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Dupont, de l’or en barre

Acteur majeur du titre de champion de France du Stade toulousain et devenu titulaire indiscutable derrière la mêlée du XV de France, Antoine Dupont n’est plus une pépite en devenir. Sa fabuleuse année lui a permis d’exprimer tout son talent et d’être logiquement élu Oscar d’or Midi Olympique.

Imaginez qu’il y a un an, Antoine Dupont venait tout juste de faire son retour sur les pelouses du Top 14 après une absence de huit mois, foudroyé par une grave blessure au genou lors du premier match du Tournoi des 6 Nations 2018. Forcément, il fallait alors s’armer de patience pour revoir le demi de mêlée international revenir à son meilleur niveau… C’est du moins l’attitude à adopter d’ordinaire dans ce genre de cas. Le truc ? C’est que Dupont est un joueur extraordinaire justement. Un mec hors normes pour qui tout est allé de nouveau si vite. Pas assez pourtant à son goût, comme il en rigolait dans les colonnes de Midi Olympique quelques mois plus tard : « Je souhaitais reprendre pour Castres (le 29 septembre, N.DL.R.) mais Ugo n’avait pas voulu. Ensuite, j’tais remplaçant contre Agen. Puis on allait à Bath en Coupe d’Europe et j’espérais un turnover pour démarrer. Encore sur le banc. Derrière, on accueille le Leinster et je suis de nouveau remplaçant. J’avoue que ça commençait à me peser mais je ne faisais pas de polémiques et je n’allais pas me plaindre. Avec le manque de recul, je ne comprenais pas pourquoi je ne revenais pas tout de suite dans l’équipe de départ. Même si je sais que c’est normal. » Cela dénote simplement l’état d’esprit de l’intéressé. Au-delà du virtuose, Dupont est aussi et peut-être surtout un compétiteur hors pair. La preuve ? Il avait célébré sa première titularisation de l’exercice 2018-2019 à Perpignan… où il avait inscrit un triplé. Dans la foulée, il retrouvait logiquement le XV de France et donc son rang. Celui d’un élément de niveau mondial.

«Ce passage régulier en 10 me permet de m’épanouir»

Malgré un statut fragilisé en sélection pour l’entame du dernier Tournoi, Dupont s’est rapidement imposé comme le premier choix à son poste chez les Bleus. En même temps qu’il gravissait les sommets avec le Stade toulousain, le club dont il était supporter dans sa plus tendre enfance. Désigné parmi les leaders des Rouge et Noir par son entraîneur Ugo Mola, l’ancien Auscitain a prouvé qu’il avait les épaules d’un patron. Notamment lors de la finale du championnat remportée face à Clermont lors de laquelle il fut tout simplement exceptionnel. Ce jour-là, scotché sur son canapé par sa performance, le sélectionneur de l’Angleterre Eddie Jones « himself » avait envoyé un message à plusieurs de ses connaissances françaises pour souligner le talent et le génie du garçon. Ce soir de juin, le gamin prodige du rugby hexagonal avait basculé dans une nouvelle dimension : la cour des grands. « Je suis venu à Toulouse pour ça, expliquait-il quelques minutes après le coup de sifflet final. Jamais je ne me suis imaginé soulever le Brennus avec un autre maillot que celui-là. Après notre élimination en demi-finale de Champions Cup, on n’avait que ça en tête. » 

Et lui pouvait enfin commencer à garnir l’armoire à trophées qui ne demande qu’à se remplir devant un tel potentiel. La saison passée fut également celle de l’élargissement de sa palette avec son replacement récurrent en numéro 10, souvent en cours de rencontre pour débloquer des situations tendues (exemple lors du quart de finale européen remporté au Racing 92 en infériorité numérique), poste auquel il avait effectué une partie de sa formation. « C’est un atout car cela donne des possibilités de changement au staff, révèle-t-il. Je crois que ce passage régulier en 10 me permet de m’épanouir. Quand on est 9, on sait ce qu’on aime chez un 10 et vice-versa. Cela peut faire de moi un meilleur demi de mêlée. »

Titulaire indiscutable derrière la mêlée des Bleus à la Coupe du monde, malgré une blessure au dos qui l’a handicapé, Antoine Dupont a donc traversé une année magnifique. Ce qui justifie le choix des lecteurs de Midi Olympiques de faire l’Oscar d’or remis des mains du Président Directeur Général de Generali Philippe Donnet et de Gareth Edwards, ancien demi de mêlée de legende du Pays de Galles ce lundi soir à Paris. Mais, à seulement 23 ans (il les a eus la semaine dernière), le Toulousain représente d’abord l’avenir de l’équipe de France. Capable d’exploits individuels dont lui seul a le secret, il a clairement étoffé son jeu et gagné en maîtrise. La pépite a désormais mûri et, propulsé au rang d’ambassadeur d’une nouvelle génération porteuse d’immenses espoirs à l’instar des Penaud, Ntamack, Alldritt et consorts, il devrait encore offrir ses plus belles années d’ici 2023. De quoi nourrir quelques rêves...

 

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