Dumange : « C’est la mort du rugby »

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Fermement opposé au principe du huis clos, le président de l’USON affirme aussi qu’il pourrait boycotter la reprise, si celle-ci était précipitée...

Quelle est votre position par rapport au dispositif de huis-clos ?

J’y suis complètement opposé. Le huis clos, c’est la mort du rugby. Jouer dans un stade vide, sans partenaires ni supporters, c’est lamentable. Je vais vous dire, on a plus à y perdre qu’à y gagner.

Pourquoi ?

Parce que les gens ne reviendront pas au stade, derrière ! J’ai plus à perdre sur trois mois de huis clos que sur une absence de versement des droits télés (si le championnat ne reprend pas, Canal + ne reversera pas l’intégralité de l’enveloppe aux clubs, N.D.L.R.). Moi, j’attendrai donc que l’économie reparte avant d’envisager une quelconque reprise du championnat. Si on se précipite, on va se casser la gueule. Avant toute chose, il faut laisser le temps aux entreprises de reprendre un semblant d’activité.

A quelle date les championnats pros pourraient-ils reprendre, selon vous ?

Statu quo jusqu’à fin décembre et on redémarre, tranquillement, au mois de janvier 2021. Lorsqu’il n’y aura plus aucun risque... Il faut désormais donner des orientations précises et arrêter de spéculer sur des choses et des dates que nous n’obtiendrons pas.

D’accord...

Comment voulez-vous respecter les gestes barrières dans les vestiaires ou sur le terrain ? Les joueurs, on ne va pas les faire jouer avec des masques, que je sache ! In fine, va-t-on faire du monde du rugby pro un nouveau foyer épidémique d’où ressortira le Covid-19 pour infester le pays ? C’est de l’inconscience...

Vous n’y allez pas de main morte...

Rien ne dit aujourd’hui que j’engagerai ma responsabilité si les matchs reprennent trop tôt. Parce que le jour où il y aura une merde, ce sera le président de club le responsable !

Dès lors, seriez-vous prêt à boycotter la reprise ?

Oui, si elle était précipitée. Le joueur a un droit de retrait, aujourd’hui. Pourquoi pas le président ? S’il y a des risques, je ne les ferai pas prendre aux autres. Mais c’est uniquement une question de conscience personnelle...

Quelle est la situation économique de votre club, aujourd’hui ?

Je suis le moteur financier du club et je ne pourrai combler le déficit plus que ce que je ne l’ai fait par le passé. Je vais donc devoir baisser la voilure. Dans mon entreprise, on fait à l’heure actuelle des réunions pour envisager des baisses de salaires sur certains postes de cadres. Quand on arrive à ce genre d’extrême, on ne peut pas dire aux gens : "Je vais sortir de l’argent de l’entreprise pour le mettre dans le club de rugby." Ce n’est pas possible.

D’accord...

Le sport est une distraction. Ce n’est pas vital. Ce n’est pas lui qui relancera l’économie du pays. Mon vrai métier de chef d’entreprise, c’est de faire redémarrer ma boîte et de préserver des emplois.

Quoi d’autre ?

Aujourd’hui, je ne peux demander à aucun patron d’entreprise aidant le club de Nevers de remettre déjà de l’argent. Dans six mois, huit mois, peut-être... Mais aujourd’hui, c’est impossible...

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