Cible atteinte pour le CO

  • Alex Tulou et Florian Vialelle, exceptionnels d’activités samedi, ont largement contribué à ce beau succès des Castrais, obtenu dans une semi-obscurité après qu’une coupure de courant est venue perturber la fin de rencontre.
    Alex Tulou et Florian Vialelle, exceptionnels d’activités samedi, ont largement contribué à ce beau succès des Castrais, obtenu dans une semi-obscurité après qu’une coupure de courant est venue perturber la fin de rencontre. Midi Olympique / Patrick Derewiany / Midi Olympique
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Les Tarnais ont gagné le match de la peur. Ils ont su faire fi d’un contexte émotionnel et sportif fort pour s’offrir le droit de rêver au top 6, en produisant leur meilleure copie de la saison.

Le virage était annoncé glissant, dangereux. Il fut identifié dès la publication du calendrier officiel du championnat comme une charnière de la saison du Castres olympique et prit encore un peu plus de corps au gré des résultats des deux équipes. Ce match de Noël face au leader lyonnais était un piège qui aurait pu plomber définitivement l’exercice du CO. Car le Castres olympique, douzième au coup d’envoi, devait impérativement gagner cette rencontre capitale pour garder un œil sur le haut du tableau et ne pas se voir condamné à s’enkyster dans le ventre mou du championnat, bien loin des ambitions annoncées en début de saison. Et les Castrais pouvaient craindre la réception de ces Lyonnais, qui même en perte de vitesse depuis un gros mois, affichaient encore des lignes statistiques à même d’effrayer des Tarnais souffreteux. On le sait, les chiffres ne mentent pas : même après cinq défaites lors de leurs six dernières rencontres toutes compétitions confondues, Lyon reste la meilleure attaque du Top 14 avec 34 essais inscrits, et sa deuxième meilleure défense… Voilà qui vous pose une équipe.

Alors, le Castres olympique a fait ce qu’il sait faire de mieux : il s’est resserré en vase clos autour de son identité. "Depuis le match de coupe d’Europe à Newport, on ne parlait que de cette réception de Lyon en Top 14, prévient le manager Mauricio Reggiardo. On n’avait qu’un seul objectif : être prêts le 21 décembre pour livrer un grand match. Nous savions que quoi qu’il arrive avant ou après, c’est ce match qui allait conditionner notre futur proche." Les techniciens tarnais ont alors mis les mains dans le cambouis en multipliant les initiatives. Durant la préparation, les prises de paroles ont été nombreuses. Le staff a organisé trois "séminaires", des journées de réunions, de discussions, d’activités partagées pour souder le groupe, se parler et avancer ensemble. Loïc Jacquet, leader de combat, explique : "Il y a un bon mois qu’il y a du mieux dans ce que nous faisons. La semaine dernière, nous nous sommes réunis pour nous parler. Le staff d’abord, puis le staff et les joueurs. On a essayé d’être constructifs. Nous nous sommes dit que ce club était à part, que cette institution nous dépasse. Nous sommes les représentants d’une toute petite ville et nous devons rendre fiers nos supporters. On ne pouvait pas ne pas remporter ce match." "La force de ce club est et restera son collectif, son histoire. Il ne faut jamais oublier cela", reprend Reggiardo.

Des progrès partout

Joué dans un contexte émotionnel fort, avec le vibrant hommage rendu à Ibrahim Diarra, ex-joueur du CO décédé mercredi dernier, et une coupure de courant obligeant les joueurs à terminer le match dans une semi-obscurité, cette rencontre peut être considérée comme la référence de la saison tarnaise en termes de production rugbystique. Les Lyonnais ont été étouffés, Castres comptait 77 % de possession de balle après trente minutes de jeu et a terminé la rencontre avec 97 % de ses rucks gagnés. Thomas Combezou, sur tous les fronts samedi, analyse : "L’équipe a montré son esprit de corps. On a vu que nous aussi, nous savions jouer au rugby. Nous aussi avons du talent. Il nous manquait peut-être un peu de confiance mais petit à petit les choses se mettent en place. On progresse mais on doit rester les pieds sur terre. Nous avons un gros déplacement qui nous attend avec le voyage à Clermont."

Avant ce déplacement en Auvergne où les Tarnais seraient bien inspirés de glaner leur(s) premier(s) point(s) à l’extérieur, les joueurs du Castres olympique vont pouvoir profiter de quatre jours complets de coupure pour se ressourcer et passer un bon Noël en famille. En remportant ce match de la peur face à Lyon, ils se sont fait un beau cadeau en s’offrant le droit d’être sereins. Ce n’est pas donné à tout le monde et c’est précieux.

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