• Yacouba Camara (France) lors d'un entraînement des Bleus à Marcoussis
    Yacouba Camara (France) lors d'un entraînement des Bleus à Marcoussis Icon Sport / Icon Sport / Icon Sport
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XV de France

Sur siège éjectable !

C’est en sachant qu’il devrait y avoir au moins un déçu parmi eux que la troisième ligne Lauret-Picamoles-Camara se présentera sur le terrain. Un drôle de jeu de chaises musicales dans lequel ils auront destin lié.

C’est probablement à ce genre de subtilités qu’il faut mesurer la singularité du rugby français : grande satisfaction du match remporté contre l’Écosse à Nice (32-3), le troisième ligne Ollivon-Alldritt-Cros n’aura donc jamais été revue durant la préparation et pourrait même ne pas voir le Japon, la faute au statut actuel de "réserviste " supporté par deux d’entre eux. Alors certes, il n’est qu’un secret de Polichinelle dans l’aréopage des Bleus qu’Ollivon peut s’estimer partant certain, tandis que François Cros a encore de bonnes chances de faire partie du voyage, à condition de signer une entrée rassurante ce week-end. Mais à la place de qui ? Après la bonne nouvelle qui a touché Paul Gabrillagues (dont la suspension a été réduite à trois semaines et lui permettra de voir le Japon), ce sera justement tout l’enjeu du match de ce vendredi, la troisième ligne Lauret-Picamoles-Camara se voyant désormais liée par un drôle de pacte… "Au début de la préparation, il y avait deux joueurs qui étaient plutôt catalogués comme réservistes, parce qu’Ollivon a été beaucoup blessé ces dernières saisons et que Cros s’est révélé en fin de saison, expliquait Brunel mardi. Mais ils ont montré sur le terrain qu’ils pouvaient postuler à un rôle différent. Ceux qui étaient là avant eux vont jouer demain, à eux de démontrer qu’ils méritent de partir au Japon. " En clair ? Un d’entre eux, sinon deux, se trouve(nt) sur un siège éjectable, dont l’actionnement dépendra de la performance…

Camara, le plus en danger ?

Parmi ces trois hommes ? Sur le papier, le moins menacé peut sembler Louis Picamoles, dont le profil de numéro 8 reste unique. Volontairement piqué par le staff des Bleus lors des deux premiers matchs contre l’Écosse (remplaçant lors du premier, hors groupe pour le deux), Picamoles sait évidemment qu’il devra livrer une grosse partie face à l’Italie, en relevant le défi de l’activité et du déplacement (le dada de Fabien Galthié) tout en faisant avancer le XV de France, qui a péché par manque de puissance la semaine dernière en Écosse. S’il parvient à s’acquitter de cette tâche tout en parvenant à faire vivre le ballon derrière lui, impossible d’imaginer pour lui un coup de Trafalgar.

Un atout que ne partagera pas Yacouba Camara, à qui même un bon match pourrait ne pas suffire. Le Montpelliérain s’est en effet avéré une des déceptions de l’encadrement tricolore lors de la préparation, et a clairement perdu des points par rapport à Charles Ollivon, ou même François Cros. Toutefois, sa bonne entrée en jeu en Écosse lui a redonné du crédit (avec notamment un retour du diable Vauvert sur Stuart Hogg) a décidé le staff de lui laisser une dernière chance qu’il sait pertinemment devoir saisir, en faisant valoir les qualités de joueur de rupture. Le deal étant qu’en cas de match seulement moyen, la sanction ne devrait pas manquer de tomber…

Un risque qui est relativement moindre concernant Wenceslas Lauret, tenu en haute estime par Jacques Brunel et à qui la contre-performance des Bleus dans les rucks la semaine dernière en Écosse a indirectement fait le jeu. Sauf qu’on a bien compris, depuis quelques semaines, que le sélectionneur n’est plus le seul décisionnaire et qu’à ce titre, le Racingman jouera gros sur son unique apparition, après avoir été perturbé plusieurs semaines par un problème musculaire à l’ischio-jambier. En clair, si Lauret devra assurer sur son fonds de commerce de la défense et du jeu au sol, il devra aussi prouver qu’il demeure capable de manier le ballon efficacement. Faute de quoi, le couperet pourrait aussi tomber.

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