Le grand débat du mercredi : huis clos le sujet qui fâche

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    Le grand débat du mercredi : huis clos le sujet qui fâcheLe grand débat du mercredi : huis clos le sujet qui fâche PA Images / Icon Sport / PA Images / Icon Sport
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S’il est très sérieusement pris par l’ensemble du monde du football, la solution du huis clos remporte une adhésion nettement moindre dans le rugby français. Pour les plus optimistes, elle serait la moins mauvaise des options de reprise. Mais pour d’autres, elle est inenvisageable. Midol ouvre le Débat.

Huis clos. Le terme qui a donné son nom à la fameuse pièce de Jean-Paul Sartre est aujourd’hui sur toutes les lèvres des acteurs du monde sportif. Les grands rassemblements étant toujours interdits dans la grande majorité des pays du monde, l’industrie du spectacle est de fait mise à l’arrêt. à l’arrêt, vraiment ? Plus pour longtemps, espèrent certains. Et ici et là, les projets de reprise de championnats joués à huis clos fleurissent. L’exemple le plus récent est celui de la Premier League, le championnat de première division anglaise. Samedi, nos confrères du Times ont annoncé que le prestigieux championnat pourrait reprendre dès le 8 juin prochain, à huis clos, et s’achever le 27 juillet. Élaboré et présenté avec des représentants d’autres disciplines, le projet de reprise prévoit une limite de 400 personnes présentes par stade, lesquelles auraient été toutes préalablement testées négatives au Covid-19 et testées en fonction de critères médicaux. Voir jouer Liverpool, actuel leader du championnat dans son mythique stade d’Anfield devant 400 spectateurs au lieu des 54 074 réglementaires… Vous imaginez la scène ? Ce serait pourtant une solution nécessaire à l’économie du foot, que l’on sait très dépendante des droits télévisuels.

L’avertissement de Lacroix

Seulement voilà, le foot n’est pas le rugby. Et du côté de la balle ovale, cette option n’enchante pas grand monde, bien au contraire. Il y a moins de deux semaines, le président clermontois Eric de Cromières tentait de peser le pour et le contre : "Le huis clos présente un intérêt économique : les matchs seraient joués et Canal + pourrait dédommager la totalité ou une partie des 15 millions d’euros qu’il lui reste à verser au titre des droits télés. Autre avantage, sportif : on trouverait une issue à cette saison avec un champion et des clubs qualifiés pour la Coupe d’Europe. L’inconvénient, c’est le coût financier pour les clubs : les huis clos coûtent très, très cher." Mais n’allez pas croire que les autres présidents sont aussi nuancés. Bien que son équipe ait jusqu’ici marché sur le championnat et pouvait espérer une belle fin de parcours, le Girondin Laurent Marti déclinait cette option : "Le huis clos, c’est la plus mauvaise des solutions. Je peux comprendre la logique du football avec la prédominance dans leur économie des droits TV, mais pour ne parler que de l’UBB, le partenariat et la billetterie pèsent quatre fois plus que les reversions télévisuelles dans notre budget." Un point de vue partagé par son voisin toulousain Didier Lacroix qui, dans nos colonnes, a lancé cet avertissement : "Le rugby, dans son économie actuelle ne peut pas vivre à huis clos. On peut éventuellement jouer un ou deux matchs, mais tous ceux qui sont dans l’économie réelle se retrouvent avec 75 % ou 80 % de cette économie des sponsors, de la billetterie et de l’ensemble des annexes qui tournent autour des matchs, à savoir l’animation mise en place. Nous, on a plongé à fond là-dedans. À huis clos, à Toulouse mais aussi dans d’autres clubs, le rugby actuel ne tient pas plus d’un mois et demi, c’est une certitude."

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Les commentaires (2)
Delepine Il y a 4 mois Le 29/04/2020 à 16:58

Le huis-clos c'est tout le contraire de l'esprit du rugby. J'accepte le professionnalisme. Je regarde hélas plus de matchs de rugby sur mon écran (TV ou PC) que dans une tribune ou au bord d'un stade. Mais l'idée de voir 30 mecs (our 46) s'affronter uniquement devant 10 caméras de Canal+ (que je paye moi chaque mois) et deux commentateurs TV quelque soit sur talent et leur chaleur, me rapprocherait d'un monde virtuel dont je n'ai pas envie. Pardon, je suis peut-être romantique, mais j'ai besoin de sentir l'homme sur un terrain, au moins dans mon cerveau si ce n'est dans mon coeur. Le 8-clos ce sera sans moi, mais peut-être que je suis un "has-been" pré-omnipotence des réseaux sociaux.

Krisovalie Il y a 4 mois Le 29/04/2020 à 13:41

Que de temps perdu en palabres stupides alors qu'il serait mille fois plus simple de ne plus parler de la saison 2019/2020 qui est à oublier très vite pour ne se consacrer qu'à la nouvelle saison à venir