Clermont : d’autres chats à fouetter !

  • Alivereti Raka et les Clermontois ont largement dominé une équipe de Bath en panne de solutions. Photo Icon Sport
    Alivereti Raka et les Clermontois ont largement dominé une équipe de Bath en panne de solutions. Photo Icon Sport
Publié le / Mis à jour le

(52-26) Clermont le club auvergnat a écrasé un Bath très remanié au cours d’une première mi-temps sidérante de vitesse et d’efficacité. Ensuite, tout fut plus équilibré. Pas grave, Clermont a d’autres échéances à honorer.

Ça un match de Coupe d’Europe ? Oui, hélas ou tant mieux. Les amateurs de spectacle s’en réjouiront, ceux qui voient le rugby comme d’abord comme un sport de combat collectif en sortiront non pas consternés, mais déçus. Par moments, on a eu l’impression d’assister à un entraînement dirigé, avec cette première mi-temps conclue par un 40-14, six essais à deux, et une moyenne effarante d’un point par minute pour les Clermontois. "Vingt points après vingt minutes, c’est quand même pas mal. Nous avons su nous montrer très efficaces dès l’entame du match, c’est un truc qui nous faisait défaut jusqu’à maintenant", narra Franck Azéma.

Ce rythme trépidant, l’ASMCA l’a conservé jusqu’à la 46e avec un essai de Lopez sur pénalité jouée pour lui-même (on vous fait grâce de la virgule). Tout était aussi un peu de la faute du staff de Bath qui alignait une équipe trop remaniée. La Coupe d’Europe ne mérite pas ça. La glorieuse histoire de Bath non plus. En tout cas, les Moala, Penaud, Lopez, Toeava ne se sont pas privés pour s’engouffrer dans les brèches complaisamment tendues. Ils ont offert une orgie offensive à leurs supporters.

L’art de la pression sur possession de balle adverse

Clermont était plus fort balle en mains, il était aussi implacable dans ses montées défensives. La première demi-heure fut notamment une démonstration de l’art mettre la pression sur les possessions de balle de l’adversaire, et le punir par des contres ou des turn-overs impitoyables. Ce fut le fait le plus marquant de cette entame de feu des Auvergnats, une leçon de rugby moderne. D’autant plus, que, ironie du sort, Bath sembla presque dominateur sur les quelques mêlées inaugurales. Mais l’épreuve de force ne compte plus guère dans ce rugby d’aujourd’hui. La vitesse, l’intensité, la justesse l’ont remplacée ainsi que la foulée hors norme de Damian Penaud, replacé très vite à l’aile après la sortie d’Ezeala. Le Bath de ce dimanche n’avait aucun atout pour contrer cette arme atomique. "J’ai vu des gars qui prenaient vraiment du plaisir sur le terrain", poursuivit Azéma, comme nostalgique de ce moment de grâce. On le comprend, quand on exerce l’un des métiers le plus pressurisé du monde, une balade ne fait jamais de mal. Hélas, la blessure au genou de Ezeala après un duel aérien fit irruption pour lui causer des soucis.

Bon, notre théorie de "l’entraînement dirigé" n’a tenu qu’une mi-temps, et ça s’est une survivance du rugby éternel dont il faut se féliciter. L’équipe ultra-dominatrice qui baisse un peu la garde, l’adversaire humilié qui se ressaisit un minimum. Et Bath qui empoche un bonus offensif grâce à ses quatre essais dont trois sur des mauls après touche. C’est ça le plus extraordinaire de cet après-midi dominical, que Bath ait pu repartir avec quelque chose après avoir été si longtemps surclassé. On crut même que les Anglais allaient "gagner" la deuxième mi-temps. Ouf, il n’en fut rien, par une dernière relance terrible Raka, Penaud et McIntyre assuraient le "match nul". "Pas grave, nous glissa un observateur. Cette équipe a d’autres chats à fouetter."

Voir les commentaires
Sur le même sujet
Réagir