• Beka Gorgadze (Bordeaux-Bègles)
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Challenge Cup

Une carte à jouer pour les Bordelais

La concurrence n’a jamais été aussi forte à l’UBB. L’international géorgien Beka Gorgadze essaie d’y résister pour montrer ce qu’il vaut. Les deux duels avec Agen auront été importants pour lui.

Si l’UBB ajoute cinq points à son bilan, comme attendu, les contours de la qualification apparaîtront clairement à l’horizon. C’est vrai que tout baigne dans l’huile chez les Bordelais, il serait stupide de ne pas le faire remarquer. Non seulement, ils enchaînent les résultats probants, mais en plus ils comptent très peu d’absents (Florian Dufour, Afa Amosa plus la suspension de Diaby).

Et en plus, la concurrence se renforce avec l’apparition de nouveaux talents. Par exemple, le jeune Ian Kitwanga testé à Agen en troisième ligne, on ne l’avait pas vu venir celui-là.

Justement, en troisième ligne, ça commence à se bousculer sérieusement depuis la fin du Mondial avec les Woki, Tauleigne, Higginbotham, Roumat, plus Diaby et Amosa. Dans ce contexte ultra-concurrentiel, Beka Gorgadze s’apprête à lutter courageusement pour faire valoir ses qualités. Ce n’est pas le joueur le plus médiatique de l’effectif sans doute, mais il a fait le Mondial avec la Géorgie, il a joué les quatre matchs de poule de son équipe, dont trois comme titulaire, en numéro 8, ce qui nous surprend toujours un peu, car a priori, son gabarit est davantage celui d’un flanker, plaqueur-gratteur. Il ne pèse que 104 kg pour 1 m 89. "Oui, j’ai toujours joué huit depuis mes débuts en Géorgie, malgré ma morphologie. Je pense qu’elle me donne quand même une certaine mobilité. Mais c’est vrai que quand je suis arrivé en France, j’ai vu que le profil des numéros huit était un peu différent, plus massif."

Un an de blessure

Mont-de-Marsan, son premier club en France à partir de 2014, le faisait jouer souvent à son poste de prédilection. Sous le maillot de l’UBB, il a quand même réussi à démarrer quatre fois avec le numéro 8 la saison dernière (sur six titularisations et seize apparitions). Mais a priori, en Gironde, sauf blessures simultanées de Tauleigne, Higginbotham et Amosa, on l’imagine plutôt faire son trou avec le numéro 6 ou le numéro 7, plutôt dédié à faire l’essuie-glace sur la largeur du terrain. La semaine passée à Armandie, on l’a senti parfaitement au diapason de l’énorme performance des Bordelais (73 à 3 à l’extérieur), modèle de constance et de rigueur. Le staff lui a offert 80 minutes pour s’exprimer. Et il s’est signalé au cœur de toutes ces séquences qui ont submergé les Agenais remaniés, certes, mais qui ne s’attendaient pas à une telle démonstration de leurs adversaires. "J’évolue plutôt côté ouvert avec la mission d’aller partout, et d’être premier sur les rucks en attaque comme en défense." Sincèrement, Laïrle, Charrier et Urios n’ont pas pu ne pas souligner, au moins secrètement, sa prestation.

À 23 ans, Beka Gorgadze a déjà un parcours derrière lui au sens où sa carrière a subi un brutal coup d’arrêt, une terrible entorse à une cheville en mai 2017 : trois opérations en un an, sans plus rechausser les crampons d’un mois de mai à l‘autre. Ce qui n’avait pas empêché Laurent Marti de le faire signer avec plusieurs mois d’avance. "Trois opérations coup sur coup, ce n’est pas facile à vivre. Mais c’est une expérience, j’ai beaucoup appris, avec des moments difficiles." Il avait débarqué à Bordeaux en 2018 avec le soulagement, mais aussi le poids de cette longue parenthèse. De ses premiers pas sous le maillot de l’UBB, il conserve un souvenir fort, lors d’un match "lambda" de Top 14 au mois d’août, même pas une victoire d’ailleurs, mais onze minutes qui ont compté : "C’était mon premier match, à Agen. J’étais entré en cours de jeu, et j’avais pu me montrer un peu et ça avait fait tout de suite basculé ma saison, ça m’avait permis d’enchaîner pas mal de matchs en suivant, et de montrer ce que je valais." On s’en souvient, son entrée avait coïncidé avec une remontée de l’UBB. "C’est grâce à ça que je m’étais intégré dans le groupe…" Samedi il aura encore, une occasion de montrer son savoir-faire, encore face à Agen et l’entraîneur de ses débuts, Christophe Laussucq. S’il maintient le cap de la semaine passée, on se dit qu’on apprendra à ne plus faire de lapsus quand on prononce son nom. Lui c’est GorgAdze, et non GorgOdze, une seule lettre le sépare de sa grande référence. "Quand j’ai débuté, c’était mon modèle, mon idole. Après, j’ai aussi découvert Kieran Read et Duane Vermeulen."

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