Ducuing : le pouvoir des mots

  • Nans Ducuing a débuté sept rencontres sur dix du Top 14. Il est un vrai cadre du club bordelais et certaines de ses performances rappellent qu’il fut quatre fois international. Photo Icon Sport
    Nans Ducuing a débuté sept rencontres sur dix du Top 14. Il est un vrai cadre du club bordelais et certaines de ses performances rappellent qu’il fut quatre fois international. Photo Icon Sport Icon Sport / Icon Sport / Icon Sport
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Au delà de ses qualités purement rugbystiques, Nans Ducuing (arrière de Bordeaux) fait la différence par sa personnalité et sa faculté à communiquer.

Son sourire et sa décontraction font plaisir à voir dans un milieu où les joueurs ont parfois si peur de s’exprimer. Les saisons passent et il n’en finit pas de creuser son trou, sans se départir de son humour, son goût des facéties, envers ses potes qui passent en conférence de presse après lui, par exemple, et même des imitations de Michel Delpech.. Nans Ducuing a débarqué en 2015 en Gironde. Quatre ans plus tard, il compte 83 matchs avec le maillot bordeaux, dont 72 en Top 14 et 66 comme titulaire (pour 16 essais marqués). Et visiblement, l’ère Urios n’a pas interrompu ce parcours méritoire. On s’en souvient, Laurent Marti et Raphaël Ibanez étaient allés le chercher en Pro D2, à Perpignan, et son nom ne disait pas grand-chose aux supporters de l’UBB. Il a vite pointé le bout de son nez et fait parler sa pointe de vitesse jusqu’à séduire… Guy Novès en personne. Quatre sélections en 2017, certes pas au meilleur moment de l’histoire du XV de France, mais le bilan est impressionnant pour un gars qui s’est mis assez tardivement au rugby de façon sérieuse.

Solide en défense

Sous l’ère Urios, il a gardé tout son crédit, en tout cas une très grande partie. Il a débuté sept rencontres sur dix possibles depuis le début de la saison, pas mal sachant que sa préparation estivale avait été perturbée par une opération des adducteurs et qu’il a un bon concurrent en la personne de Romain Buros et que Santiago Cordero peut aussi jouer à l’arrière.. Nous l’avons vu excellent par exemple contre le Stade français, le 18 septembre. Nous avons aussi remarqué qu’il était titulaire lors des deux exploits à l’extérieur de l’UBB à Castres et dans l’enceinte du Racing. "Oui, je suis assez content, je fais partie de la rotation instaurée par Christophe Urios un peu à tous les postes. Moi je la vis avec Romain Buros; à chacun notre temps de jeu. On se tire la bourre à chaque entraînement mais ça ne veut pas dire que nous ne sommes pas copains. J’ai l’impression que tout nous tire vers le haut et je peux vous dire que je ne ménage pas mes efforts dans les séances de skills… Christophe Urios jongle avec les chiffres et les statistiques. Il ne m’a pas demandé de changer de style mais je sais ce que je dois travailler. Vous voulez savoir quels domaines ? Vous êtes tatillon…", s’esclaffe-t-il. Puis il s’exécute avec sa franchise coutumière. "Faire les bons choix, au bon moment, toujours garder la tête haute. Mieux guider l’équipe dans la conduite du jeu car le 15 est très important dans notre système. Prendre du recul, toujours aider notre demi d’ouverture. La communication sur un terrain, c’est très important. Je sais aussi que je peux m’améliorer dans mon jeu au pied de déplacement."

On se demanderait presque quelles sont ses qualités… On a l’impression que son adresse est quand même au dessus de la moyenne, que ses relances sont tranchantes, ainsi que sa vision du jeu, notamment les brèches qui s’ouvrent devant lui quand il met le turbo depuis le fond du terrain. On allait oublier son courage en défense. En juin 2017, le sélectionneur Guy Novès n’avait pas caché son admiration quand il avait fait rempart de son corps face à un mastodonte sud-africain. Les félicitations individuelles n’étaient pas si fréquentes dans le discours de l’ancien patron de Toulouse et des Bleus.

Évidemment, l’œil du technicien sera toujours plus aiguisé que le nôtre. "Je dirais : élève sérieux, mais peut mieux faire, détaille Christophe Urios Il a quand même été opéré d’une pubalgie cet été et il a dû revenir vite. La concurrence de Romain Buros fait qu’il ne peut pas enchaîner tous les matchs… Les deux hommes ont un profil similaire avec les mêmes capacités de relance et de vitesse. Mais Nans a un gros point fort, la communication, entre les lignes, avec les joueurs du champ profond, avec les avants. Il nous amène beaucoup là dessus, et notamment dans les questions du positionnement."

Le rugby, ça passe donc encore par les mots. Cela fait plaisir à entendre à une époque où les joueurs semblent parfois robotisés. Ce n’est pas un reproche qu’on fera à Nans Ducuing et à Bordeaux-Bègles, personne ne s’en plaindra.

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