Paris, un succès en trompe- l’œil ?

  • William PERCILLIER of Stade Francais celebrates his try with Telusa VEAINU of Stade Francais
    William PERCILLIER of Stade Francais celebrates his try with Telusa VEAINU of Stade Francais Icon Sport - Icon Sport
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Paris s’est très largement imposé dans le clasico, faisant étalage de sa capacité à jouer toutes les formes de jeu. Un succès qui fait du bien mais n’ôte pas les doutes.

Le Stade français s’est très largement adjugé le Clasico. Et sans faire offense au champion de France toujours en titre, il est même permis d’affirmer que le club de la capitale a étrillé le Stade toulousain. À la pause, les Parisiens avaient déjà le bonus offensif en poche grâce à quatre essais inscrits contre un seul marqué par les joueurs de la ville rose. Un succès qui ne souffre d’aucune contestation. Les joueurs de Gonzalo Quesada ont su prendre le match par le bon bout et exposer leurs facultés à jouer toutes les formes de jeu. Un premier essai moins de cinq minutes avant le coup d’envoi sur une action rondement menée sur toute la largeur du terrain et conclu par le trois-quarts centre Julien Delbouis.

Dans un début de rencontre très rythmé, les Stadistes ont ensuite imité le XV de France passé maître dans l’exploitation des ballons de récupération. Le deuxième essai (8e) est né d’un « contest » parfait du deuxième ligne Paul Gabrillagues et vite exporté sur l’extérieur jusqu’à l’ailier australien Naivalu, avant que Telusa Veainu ne se faufile au milieu du ruck pour servir intérieur Arthur Coville. Quant au troisième essai, il est venu d’un ballon porté bien structuré avant que Joris Segongs, lisant parfaitement la montée agressive toulousaine, ne délivre un jeu au pied rasant millimétré pour Jonathan Danty (14e). Et comme si les Parisiens avaient souhaité étaler encore un peu leurs domaines de compétences, le talonneur australien Latu inscrivait le dernier essai de la première mi-temps sur un ballon porté. À tout dire, pour quiconque ne connaissant pas le contexte toulousain, le compte rendu a de la gueule. Il est même flatteur. Et laisse penser que le Stade français s’est transformé en machine à piétiner ses adversaires.

Que vaut vraiment ce Stade français ?

Seulement voilà, force est de s’interroger : les planant autour du club de la capitale avant la rencontre ont-elles été levées ? La faible opposition toulousaine permet d’en douter. Jusque-là, le Stade français ne s’était imposé que contre Castres et Agen, deux équipes en souffrance depuis le début de saison. Surtout, il a déjà failli deux fois à domicile, dont la première contre l’Aviron bayonnais, pas franchement l’un des cadors du Top 14. Et lors de la dernière journée, malgré une bonne performance dans le derby parisien, Yoann Maestri et ses partenaires avaient fait preuve de fébrilité et d’un certain manque de jugeote dans le « money-time » leur coûtant la victoire.

Au moins, ce dimanche, les Parisiens ont bien construit leur match. En témoigne leur gestion en début de seconde période. Avant de se lancer dans un « hourra rugby » qui sied bien à ce genre de rencontre déséquilibrée, le demi d’ouverture Joris Ségonds s’est appliqué par deux fois à faire gonfler le score grâce à la précision de son jeu au pied. Deux pénalités durant les dix premières minutes du deuxième acte (34-7), avant d’ajouter deux derniers essais par Paul Gabrillagues (54e) et William Percillier (73e). Le tout pour une victoire importante sur le plan comptable. Mais qui n’ôte pas encore les interrogations qui planent sur la valeur réelle du Stade français.

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