Sonny Bill Williams : « Habitué à me battre »

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    Sonny Bill Williams : « Habitué à me battre »
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Trois jours avant son carton rouge, Sonny Bill Williams avait accepté d’aborder son parcours, entre forces et faiblesses. Il n’a pas oublié la France et le Top 14...

Evoluer avec la même réussite dans trois disciplines rugbystiques a-t-il exigé de nombreux sacrifices ?

Oui, mais je suis habitué à me battre. Depuis toujours. Mes parents n’avaient pas beaucoup d’argent et j’avais un don pour le sport. Si j’ai quitté la Nouvelle-Zélande à 15 ans pour me retrouver seul à Sydney, c’est d’abord pour payer une télé à ma mère et une voiture à mon père. D’un enfant qui jouait au rugby à XIII dans les parcs de son quartier, je suis devenu un pro s’entraînant six fois par semaine. Quand je partais le matin à 5 heures, il faisait noir. Quand je rentrais à 21 heures, il faisait noir. Voilà ce qu’il me reste de mon adolescence.

Vous êtes connu pour être un expert du « off-load ». Comment avez-vous appris ce geste ?

Sincèrement, tout ça vient très naturellement chez moi. Quand j’avais 16 ans, mon coach se demandait pourtant ce que j’essayais de faire avec mes bras tendus. Il me disait toujours : « Arrête tes conneries, Sonny ! Tu fais presque 2 mètres et 1 000 kg ! Va tout droit ! Fonce ! La porte s’ouvrira d’elle-même ! » Mais c’est vieux, tout ça… Aujourd’hui, le off load est entré dans les mœurs.

Jusqu’à quand jouerez-vous au rugby ?

Je ne sais pas. Il n’est pas rare que des mecs de 35 ans soient encore professionnels. Je prends soin de mon corps et je me sens même beaucoup plus fort que lorsque j’avais 25 ans. Je fais du yoga, du stretching. Le seul excès que je m’accorde, c’est le gâteau chocolat banane d’Alana (son épouse). Je ne peux y résister.

Que garderez-vous de votre passage en France ?

Le Top 14 m’a fait grandir parce qu’il est le championnat le plus dur que j’ai disputé. Quand tu prends la balle, tu reçois en même temps deux cousins qui veulent ta peau. Parfois, c’est un peu sale. J’ai pris de mauvais coups avec Toulon. Enfin, vous savez, quoi… Mais ce championnat endurcit. […] On aurait du être champions de France, en 2010, avec Philippe (Saint-André). En demi-finale (à Saint-Etienne face à Clermont), l’arbitre (Jérôme Garcès) était fatigué ou aveugle : le pilier de Clermont (Zirakashvili) lâche le ballon dans l’en-but au moment d’aplatir et pourtant il y a essai…

Marc Duzan
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