titularisations et les bonnes prestations, dans un nouveau rôle de premier centre, lui qui était habitué au numéro 13. "On en parlait déjà la saison passée, même celle d’avant. En fonction de la paire de centres dans laquelle j’étais, j’attaquais souvent en position de 12. Cette saison, je n’ai joué qu’à ce poste. J’avais une appréhension sur la défense, donc je l’ai bien bossé durant l’été. Il y a beaucoup plus de contacts, en attaque ou en défense. Même à 33 ans, je découvre encore des choses dans le rugby !" Lui, le polyvalent par excellence. "Il ne me manque que le 9, rit-il. J’y suis passé une ou deux fois en cours de match mais je n’ai jamais eu le numéro dans le dos." Si la concurrence s’est accrue derrière, Guitoune demeure un taulier. "Quand Huget, Médard, Fritz étaient là, ils n’ont jamais lâché. L’âge avance, des jeunes potentiels poussent mais je ne dois pas laisser la place gratuitement. J’ai toujours dit que, s’ils veulent jouer, il leur faudra se battre. Aucun cadeau n’est fait au Stade toulousain." Ni pour lui, qui a toujours cravaché pour avancer. Imaginez qu’en 2015 et 2019, il était arrivé de nulle part ou presque pour s’inviter dans le groupe du XV de France et participer aux deux Coupes du monde. Bis repetita en 2023 ? Il s’esclaffe : "Là, je pense qu’ils ont un super groupe, une magnifique équipe, très performante, et il n’y a pas de raison de bousculer les choses." Puis d’ajouter dans un large sourire : "Mais on ne sait jamais, hein…"

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Jérémy FADAT
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