À Toulouse les occasions, à Exeter la finition

  • Alec Hepburn (Exeter Chiefs).
    Alec Hepburn (Exeter Chiefs). PA Images / Icon Sport
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A l’arrivée, l’analyse paraît des plus simples : exeter a été très réaliste, notamment avec son jeu d’avants millimétré. toulouse, audacieux, a été trop fébrile dans les zones de marque.

« Cette équipe a une grande capacité à multiplier les temps de jeu, à tenir le ballon, à répéter les actions… » Quarante-huit heures avant l’impact, Ugo Mola avait visé on ne peut plus juste en présentant la principale menace du camp d’en face. Elle ne venait pas des solistes Stuart Hogg ou Jack Nowell mais de ce paquet d’avants à l’organisation millimétrée et à l’application robotique.

À Sandy Park, samedi, le grand huit britannique a, malheureusement pour les Stadistes, été fidèle à sa réputation. A trois reprises : aux 31e, 40e et 60e minutes, les Chiefs ont trouvé la faille au cœur de la défense adverse grâce à une patience à toute épreuve, à leur science du combat dynamique et à une audace remarquable, allant jusqu’à refuser la moindre pénalité. Un parti pris comme une marque de confiance inébranlable. Leurs vingt et un premier points sont venus de ces actions copié-collé, initiées par les fers de lance Simmonds et Williams. Même la plus forte des volontés et la plus méticuleuse des préparations vidéo n’ont permis aux Rouge et Noir d’éviter le presque inévitable.

« Proche des lignes, c’est un des collectifs les plus redoutables qui soit, confirme Ugo Mola. Ils marquent un nombre incalculable d’essais sans forcément aller en touche, en jouant des pénalités à la main, nous le savions. Je crois qu’elle en est à son douzième essai depuis la reprise. Ils sont patients quand nous n’avons pas été en mesure de l’être. Ils sont jusqu’au-boutistes, c’est quelque chose qu’ils ont l’habitude de faire et de maîtriser dans leur championnat. Ils ont cette énergie et cette capacité à enchaîner les tâches. Et au fil de l’action, ils arrivent à prendre le dessus.C’est une très bonne équipe, peut-être méconnue du côté français, mais cela fait trois, quatre ans qu’elle est redoutable dans ces zones-là. »


Un réalisme à double tranchant car les Anglais ont en plus scoré dans des moments clés : à la demi-heure, après une entame nettement en faveur des visiteurs, puis juste avant la mi-temps pour prendre les devants au tableau d’affichage. « Ce qui nous coûte très, très cher aujourd’hui, c’est cet essai de fin de première période, reprend le manager. Nous venons de marquer cet essai qui est plutôt à l’image de notre première mi-temps où, face au vent, nous arrivons à vraiment contenir Exeter dans son camp. Et puis, il y a ce renvoi, la percée d’Alban Placines et derrière, nous sommes pris sur la zone d’affrontement avec Jerome Kaino. Et nous enchaînons les éléments contraires qui nous amènent à tourner à la mi-temps à 11-14 alors que nous faisons une première mi-temps plutôt maîtrisée. Après, nous avons eu du mal à inverser cette tendance même si nous avons les opportunités. »

Mola : « Nous ne nous sommes pas reniés »

Assurément, les Toulousains possédaient autant de talents et d’expérience — les statistiques des deux formations sont d’ailleurs comparables — mais ils n‘ont pas su les convertir en points. Pas suffisamment en tout cas : « L’équipe a pris des points trop facilement et a été trop fébrile proche des lignes », enrage François Cros. En défense, l‘absence des deux frères Arnold a fragilisé les Toulousains dans l’épreuve du bras de fer. Les 82 % de réussite au plaquage ne suffisent pas à ce niveau de la compétition. De l’autre côté du terrain, une poignée de mauvaises décisions a ruiné leurs efforts et leurs belles intentions (sept franchissements et vingt-six défenseurs battus).

Ugo Mola (Toulouse).
Ugo Mola (Toulouse). PA Images / Icon Sport

« D’habitude, nous sommes plus prolifiques sur l’aspect offensif mais ils nous ont bien endigué nos attaques. Cela fait râler. Sur l’état d’esprit et la capacité à s’envoyer, il n’y a rien à regretter. Nous ne nous sommes pas reniés », tempère Ugo Mola. Les images de ce temps fort anéanti par un en-avant imaginaire puis de ce surnombre gâché à l’heure de jeu, avec Kolbe oublié en bout de ligne, hanteront quelque temps les esprits stadistes. « Je crois que nous avons eu les opportunités, notamment sur la deuxième partie de première mi-temps où nous sommes vraiment en train de les marquer physiquement. Puis à 11-21, nous avons cette occasion proche des lignes qui nous aurait remis dans le match. Nous nous affolons un peu, nous essayons d’y aller de manière un peu individuelle et pas assez collective », déplore Ugo Mola. Son troisième ligne appuie : « Il y a eu trop d’impatience et nous sommes tombés sur un adversaire qui a rarement lâché. Nos actions franches n’ont pas été suffisamment validées, notamment en première période. Eux à chaque fois qu’ils sont venus chez nous, ils sont repartis avec des points. C’est la leçon à retenir. »

Ugo Mola, beau joueur, s’incline sans peine devant la supériorité du vainqueur du jour : « Nous n‘étions pas si loin mais Exeter était au-dessus de Toulouse. » Supérieur dans un domaine, en tout cas: le réalisme. Le plus important de tous, assurément.

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