6 Nations : place au jeu !

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Pour la première fois de sa longue histoire, le Tournoi 2021 doit se disputer privé de sa substantifique moelle, à savoir ses ambiances légendaires et la grande transhumance de ses supporters. Mais pas question pour autant d’y voir une compétition au rabais...

Réunis en visioconférence le 7 janvier, les sages du Comité des 6 Nations ont tranché : si les compétitions annexes ne se disputeront pas en temps et en heure, le Tournoi des 6 Nations masculin aura bien lieu aux dates prévues, malgré la situation sanitaire actuelle qui touche de plein fouet les îles britanniques (hasard ou pas) depuis le Brexit. Les caciques de ce jeu ayant décrété qu’avec la mise en place d’un protocole strict, sur la base de celui qui a été utilisé en novembre dernier lors de la Coupe d’Automne des Nations, les matchs devraient pouvoir se tenir coûte que coûte, quand bien même les deux dernières journées de la Coupe d’Europe n’ont pas pu se tenir, la faute à ce variant anglais de la covid-19 plus menaçant que jamais. Officiellement pour préserver le joyau du rugby mondial, à peine plus officieusement pour ne pas totalement s’asseoir sur la manne des 110 millions d’euros de droits télé, si essentiels dans les budgets des Fédérations.

Alors, tant pis pour les dizaines de milliers de supporters privés de stade, dont la transhumance ne constitue rien moins que l’âme de la vénérable compétition. Et plus encore pour ces ambiances si différentes, de la bouillante Cardiff au si auguste Twickenham, de l’exaltée Dublin à la solennelle Édimbourg, qui fondent depuis toujours le révélateur ultime entre les très grands joueurs et les autres…
 

L’ombre de CVC

Il y aura donc une compétition, privée de couleur, d’odeurs et de substance. Mais une compétition quand même, de très haut niveau, dont l’enjeu sera comme tous les ans le titre honorifique de meilleure équipe d’Europe. Une lutte dans laquelle l’éternelle Angleterre de Maro Itoje, Owen Farrell et consorts, vice-championne du monde et tenante du titre, et la France de Charles Ollivon et Antoine Dupont constitueront comme au bon vieux temps les favoris les plus légitimes, face à des nations celtes vieillissantes comme le pays de Galles ou l’Irlande, et une Écosse certes séduisante, mais qui aura le désavantage de se déplacer à Twickenham et au Stade de France… De quoi en déduire que le climax de cette édition pourrait avoir lieu en Angleterre, pour la revanche de la finale de la Coupe d’Automne où les Bleus évolueront cette fois avec la meilleure sélection possible ? C’est tout le mal qu’on se souhaite même si, à l’heure où nous écrivions ces lignes, on ignorait encore à quelle date le match pourrait avoir lieu…

Initialement prévue le 13 mars, la rencontre était en effet aux dernières informations susceptibles de se voir décalée au 28 mars, au cas où l’interdiction faite aux équipes françaises de se déplacer Outre-manche par le gouvernement serait maintenue jusqu’au printemps… Un contexte si incertain qu’il poussa même les organisateurs jusqu’à imaginer en début d’année une compétition en vase clos… à Dubaï ! Loufoque ? Peut-être.

Mais en cette drôle de période, toutes les hypothèses étaient à prendre en compte pour rassurer le fonds d’investissement CVC, au moment de concrétiser son désir d’entrer au capital des 6 Nations. Un dernier sujet dont on ne sait même plus aujourd’hui s’il faudrait la considérer comme une bonne nouvelle avec un apport substantiel de cash pour des Fédérations exsangues, ou un drame moral avec la vente pure et simple de l’âme de la compétition au grand capital…

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