• Xavier Garbajosa au côté de Ugo Mola ou Didier Lacroix et, ci-dessus, sous le maillot du Stade toulousain.Une constante entre ces trois images, la passion intacte. Photos Icon Sport et Midi Olympique
    Xavier Garbajosa au côté de Ugo Mola ou Didier Lacroix et, ci-dessus, sous le maillot du Stade toulousain.Une constante entre ces trois images, la passion intacte. Photos Icon Sport et Midi Olympique
  • "Garba" le Toulousain
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« Garba » le Toulousain

Lancé comme entraîneur à La Rochelle et adoubé à Montpellier, où il officie désormais en tant que numéro 1, Xavier Garbajosa reste très marqué de ses années toulousaines. Adversaire Pour la première fois, il reviendra ce week-end à Ernest-Wallon en tant qu’adversaire principal. Avec une urgence de résultat.

Un psychologue confirmé y verrait l’expression de son inconscient. Pour plus de détails sur la psyché, on laissera faire les spécialistes du domaine et, de notre côté, on se contentera de noter cette récurrence verbale : loin des exercices souvent soporifiques des conférences de presse collectives, lorsqu’il prend le temps de se poser et de se confier, Xavier Garbajosa rate rarement une occasion de faire référence à ses années toulousaines. Plus qu’une nostalgie, une éducation au rugby qui le magnétise encore.

Le Stade toulousain, il le retrouvera dimanche (16h15) comme adversaire, pour la première fois patron de son équipe. Ce Stade toulousain, son rugby, son identité stratégique, son management, ses grandes et petites histoires coulent encore dans ses veines de "Garba", dont l’exercice mémoriel est fortement teinté de rouge et de noir. C’est son socle, émotionnel et professionnel. "Je suis comme d’autres, comme Ugo (Mola, N.D.L.R.) par exemple, marqué au fer rouge par une éducation toulousaine. C’est ma culture. Je comprends que parfois, l’hiver, avec un groupe à gérer et une saison longue, il faut savoir faire preuve de pragmatisme. Gagner d’un point et dégueulasse, sur un drop ou un contre, ça fait partie d’une saison. Mais dans l’ensemble il faut surprendre, déplacer les ballons, jouer, oser. C’est ma conviction profonde", confiait-il en juin dernier, après l’élimination de ses Rochelais par le Stade toulousain justement, en demi-finale du Top 14. C’est une fidélité intuitive à un premier amour. Celle qui avait nourri les préceptes de jeu total des Rochelais, fait d’initiatives et de vitesse, lors de la si séduisante et prolifique année 2017.

Dans les pas de Novès

Cet attachement aux couleurs est aussi celle aux hommes. Quand Guy Novès se voyait acter son licenciement à la tête du XV de France, fin 2017, Xavier Garbajosa fut parmi les premiers à transmettre à son ancien entraîneur son soutien, sa sympathie et sa compassion. "Garba" assumait, sans sourciller. "Les gens pourront raconter ce qu’ils veulent de Guy. La vie de joueur sous ses ordres ne fut pas toujours facile mais, in fine, il prend toujours la défense de ses joueurs et il en fait de meilleurs hommes. Je lui dois énormément, je le sais et je ne l’oublie pas."

Depuis qu’il est aux commandes du MHR, Garbajosa a entretenu la filiation. Comme quelques coéquipiers de son époque, passés entraîneurs et marqués par leur passage sous ses ordres, il échange encore avec son ancien mentor. Il prend régulièrement des nouvelles, des conseils et pioche ce qu’il en peut, pour nourrir sa nouvelle aventure héraultaise. Sa première en tant que numéro 1. Car "Garba" a fait ses armes d’entraîneur professionnel à La Rochelle, puis désormais au MHR*. Loin de chez lui, donc. Son attachement aux Rouge et Noir reste pourtant viscéral, affectif. Avec tous les excès que cela comporte. "C’est un passionné, cela saute aux yeux. Ce week-end, je regardais le Canal Rugby Club et Xavier s’exprimait sur son jeune ailier, Gabriel Ngandebe. Je me suis tourné vers ma femme et je lui ai dit : "tu vois, il a tout pour réussir. Il a ce souci de la psychologie du joueur et, surtout, il y a cette passion qui déborde de lui."" Le témoignage est de Jean-Louis Putinier qui l’accompagna auprès du groupe professionnel durant toute sa carrière toulousaine. "Bon, je ne suis peut-être pas très objectif. Xavier, c’est un de mes petits ! Je suis un ami de sa famille, je le connais depuis qu’il est enfant. Mais je le vois faire. Il s’était investi à fond à La Rochelle, il en fait de même à Montpellier. Il ne sait pas faire autrement. Mais son rapport au Stade reste particulier." Putinier sourit. Avant de poursuivre : "Il y a cette anecdote, qui dit bien son attachement au Stade toulousain : il y a deux ou trois ans, la veille d’un match entre La Rochelle et Toulouse à Marcel-Deflandre, il m’avait invité à manger chez lui. C’est la période où les résultats du Stade étaient moins bons. Nous avions longuement discuté, avec aussi Akvsenti Giorgadze qui était là. Xavier était très peiné de cette situation sportive difficile que traversait Toulouse. En l’évoquant, il avait les larmes aux yeux. C’était étrange, car il préparait son équipe à nous affronter et nous battre, le lendemain. D’ailleurs, les Rochelais avaient effectivement gagné. Mais je crois que cette situation avait fortement perturbé son âme de stadiste."

«La défaite en horreur»

L’autre point qui remonte, lorsqu’on évoque Xavier Garbajosa avec ses anciens partenaires et responsables toulousains, c’est sa détestation de la défaite. C’est le cas de tout sportif professionnel, nous direz-vous, qui se targue, à longueur d’interview, d’être un compétiteur ? Certes. Mais l’entraîneur montpelliérain semble aller plus loin encore, dans le registre. "Parmi tous les joueurs que j’ai pu croiser au Stade, et ils sont nombreux, j’en connais effectivement peu qui aiment perdre. Mais Xavier, c’était encore autre chose", poursuit Jean-Louis Putinier. "Il avait véritablement la défaite en horreur. Ce mot ne faisait simplement pas partie de son vocabulaire. Dès le départ, il était un jeune un peu fou-fou et un garçon adorable. Mais lui, comme quelques autres, si cela s’était mal passé le week-end en match, ils avaient "l’œil" quand ils revenaient à l’entraînement. Et là, attention…" Ce caractère l’accompagnait déjà de son temps de joueur, qui le rongeait dans les périodes de creux. Comme les autres, Garbajosa a connu l’immense concurrence des années 2000, au Stade toulousain. Et quelques mises à l’écart dont Guy Novès avait le secret, pour piquer ses hommes, les frustrer et les relancer. "Garba" les vivait plus mal que d’autres. "Je me souviens que ça le bouffait" raconte un proche, de son premier cercle. "Il n’en dormait pas, il m’appelait la nuit. Une fois, il bricolait dans sa maison. Pour se passer les nerfs et se vider la tête, il avait subitement décidé de refaire son parquet ! Il y passait toute la nuit, entrecoupé de quelques coups de fil à ses amis les plus proches. Il était comme un fou." Cette composition directe, impulsive, parfois explosive, il l’a emmenée vers La Rochelle puis Montpellier. Parfois à vif et brutal. Toujours franc et honnête. Garbajosa ne sait pas faire autrement.* il a toutefois effectué ses premiers pas d’entraîneur avec les catégories de jeunes du Stade toulousain.

Léo FAURE leo.faure@midi-olympique.fr
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