Gourdon, Plisson... Les revenants morts de faim

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Si les Maritimes ont livré leur prestation la plus aboutie de la saison hors de Deflandre, ils le doivent notamment à des éléments qui retrouvent une féroce envie de jouer.

Àcroire que le Hameau palois est un peu la deuxième maison des Rochelais ces dernières années. Intraitables dans leur temple de Marcel-Deflandre, les Maritimes se sont fait un malin plaisir de venir prendre fréquemment leurs aises sur la pelouse béarnaise. Comme lors de la saison 2016-2017 (13-23), et lors de la saison 2018-2019 (23-28), les Jaune et Noir sont donc venus s’imposer une troisième fois en quatre saisons au pied des Pyrénées. Et là encore, il n’y a rien à redire tant la domination des joueurs de Ronan O’Gara, Grégory Patat et Jono Gibbes fut sans partage. Samedi soir, La Rochelle a délivré une véritable démonstration de force, rappelant dans la lignée de ce qu’elle avait montré lors de la réception d’Agen une semaine plus tôt ce qu’elle savait faire de mieux dans son rugby. Patients, propres, cliniques, appliqués, inspirés et inspirants, les adjectifs ne manquent pas pour décrire cette leçon administrée à leurs hôtes.

Une défense très agressive

Avec des séquences offensives de grande qualité, fruit d’un travail de sape défensif de premier ordre et des turnovers décisifs que ne manquait pas de saluer Grégory Patat. "Le mot d’ordre c’était de gagner les collisions face à ces Palois car on savait qu’ils allaient être rugueux là-dessus et ils allaient jouer leur vie vu qu’ils avaient déjà perdu trois fois à la maison. De toute façon, quand tu gagnes les collisions dans ce sport, c’est plus facile d’imposer ton rythme. Je pense que nous avons répondu plutôt favorablement dans ce secteur-là" appuyait l’entraîneur des avants. Malgré le contexte brûlant, les Rochelais n’ont laissé transparaître ni transpirer aucune inquiétude, ils ont étouffé toutes les velleités adverses, "tout simplement en montant fort et en mettant sous pression" comme le rappelait Jules Plisson.

Thomas Lavault plonge dans l’en-but palois. À l’image du jeune deuxième ligne, les Maritimes n’ont fait qu’une bouchée de leurs adversaires. Photo David LeDéodic
Thomas Lavault plonge dans l’en-but palois. À l’image du jeune deuxième ligne, les Maritimes n’ont fait qu’une bouchée de leurs adversaires. Photo David LeDéodic - MIDOL - Le Deodic David

Le Stade rochelais n’a finalement encaissé qu’un troisième essai en trois matchs, et mieux en a inscrit deux sur interceptions (Plisson, Sinzelle) grâce à ses montées agressives. "Cela fait plusieurs matchs qu’on s’appuie là-dessus et ça porte ses fruits. Nous sentons que notre défense est un vrai atout. À part deux, trois hors-jeu, nous avons réussi à contenir nos adversaires et à récupérer des pénalités gràce à notre défense. Il faut continuer dessus" soulignait le jeune deuxième ligne, Thomas Lavault. Le champion du monde -20 ans avec les Bleuets en 2018, dynamique à souhait et doté d’une très belle mobilité symbolisée par son premier essai en Top 14 de sa carrière, incarne d’une certaine manière ce rugby sans frein et sans limites que veulent mettre en place les Rochelais. "On ne calcule pas les autres, on pense à nous, on fait notre rugby et on avise" rénchérissait Lavault, mort de faim à l’image des revenants Kevin Gourdon, et Jules Plisson.

Les renaissances de Gourdon et de Plisson

Les deux internationaux français, 29 et 28 ans chacun se sont régalés offensivement. Dans une troisième ligne où la concurrence fait rage, et dans laquelle chacun -titulaires et remplaçants- apporte sa pierre à l’édifice, le barbu casqué (aux 19 sélections) a d’abord rappelé que lorqu’il se trouve en confiance, il a sans doute peu d’égal pour déséquilibrer les défenses et faire jouer autour de lui dans l’axe. Son attitude offensive pour cette troisième titularisation consécutive a marqué son retour au premier plan. Diablement joueur, Gourdon s’est régalé comme détonateur de l’attaque rochelaise avec un Tawera Kerr-Barlow, étincelant, qui a su exploiter parfaitement les espaces dans la défense béarnaise. "Offensivement nous sommes sur la bonne voie. Notre jeu offensif demande un gros travail physique et surtout que chacun comprenne son rôle. J’ai l’impression que chacun le comprend de plus en plus et quand tu joues dix dans une équipe comme ça, c’est facile parce que tu as des mecs qui viennent se proposer dans tous les sens. C’est agréable", relevait Plisson, demi d’ouverture aux 18 sélections auteur à nouveau d’une prestation trois étoiles (22 pts) pour sa troisième titularisation consécutive, et tout proche du full-house en quarante minutes (un essai, une passe décisive, un 3/3 dans les coups de pied et un drop manqué). Un sacré retour aux affaires !

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