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Avec « Infront », un combat de mastodontes

Afin de contrer l’avènement de "CVC", World Rugby avait misé sur un projet de Ligue mondiale financé par la société Infront, un géant du marketing basé en Suisse et appartenant à un conglomérat chinois.

World Rugby, l’instance gouvernante du rugby mondial, ne voit pas d’un très bon œil la prise de pouvoir du fonds d’investissement "CVC-Capital Partners". Au Japon, le chef exécutif de World Rugby, Brett Gosper, fit d’ailleurs part de ses inquiétudes sur le fait que "certaines décisions puissent désormais être prises sans qu’elles soient dans l’intérêt de la croissance du rugby ou du bien-être des joueurs". Pour contrer la prise de pouvoir du fonds d’investissement luxembourgeois, World Rugby s’était dernièrement allié au géant du marketing sportif Infront, lequel devait injecter dans la "Ligue Pichot" (un tournoi mondial qui a depuis périclité) 6 milliards d’euros sur douze ans, une somme qui aurait permis de sauver les fédérations internationales de la banqueroute et d’harmoniser le calendrier international. Agustin Pichot, le vice-président de World Rugby, nous confiait mi-octobre : "L’idée de la ligue mondiale était ambitieuse mais elle allait à l’encontre de beaucoup trop d’intérêts dans le monde du rugby. Les pays du Nord se sont élevés contre. Certaines grandes fédérations européennes craignaient une relégation au profit de la Géorgie, de l’Espagne ou de la Roumanie. Et cette lutte pour contrôler son petit pouvoir, c’est toute l’histoire du rugby…" Néanmoins, il va de soi qu’Agustin Pichot n’a pas baissé les armes concernant son projet et, si d’aventure l’ancien capitaine des Pumas était élu à la présidence de World Rugby en 2020 (c’est loin d’être fait, les nations du Nord sont contre lui…), la "Ligue Pichot" pourrait bien ressortir de terre.

Derrière Infront, le géant chinois Ali Baba

Quelle différence y a-t-il entre Infront et CVC, dites-vous ? Dans l’idée de World Rugby, le géant du marketing Infront (une filiale du conglomérat chinois Wanda Group, dont l’un des soutiens financiers n’est autre qu’Ali Baba, l’Amazon asiatique, partenaire de World Rugby sur le projet de développement du rugby dans l’empire du milieu) n’était qu’un prestataire, une agence de marketing servant simplement d’interface entre les compétitions et l’instance gouvernante. À l’opposé, CVC est aujourd’hui actionnaire de toutes les compétitions citées plus haut et, de ce fait, décisionnaire d’un certain nombre des orientations majeures que prendra le rugby mondial dans les années à venir. On comprend, dès lors, que World Rugby, dépossédée d’une partie de son pouvoir d’influence, considère l’avènement de "CVC" comme préoccupante…

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