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Coupe du Monde

Ntamack dans les pas de Michalak

Propulsé ouvreur titulaire des Bleus pour le mondial, Romain Ntamack connaît une trajectoire similaire à celle de Frédéric Michalak en 2003.

Deux saisons en première division. Romain Ntamack et Frédéric Michalak avaient quasiment la même expérience avant d’être propulsés ouvreurs du XV de France pour une Coupe du monde. Un titre de champion de France chacun, huit sélections pour le fils d’Emile, douze pour le jeune retraité, mais surtout les ressemblances dans leurs ascensions fulgurantes ne s’arrêtent pas là. En 2003, quand Frédéric Michalak s’envole pour l’Australie, il n’est pas le buteur numéro un dans son club. Surtout, mis à part une titularisation en 2001, il n’avait jamais été l’ouvreur attitré des Bleus avant le Tournoi des 6 Nations précédent. Romain Ntamack a lui connu sa première sélection l’hiver dernier au poste de trois-quarts centre, alors que son aîné avait aussi évolué à un autre poste, celui de demi de mêlée dans un premier temps. "C’est le problème français à chaque fois : occuper un poste différent en équipe de France et en club, reconnaissait l’ailier Yoann Huget au moment de commenter la titularisation de son jeune coéquipier toulousain deux jours avant le rendez-vous face à l’Argentine. Mais je pense que son avenir sera comme ça. Owen Farrell a joué 10 avant de revenir au centre. Lui, il démarre ouvreur et peut être qu’il repassera 12. Il ne se pose aucune question : centre ou ouvreur, il jouera de la même façon." Effectivement, cela n’a pas préoccupé Romain Ntamack. Il a livré une prestation solide face aux Pumas avec notamment un seul échec au pied malgré des tentatives dans des positions peu évidentes : "J’ai su assez tôt que j’allais démarrer en 10 et que j’allais avoir la responsabilité du but. J’ai fait abstraction de ça. J’ai été bien entouré par les anciens, tous les joueurs, le staff. J’étais assez serein, sûr de nos forces. Je n’avais plus qu’à faire le boulot."

En 2003, Frédéric Michalak avait été propulsé au rang de star planétaire en quelques matchs. L’hôtel de l’équipe de France était pris d’assaut par des journalistes du monde entier et les conférences de presse viraient souvent à la foire d’empoigne. Michel Marfaing, directeur du centre de formation du Stade toulousain, a vu débuter le jeune prodige et a pu observer le phénomène : "Je me souviens que lorsqu’il arrivait au stade, souvent plus d’une vingtaine de personnes entourées sa voiture et l’accompagnait jusqu’à ce qu’il se gare. Les gens marchaient ensuite autour de lui. Tout le monde voulait le voir. Ça doit être assez perturbant. Cela fait partie de la starification, avec ses bons et ses mauvais côtés." L’histoire va-t-elle se répéter en 2019 ?

"Une maturité bluffante "

L’encadrement du XV de France veille en tout cas à éviter la cohue médiatique. Jacques Brunel, déjà présent en Australie comme assistant de Bernard Laporte, a certainement retenu la leçon : les Coupes du monde fabriquent les stars. Les sorties médiatiques de Romain Ntamack sont très rares depuis l’arrivée des Bleus au Japon. Après la victoire face à l’Argentine, le jeune toulousain s’est seulement présenté devant les médias détenteurs des droits. "Romain a la tête sur les épaules, poursuit Michel Marfaing. Sa maturité est bluffante donc je ne suis pas sûr que la médiatisation lui posera un problème. Il est imperturbable. Après, en 2003, on n’avait jamais encore jamais connu ce phénomène. C’était tout nouveau avec Fred. Maintenant, nous sensibilisons beaucoup les jeunes du centre de formation. Il sait ce qui l’attend. On leur explique bien qu’ils vont être encensés mais qu’ils doivent s’attendre à redescendre. Je ne suis vraiment pas inquiet. Romain ne s’enflamme pas quand il fait un bon match, comme il ne tergiverse pas après un match moins abouti. Il est posé, appliqué et bosseur." Surtout, Romain Ntamack ne va pas découvrir la médiatisation lors de cette Coupe du monde puisqu’il a un autre atout dans sa manche selon le directeur du centre de formation : "Emile aussi a connu ça même si la médiatisation était moins importante à l’époque. Il a vu son père et a pu observer comment cela fonctionnait. Cela doit le rassurer." En espérant que cela aide les Bleus à faire mieux que la bande de Michalak en 2003.

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