• Emerick Setiano (France) contre les États-Unis
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Coupe du Monde

Il s’est hissé haut Setiano

Le forfait de Demba Bamba a propulsé Emerick Setiano titulaire face aux États-Unis. Une grande première pour lui chez les Bleus.

Une première titularisation en Bleu est un événement dans une carrière. Un moment qui reste gravé à jamais dans une vie. D’autant plus en Coupe du monde. Emerick Setiano, le pilier droit toulonnais de 23 ans, invité surprise de la liste de Jacques Brunel au mois de juin, a dû jongler avec ses émotions au moment d’entrer sur la pelouse du Level-5 Stadium de Fukuoka mercredi, d’autant plus qu’il n’était que remplaçant dans l’équipe annoncée aux joueurs vendredi dernier. Il n’a dû sa promotion qu’à la blessure et au forfait de Demba Bamba quelques heures plus tard. "C’est embarrassant d’en parler car c’est mon ami. Je ne souhaitais pas qu’il se blesse, loin de là, confiait le jeune international (4 sélections) quelques minutes après la rencontre. J’ai pensé à lui avant de rentrer sur le terrain, ça m’a fait bizarre. Je suis vraiment dégoûté pour lui. J’ai eu cette place de titulaire alors que j’étais prévu comme remplaçant. Alors, j’ai essayé de remplir mon rôle tant bien que mal." Plutôt bien même alors que Jacques Brunel lui prédisait une formation accélérée un peu plus tôt dans la semaine. Il n’a certes pas pris l’avantage en mêlée sur son adversaire, Eric Fry, joueur de Vannes de son état, concédant même une pénalité tout en arrachant un bras cassé en sa faveur, mais le Toulonnais n’a pas à rougir, recevant même les encouragements de l’arbitre néo-zélandais Ben O’Keeffe en cours de partie.

"beaucoup de soutien"

Emerick Setiano a surtout été bluffant ballon en main. Il était même à l’origine de la première brèche sur l’essai de Yoann Huget. Dans les couloirs du stade, il doutait pourtant avoir été à l’initiative de cette action. C’était bien la preuve qu’une première titularisation en Coupe du monde n’est pas un moment comme un autre, que tout va très vite et qu’il est difficile de réaliser tout ce qui se passe. "C’est beaucoup de fierté, racontait-il. Mais j’ai fait en sorte que ce ne soit pas le sacre d’une vie. J’ai essayé de rester zen même si ce n’était pas simple. Il fallait que je prenne un peu de recul par rapport aux messages que j’ai pu recevoir de France. Les coachs m’ont aussi aidé. Ils sont tous venus me voir un à un et j’ai eu droit à beaucoup de soutien. Alors je me suis simplement concentré sur ce que je sais faire." Une première d’autant plus observée qu’il devait prouver que le forfait de Demba Bamba ne serait pas une trop grosse épine dans le pied du coq tricolore, lui qui affirmait clairement être le numéro trois dans la hiérarchie avant la blessure de son ami. "Est-ce que j’ai existé, est-ce que j’ai avancé ? Je ne me pose pas de question. Je vais regarder à la vidéo ce que je peux faire de mieux. Bien sûr j’ai un ressenti : à un moment, c’est vrai que je me suis dit : "J’avance, c’est cool." J’ai touché trois ou quatre ballons, ça fait plaisir. Mais vraiment, je ne me pose pas de question."

Il est vrai que l’an dernier au mois de juin, il prenait deux fessées avec les Barbarians en Nouvelle-Zélande pour ses premiers tests internationaux : "L’équipe de France était juste à côté. Elle paraît alors proche mais aussi tellement loin. Après les défaites contre les Crusaders et les Highlanders, je m’étais dit que j’étais encore loin d’être à ce niveau-là, que j’étais encore loin de pouvoir jouer contre les Blacks un jour." Mercredi, ce n’était que les États-Unis mais il a déjà franchi une étape importante, avec une appréciation encourageante du sélectionneur : "Auteur d’une bonne performance." De quoi nourrir des ambitions pour rester numéro deux derrière Rabah Slimani : "Je vais essayer de gratter un maximum de temps de jeu. Mais si on me file une minute, ça m’ira très bien. Tant que j’apporte au maximum au groupe, que ce soit sur le terrain ou en dehors, ça sera très bien."

Avec le départ de Demba Bamba, il faut espérer que son apport se juge maintenant surtout sur le terrain. Lui reste détendu, avec le sourire aux lèvres comme à son habitude : "Si je pouvais commencer tous les matchs, ça serait cool. Mais, ça c’est dans une autre vie…"

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