• De Tokyo à Doha, les fédérations du sport international ont couru des risques insensés, au nom du business…
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Coupe du Monde

Économie : les limites du sport business

De Tokyo à Doha, les fédérations du sport international ont couru des risques insensés, au nom du business…

Le Mondial au Japon, à l’origine, avait un but : conquérir de nouveaux territoires et aider le rugby à s’implanter de façon durable en Asie. Dans un second temps, World Rugby, qui avait au départ craint des bénéfices en baisse -ITV et TF1, les argentiers du Mondial, avaient réduit leurs enveloppes en raison du décalage horaire entre l’Europe et le Japon- s’était finalement félicité de voir ses revenus commerciaux largement stimulés en Asie et dépasser même légèrement les recettes enregistrées au fil du Mondial 2015.

Pour autant, au nom de l’expansion démographique du rugby et du sport business, pouvait-on vraiment mettre en péril la crédibilité sportive de la compétition ? World Rugby savait, en offrant la Coupe du monde au Japon en plein mois d’octobre, que le risque "super typhon" était réel. L’institution a pourtant choisi de le courir, coupant avec sa traditionnelle frilosité, refusant de déplacer l’épreuve dans le temps (en juin ?). Avant qu’il ne débarque en Asie, le directeur exécutif de World Rugby Brett Gosper avait seulement prévenu : "Nous avons une petite inquiétude autour du climat. En septembre, on peut avoir de fortes pluies avec la mousson. On planifie d’ores et déjà des alternatives de stades et de calendrier si des matchs devaient être remis. C’est un travail de fourmi pour que tout soit calé en amont, en tenant compte des possibles perturbations dans les aéroports." On connaît la suite...

À Doha, la honte en mondovision

De loin en loin, l’épisode du typhon Hagibis n’est pas non plus sans rappeler la polémique ayant dernièrement secoué les championnats du monde d’athlétisme à Doha (Qatar). Cette épreuve, disputée sous des températures caniculaires et dans des stades quasi vides, a considérablement terni la réputation de la fédération d’athlétisme, supposément coupable d’avoir sacrifier au "sport business" pour remplir ses caisses. Le marcheur français Yohann Diniz, contraint comme de nombreux autres sportifs à abandonner une des épreuves, ne mâchait pas ses mots le mois dernier : "On nous prend pour des cons. On court sous 35 degrés, dans une atmosphère à 74 % d’humidité. Je regrette vraiment d’être là.". Alors, on n’ira pas jusqu’à dire qu’entre Tokyo et Doha, il n’y a qu’un pas. Vous conviendrez néanmoins que l’épisode Hagibis fait désordre, pour dire le moins...

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