La situation en Île-de-France : une grande souplesse au programme

  • Jérôme Bousquet, président du PUC Jérôme Bousquet, président du PUC
    Jérôme Bousquet, président du PUC
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Les clubs franciliens sont très affectés dans leur activité par le couvre-feu et la restriction d’utilisation des vestiaires.

À l’écho du président de Courbevoie, qui déclare avoir perdu 50 % de son volume d’entraînement, les autres présidents franciliens des clubs fédéraux, abondent dans une estimation assez proche. "On doit se débrouiller pour optimiser le temps, relate Jérôme Bousquet, celui du Puc. C’est faisable, mais à la condition d’une vraie gymnastique, en rognant sur le terrain des jeunes. Et quitter son travail pour venir s’entraîner à 19 h 00 n’est pas simple pour tout le monde". Une autre problématique se lève au moment des déplacements. Dimanche dernier, en déplacement au Rheu, les Orcéens ont pris le car à 6 heures et avalé un sandwich en roulant. Les deux matchs avaient été avancés d’une heure de façon à rentrer avant le couvre-feu. Ils ont réussi à prendre deux victoires sur ce coup-là, mais l’opération ne sera pas toujours aussi fructueuse. Et elle nécessite l’accord des clubs recevants. Pour ce week-end, Courbevoie n’a pas réussi à convaincre les dirigeants de Surgères de modifier le programme initial. L’opposition a été reportée, et le calendrier alourdi en conséquence. "La fédération doit imposer une modification des horaires pour que cela ne se fasse pas au cas par cas", dit Paul Tremsal, le président d’Orsay. Sur le plan local, en Ile-de-France, cette rupture d’équité est tout autant marquée au sein même de la zone de couvre-feu pour les équipes régionales.

Des situations très disparates

À Paris, où les installations sportives multimodales sont surchargées d’activités, la situation interdit généralement toute souplesse dans la programmation des créneaux. Les vacances scolaires, et la mise en pause des championnats régionaux, ont déplacé de quinze jours la problématique. Elle ressurgira à la reprise. La seule solution pour les équipes seniors, sera de diviser les créneaux des jeunes pour en faire profiter les vieux. Ce qui aurait pour effet de créer au rugby une modélisation de la situation nationale, où la "priorisation" des anciens au détriment de la jeunesse deviendrait la règle indépassable. S’agissant de l’utilisation des vestiaires, où partout la restriction est de mise, la situation est très variable sur l’ensemble de la ligue. Dimanche dernier, au stade Ladoumègue, dans le XIXème arrondissement, les quatre-vingt douze joueurs des équipes réserves et premières du Paris XO et de l’Union Centre 78, ont été contraints de se changer sur le terrain et de déposer leurs sacs en bordure, alors que s’ébrouait aux alentours la population du dimanche. "Sur le plan de la sécurité des affaires, on ne peut vraiment rien garantir, avouait l’un des membres du club parisien. Et nous avons eu de la chance que le soleil soit de la patrie".

Le lendemain, sur Paris, la température avait chuté de dix degrés et la pluie tombait drue. Christophe Renoncial, le président du Rugby Sud 77, a reçu en début de semaine un courrier de sa municipalité lui interdisant l’utilisation des terrains pour ses équipes seniors. "J’ai fini par obtenir gain de cause, car la municipalité avait interprété de façon trop stricte une directive préfectorale", explique-t-il. " Il y a une superposition des couches administratives, commente Florian Grill, le président francilien. Quand les municipalités ne veulent prendre aucun risque, la pratique devient très compliquée. Inévitablement, une question se pose : à partir de quel moment il deviendra plus improductif de jouer, plutôt que de ne pas jouer ? La possibilité de perdre des licenciés semble réelle dans les deux cas".

Guillaume Cyprien
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