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  • Le stade de Yokohama avant le passage du super typhon Hagibis
    Le stade de Yokohama avant le passage du super typhon Hagibis Icon Sport / Icon Sport / Icon Sport
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L’organisation du Mondial au Japon a viré au fiasco ces derniers jours à cause du super typhon Hagibis, un des plus puissants que l'archipel ait connu.

La sécurité n’a pas de prix. Le super typhon Hagibis, annoncé d’une violence rare avant son passage, a balayé Tokyo et ses environs ce week-end. Trente-trois morts, dix-neuf disparus et 189 blessés, le bilan provisoire est lourd. Très lourd. Jouer au rugby dans ces conditions n’était pas raisonnable. Impossible pour des raisons évidentes de sécurité, de rassembler des dizaines de milliers de personnes dans les stades. Quelles qu’en soient les conséquences sportives. Quel qu’en soit le coût - et l’immense déception - pour les supporters venus du monde entier. L’évidence s’impose : World Rugby a pris les bonnes décisions. Mais force est de s’interroger. N’y avait-il pas moyen d’éviter un tel fiasco ? Sitôt la Coupe du monde de rugby attribuée au Japon et placée dans une période réputée pour ses typhons (Hagibis est le 19e de la saison…), les mises en garde s’étaient multipliées. Le risque était grand que la compétition soit perturbée par les conditions climatiques.

Offrir le Mondial au Japon, c’était rompre avec le petit club très fermé des pays organisateurs de la compétition. C’était aussi ouvrir une fenêtre sur l’Asie pour un sport qui n’est encore que confidentiel à l’échelle de la planète. Mais comment n’a-t-on pas pu planifier un tel événement à une autre période ? Le risque était connu, il n’a pas été maîtrisé. En s’acharnant à maintenir les dates habituelles de sa compétition-phare (septembre-octobre) contre typhons et raz de marée, World rugby s’est ridiculisé. Et ne parlons même pas du manque d’anticipation d’une éventuel plan B. Prévoir des stades de substitution ne semblait pas hors de portée de ces technocrates en col blanc qui peuplent les bureaux de la fédération internationale. Faute d’avoir prévu ceinture et bretelles, ils ont sorti les rames depuis quelques jours. Ils se sont même retrouvés sous la menace d’une action en justice venant de la fédération écossaise. Une intimidation qui n’aurait fait que « pschitt », la Scottish Rugby Union ayant signé le règlement du Mondial avant le début de la compétition. Parce que si les costumes-cravates de World Rugby ne sont pas capables d’anticiper les difficultés rencontrées, ils ont tout de même pondu un règlement, que les équipes sont contraintes de signer faute de pouvoir s’engager dans le Tournoi, qui les prémunit de toutes conséquences juridiques.

Que retiendrons-nous donc de cet épisode ? Sans doute qu’il renforce l’image d’un sport au sommet de l’amateurisme et sa réputation de sport privilégiant les recettes et les arrangements entre amis à la crédibilité sportive. Et encore, heureusement pour World Rugby, au pays de l’honneur et de la rigueur, que le Japon a pu affronter l’écosse dimanche soir... 

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