Des arbitres payés par la FFR ?

  • Jamie TAULAGi of Agen during the Top 14 match between Racing 92 and Agen at Paris La Defense Arena on October 12, 2019 in Nanterre, France. (Photo by Sandra Ruhaut/Icon Sport) - Jamie TAULAGI - Paris La Defense Arena - Paris (France)
    Jamie TAULAGi of Agen during the Top 14 match between Racing 92 and Agen at Paris La Defense Arena on October 12, 2019 in Nanterre, France. (Photo by Sandra Ruhaut/Icon Sport) - Jamie TAULAGI - Paris La Defense Arena - Paris (France) Icon Sport / Icon Sport / Icon Sport
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Parmi les quinze engagements de campagne de Bernard Laporte, il en est un qui devrait soulever de l’enthousiasme au sein des clubs : la prise en charge du défraiement des arbitres par la FFR et les Ligues.

C’était un vendredi soir à Miélan, quelque part dans le Gers. Bernard Laporte tenait son quatrième meeting de campagne. Les échanges allaient bon train, les sujets étaient variés. Mais l’un d’eux n’a pas manqué d’interpeller celui qui est candidat à sa propre succession à la tête de la FFR. Ledit sujet touche au défraiement des officiels de match. Ce soir-là, c’est un président de club de Fédérale 2 qui a encore soulevé le problème. « Pour nous, cela représente 6 000 euros par an et c’est énorme », se plaignait le bénévole. Une complainte venue sur la table déjà à de nombreuses reprises lors des trois premiers rendez-vous de campagne. Insupportable pour Laporte qui s’est immédiatement tourné vers son trésorier Alexandre Martinez afin que ce dernier planche sur une solution. « Ça fait partie de notre programme de quinze engagements, souligne le patron de la trésorerie fédérale, qui sera reconduit dans ses fonctions en cas de réélection de la liste menée par Laporte. Le 7e engagement concerne le rapprochement encore plus fort entre la FFR et les clubs. Il y a plusieurs dispositions à l’étude, dont la simplification du défraiement des officiels de matchs qui, aujourd’hui et traditionnellement se passe sous la forme d’une remise de chèque à la fin de la rencontre. J’ai été président d’un club (Lavaur) pendant dix ans, je sais que ça se passe bien. Mais la pratique peut laisser une grande place à l’imagination. En fait l’idée, c’est de généraliser ce qui se passe déjà au niveau de deux ligues. En effet, deux de nos ligues procèdent elles-mêmes au défraiement de façon différée. Il n’y a donc plus cette relation entre le club et les officiels de match qui peut troubler à la fin de la rencontre. L’idée de notre président-candidat, c’est de voir comme nous pourrions élargir cette mesure à l’ensemble des compétitions, y compris les compétitions fédérales. Et quel rôle peut jouer la FFR dans le cadre de cet élargissement. »

Entre sept et neuf millions d’euros par an

« Forfaitiser les défraiements des officiels de match et les gérer sous forme de prélèvements bi-annuels afin de faciliter la gestion des dirigeants », est-il écrit dans les engagements de campagne de Bernard Laporte. En clair, le candidat souhaite, par-delà la simplification, soulager les clubs financièrement et prendre en charge le défraiement des arbitres. « C’est un projet très ambitieux tant au niveau financier au bénéfice des clubs, qu’en termes de simplification, souligne encore Alexandre Martinez. Serons-nous capables de tout prendre en charge immédiatement ou le ferons graduellement ? L’objectif, c’est de supprimer cette relation entre les clubs et les officiels de match et que la FFR et les ligues se substituent à cette relation. »

Évidemment, les clubs ne seront pas insensibles à une telle mesure. « Pour un club de Fédérale 1, comme celui dont j’ai été président pendant dix ans, cela représente entre dix et douze mille euros, précise Martinez. Les montants sont donc potentiellement conséquents. » Pour l’heure, l’étude est en cours. Mais selon plusieurs sources, l’estimation se chiffre entre sept et neuf millions d’euros par an. Dans son idée Bernard Laporte compte probablement sur une ressource financière importante directement liée à l’entrée du fonds d’investissement CVC au capital du Comité du Tournoi des 6 Nations. « Nous avons déjà fait beaucoup de choses sans avoir le versement de CVC, rétorque Alexandre Martinez. Nous ne ciblons pas nos dépenses par rapport à des recettes. » Certes, mais cela entrerait dans le cadre de la redistribution financière promise par Bernard Laporte.

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