• Fabien Galthié (France) contre la Nouvelle-Zélande en 1/2 de la Coupe du monde 1999
    Fabien Galthié (France) contre la Nouvelle-Zélande en 1/2 de la Coupe du monde 1999 Icon Sport - Icon Sport
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Coupe du Monde

Le grand bazar de 1999

La Coupe du monde 1999 fut le théâtre d’un drôle de charivari au niveau des demis de mêlée. À l’annonce du groupe, Pierre Villepreux et Jean-Claude Skréla avaient créé la surprise en laissant de côté Fabien Galthié, au sommet de son art à trente ans au profit de Philippe Carbonneau (promis à la titularisation) et de Pierre Mignoni. Mais au mois d’août, en pleine préparation, premier accroc : Carbonneau se rompt les ligaments croisés d’un genou.

Nouvelle surprise, les deux entraîneurs ne rappellent pas Fabien Galthié. Ils optent pour la solution Stéphane Castaignède, un joueur à zéro sélection mais qui sort d’une saison euphorique avec Clermont (victoire en Challenge européen et finale du championnat). Tout le monde comprend que Fabien Galthié est persona non grata. On saura vite que la tournée précédente dans le Pacifique ne s’était pas bien passée, que Galthié s’était heurté avec plusieurs cadres et que ceux-ci s’étaient prononcés expressément pour la non-sélection du joueur de Colomiers.

Pierre Mignoni se retrouve demi de mêlée titulaire, il joue les deux premiers matchs contre le Canada et la Namibie mais il ressent une élongation à une cuisse. La blessure est bénigne (dix jours d’arrêt), d’autres joueurs l’auraient sans doute dissimulée mais Mignoni ne triche pas, il préfère décliner la sélection et quitte le groupe. Son honnêteté l’honore mais sur le coup elle suscite quelques rumeurs que Skréla démentira énergiquement. Aucune blessure diplomatique, tout est vrai.

Les sélectionneurs se retrouvent dans l’obligation d’appeler Galthié, seule alternative.

Ils ne demandent rien au groupe mais ils préviennent Castaignède qui ne fait pas de difficulté. Ils rencontrent Galthié au golf de Seilh, lui exposent le projet de jeu, il n’oppose aucune restriction. Le groupe ne le rejette pas à son arrivée et il s’assoit sur le banc pour le dernier match de poule face aux Fidji, on ne pouvait pas décemment priver Castaignède d’une titularisation. Mais dès les quarts de finale, Galthié devient titulaire, c’était couru d’avance. Idem pour la demie de légende et la finale. Quatre ans plus tôt en 1995, Galthié avait déjà été appelé en cours de compétition pour finir titulaire. Destin hors norme.

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