• Les joueurs de Vannes après leur magnifique victoire contre Mont-de-Marsan
    Les joueurs de Vannes après leur magnifique victoire contre Mont-de-Marsan
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Pro D2

Et si d’aventure...

Vannes la tranquille, Vannes la bourgeoise s’est, depuis quelques semaines énamourée de son équipe de rugby, et la rugbymania bat son plein.

Jamais équipe sportive sur ces 40 dernières années, n’avait suscité autant d’engouement, autant de passion, autant d’amour de la part d’un public qui s’est pris d’amour pour ce ballon ovale. On n’en est plus aujourd’hui au "tout nouveau tout beau". Parce que le RCV a su patiemment et depuis des années, tisser sa toile d’amitié avec son public.

La Rabine : trop exigue désormais

L’intérêt, un brin condescendant d’il y a une dizaine d’années s’est transformé en véritable passion. L’équipe fait le plein de la Rabine à chaque match et l’enceinte sportive vannetaise nichée au centre même de la ville n’est plus assez vaste pour accueillir ses nouveaux aficionadios du ballon ovale. 2 500 d’entre eux dimanche dernier, avaient trouvé refuge sur l’esplanade de la Rabine près du kiosque à musique pour écouter et entendre une autre musique. Celle de la folie rugbystique d’un groupe qui déchaîne les passions. La Rabine, le nouveau temple païen où il est de bon ton de se montrer, l’endroit à la mode de Bretagne.

À l’assaut !

Depuis le début de semaine, les Vannetais piaffaient d’impatience à attendre l’ouverture de la billetterie. À peine ouverte au siège du club au Stade Jo-Courtel, prise d’assaut. Tout le monde veut aller à Brive. Parce que ce public a une folle envie de communier à nouveau avec ses nouvelles idoles. Le Top 14 est sur toutes les lèvres. Plus personne ne doute de la capacité de cette équipe à aller vaincre à Brive. L’équipe emporte tout, bouscule les esprits les plus rationnels.

François Coville : "Gardons les pieds sur terre."

Loin de cette ferveur populaire, les dirigeants restent lucides et pragmatiques. François Coville l’homme des finances de la SASP s’affiche optimiste… Sur l’avenir du club. "Le Top 14, c’est une autre planète. Nous ne sommes pas prêts à y aller. Il faut raison garder et surtout gardons les pieds sur terre. Le club est encore trop jeune. En trois saisons, nous avons fait un bond en avant extraordinaire. Mais si les joueurs nous y amènent, nous irons, même si rien n’a encore été projeté", confie ce dernier. Et d’ajouter : "Le plus grand danger pour le club est de croire qu’il est arrivé. Tout notre enjeu est de générer une économie qui progresse, qui avance. La saison prochaine nous serons autour de 8 à 8,5 M€. Ce n’est pas si simple de convaincre. C’est aussi en fédérant l’économie départementale et régionale que nous y arriverons et que nous pourrons ambitionner alors autre chose pour le club. Économiquement il faut rendre l’affaire viable", précise encore ce dernier.

Sur un malentendu…

Après, c’est la conjugaison de l’administratif et du sportif - qui a pris quelques longueurs d’avance - qu’il faudra réaliser. Pas simple, mais pas insurmontable. C’est vrai que sur un malentendu tout peut arriver, même voir se réaliser les rêves les plus fous. C’est la magie du sport et sa glorieuse incertitude. Et si d’aventure…

Didier Le Pallec
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