• Paul Lasike, centre de poids des Eagles, a connu un parcours pour le moins atypique. Ce natif d’Auckland est d’abord passé par le football américain universitaire avant d’être repéré par les franchises professionnelles de la NFL des Cardinals de l’Arizona puis des Bears de Chicago. Mais l’instabilité du monde professionnel a eu raison de ses rêves. Il est aujourd’hui un des membres des Harlequins de Londres. Photos Midi Olympique - Patrick Derewiany et DR
    Paul Lasike, centre de poids des Eagles, a connu un parcours pour le moins atypique. Ce natif d’Auckland est d’abord passé par le football américain universitaire avant d’être repéré par les franchises professionnelles de la NFL des Cardinals de l’Arizona puis des Bears de Chicago. Mais l’instabilité du monde professionnel a eu raison de ses rêves. Il est aujourd’hui un des membres des Harlequins de Londres. Photos Midi Olympique - Patrick Derewiany et DR
  • Le missile  mormon
    Le missile mormon
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Coupe du Monde

Lasike : le missile mormon

Si vous aimez les parcours atypiques, attardez-vous deux minutes sur celui de Paul Lasike,l’attaquant des Eagles...

C’est l’histoire d’un mec, fort sur ses cuisses et épais du poitrail, qui a grandi en Nouvelle-Zélande. C’est l’histoire d’un mec qui débarqua à 18 piges aux Etats-Unis et, dans la foulée, mit les 110 kg qui avaient fait le bonheur de ses coachs kiwis au service de la NFL, la fédération de football américain. Car de toute évidence, ce qu’a accompli outre-Atlantique Paul Lasike, l’actuel trois-quarts centre des Eagles, n’est pas anodin. Récemment, on a ainsi pu constater via l’expérience malheureuse de l’ancien ailier des Wasps Christian Wade, recalé par les franchises de NFL, combien il était difficile pour un rugbyman pro de mettre un pied dans le monde de l’"american football". Lasike, lui, signa donc un contrat d’une année avec les Chicago Bears, avec lesquels il disputa en 2016 dix matchs de championnat. Il y a peu, l’enfant d’Auckland racontait à nos confrères du Times : "La violence des contacts, au foot US, m’attirait beaucoup et j’ai vraiment adoré cette expérience. Mais le jeu en lui-même est extrêmement complexe : il y avait plusieurs centaines de combinaisons et ça a, je crois, un peu freiné mon évolution en NFL. Sur le terrain, je ne parvenais pas à improviser. Le rugby, c’est ma langue maternelle et j’y suis naturellement plus à l’aise."

Le jour où les Chicago Bears mirent brutalement fin à son contrat, Paul Lasike trouva un job dans une entreprise de travaux publics, prenant dans un même temps une licence de rugbyman amateur chez les Utah Warriors, un club de Salt Lake City. "L’expérience du football américain fut simplement merveilleuse, poursuivait-il dans cette même interview. Je n’avais jamais connu de tels stades, de telles foules et une telle folie. Sincèrement, l’ambiance dans un match de NFL est pour moi comparable à celle d’un grand match de ligue des champions en Angleterre ou de Copa America en Argentine. "

Il faisait du porte à porte en mission

Pour lui, le retour à ses premières amours ne se fit donc pas sans heurts et, les premiers temps, Paul Lasike dut réapprendre les gestes simples du rugby : "Venant du football américain, j’avais au départ tendance à plonger la tête la première dans les jambes des adversaires pour les plaquer et j’ai dû perdre cette habitude. Sans casque, ça devenait dangereux…" Aujourd’hui salarié des Harlequins (Premiership), Paul Lasike fait souvent parler sa puissance dans le championnat d’Angleterre. à son propos, son coach Paul Gustard expliquait dernièrement à nos confrères britanniques : "Ce joueur n’a pas son pareil pour transformer les temps faibles en temps forts. Combien de fois nous a-t-il permis de sauver des situations difficiles en emportant deux ou trois joueurs au milieu du terrain ? Il est très précieux…"

Titularisé douze fois avec les Eagles américains depuis 2018, Lasike fut certainement le meilleur joueur des états-Unis la semaine dernière, face à l’Angleterre, et fait aujourd’hui partie des cadres de cette équipe nord-américaine. Toutefois, si la vie lui réservait un autre demi-tour inattendu, il ne serait pas pris au dépourvu. "Je suis très religieux, concluait-il dans cette même interview. J’ai d’ailleurs été éduqué par mes parents comme un Mormon, sans télé ni radio. Aux états-Unis, il m’arrivait même de faire du porte à porte pour présenter la parole du Seigneur à mes concitoyens. Ces jours-là, je portais une cravate, un costume et je souriais. C’était dur et parfois, je me disais : "Mec, c’est une blague. Tu es en train de frapper à la porte d’inconnus pour savoir s’ils veulent entendre parler de Jésus Christ. " Si les gens voulaient m’écouter deux minutes, j’étais heureux. Sinon, je ne m’attardais pas et leur disais au revoir poliment…"

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