Pour les Bleus, le Tournoi de tous les dangers

  • Pour la première fois, Fabien Galthié est confronté à des blessures de ses joueurs cadres comme Virimi Vakatawa. Et ce, alors que les Bleus de Matthieu Jalibert se déplaceront à trois reprises dans le Tournoi et notamment à Twickenham. Photos Icon Sport
    Pour la première fois, Fabien Galthié est confronté à des blessures de ses joueurs cadres comme Virimi Vakatawa. Et ce, alors que les Bleus de Matthieu Jalibert se déplaceront à trois reprises dans le Tournoi et notamment à Twickenham. Photos Icon Sport
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Fin de l’état de grâce, déplacements périlleux et hécatombe de blessures : ce talentueux XV de France s’apprête-t-il traverser sa première zone de turbulences ?

Il y eut, comme après chaque prise de fonctions d’un sélectionneur, le temps de l’état de grâce. À propos de l’équipe de France de Fabien Galthié, trois des plus grands techniciens du monde ovale ne tarissaient pas d’ailleurs d’éloges la semaine dernière, dans nos colonnes. "Lorsque l’on aborde une Coupe du monde, disait d’abord Robbie Deans, il faut se poser la question suivante : "Combien de mes joueurs auraient-ils leur place dans un quinze mondial, s’il en existait un ?" Je réponds qu’avec Antoine Dupont, Grégory Alldritt, Virimi Vakatawa, Romain Ntamack ou Cyril Baille, l’équipe de France possède quelques-uns des meilleurs joueurs du monde à leur poste." Steve Hansen, l’ancien boss des All Blacks, poursuivait : "L’équipe de France a changé du tout au tout : elle est agressive, dangereuse, assise sur un vrai projet de jeu et surtout portée par une énergie incroyable, l’énergie d’une nouvelle génération vraiment très douée. Ces mecs semblent jouer sans la moindre peur." La conclusion amenée par l’Australien Michael Cheika avait, elle, du sens : "En regardant l’équipe de France et sa progression depuis l’arrivée de Galthié, je me dis simplement que les Français seront favoris du Mondial 2023."

Aussi argumentés soient les compliments de Deans, Hansen ou Cheika, l’état de grâce est supposé durer un an, Galthié en a conscience et sait, plus que quiconque, que le deuxième Tournoi de sa jeune carrière de sélectionneur sera indéniablement plus ardu que le premier, terminé au coude à coude avec l’Angleterre…

Virimi Vakatawa est irremplaçable

Déjà, l’effet de surprise ne jouera plus en faveur de la talentueuse jeunesse tricolore et, que l’on s’appelle Gabin Villière, Baptiste Pesenti, Anthony Jelonch, Mohamed Haouas ou Matthieu Jalibert, il faudra désormais composer avec, en face, la volonté de l’adversaire de rivaliser avec ce qu’il se fait de mieux sur le vieux continent. Ensuite, et c’est le plus gênant, les coéquipiers de Charles Ollivon seront moins frais qu’ils ne l’étaient à l’automne, une époque où ils avaient renversé tous les pronostics, notamment en poussant l’Angleterre dans ses derniers retranchements avec une équipe de présumés réservistes. "C’est de saison, nous confiait simplement Brice Dulin, la semaine dernière. En hiver, les terrains sont plus lourds, l’enchaînement des matchs commence à se faire sentir et parfois, les corps lâchent." Le titulaire à l’arrière du XV de France a beau jouer les fatalistes, il a lui aussi conscience que la sélection a beaucoup perdu de sa valeur boursière sur les trois dernières semaines. Après tout, Vakatawa (entorse du genou) et Ntamack (fracture de la mâchoire) font partie, comme le disait Robbie Deans des meilleurs joueurs du monde à leur poste et, en ce sens, seront difficilement remplaçables dans le système tricolore. Qu’on le veuille ou non, Virimi Vakatawa a quelque chose que ne possède aucun autre de ses concurrents et Arthur Vincent, annoncé aux côtés de Gaël Fickou en Italie, a beau avoir du cœur, il n’aura jamais le talent du Franco-Fidjien.

Twickenham, l’Aviva: quel programme !

Enfin, la nouvelle détérioration de l’épidémie a contraint le XV de France à réduire son groupe à 31 joueurs du début à la fin de la compétition afin de sacraliser la bulle sanitaire. Si ce dispositif devrait permettre aux hommes de Fabien Galthié d’être préservés du Covid et de son variant anglais, il empêche en revanche le sélectionneur national d’élargir son réservoir à quarante-deux soldats (les "septistes", actuellement à Nice pour préparer le tournoi de Madrid préui mi février, ne devraient pas être avec les Bleus à Marcoussis les semaines suivantes) et ainsi procéder aux traditionnels "entraînements à haute intensité" dont il avait fait sa marque de fabrique, à l’hiver 2020. À l’heure où les Bleus s’apprêtent à se déplacer à trois reprises (Angleterre, Irlande et Italie), l’opposition ressuscitée par "Galette" eut été pourtant précieuse…

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