Kayser : « Journaliste, c’est un vrai métier... »

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Contexte sanitaire oblige, aucun journaliste, ni consultant de France Télévisions n’avaient fait le déplacement à Twickenham. Une première dans l’histoire de France télévisions. Benjamin Kayser, était seul sur place, un envoyé « très spécial » dixit Lartot. Retour sur expérience.

C’était une première historique. Samedi, France télévisions a retransmis le « crunch » entre le XV de la Rose et l’équipe de France sans que ses journalistes ne soient présents dans le stade pour commenter la rencontre. « On ne s’en réjouit pas, disait Pascal Golomer, Directeur délégué aux sports, en charge de l’éditorial. Mais nous n’avions pas d’autres possibilité en raison du contexte sanitaire et de l’impossibilité de voyager que d’animer cette après-midi rugby depuis notre siège parisien. »

Mathieu Lartot et son consultant Dimitri Yachvili étaient donc en plateau avant le coup d’envoi de la rencontre, débutée à 17h45, en compagnie de Cédric Beaudou et Cécile Grès. C’est de là qu’ils ont ensuite commenté la défaite des Bleus en essayant de se saisir de l’émotion suscité par une rencontre crispante jusqu’à la dernière minute. Avec un franc succès. Surtout, ils ont pu s’appuyer à plusieurs reprises sur Benjamin Kayser, seul représentant de France télévisions, autorisé à assister au « Crunch ». Et pour cause. L’ancien talonneur vit à 45 minutes de Londres. « Il est un peu notre correspondant permanent de l’autre côté de la Manche depuis quelque temps, souriait avant la rencontre Pascal Golomer. Nous le remercions d’avoir bien voulu accepter cette mission. Habituellement, nous mettons un point d’honneur à ce que cette fonction soit tenue par un journaliste, mais pour l’occasion Benjamin remplira cette fonction. » « J’en suis très heureux et flatté, s’enthousiasmait l’ancien talonneur international vendredi après-midi. Évidemment, j’aurai ce rôle de journaliste qui n’est pas le mien, mais je vais m’adapter. »

Ironie de l’histoire, l’ancien clermontois, formé au Stade français, s’est retrouvé face à celui qui a lancé sa carrière professionnelle. Sa première intervention en avant-match a justement été d’interroger Galthié. « Journaliste, c’est un vrai métier, et ce n’est pas le mien, s’est désolé Kayser à l’issue de la rencontre. Poser des questions au sélectionneur qui a été mon entraîneur durant trois ans, ce n’était pas simple. Je n’avais pas envie de l’enquiquiner avant car il était tendu, pas envie de l’emmerder après car il était déçu. Bref, ce n’était vraiment pas évident. »

En suivant, il est intervenu une fois durant la première période. A plusieurs reprises durant la seconde notamment à l’instant d’annoncer les changements. Sa langue a fourché sur le prénom de Mohamed Haouas, mais sa spontanéité lui a permis de s’en tirer par une pirouette. « Je me pèle, je suis seul au monde et j’ai une excuse : il commence à faire -2°C. » Une touche d’humour qui a provoqué quelques rires de Lartot et Yachvili. « J’étais au bord du terrain mais pas au centre, a-t-il expliqué plus tard. J’étais seul au monde dans une petite zone délimitée. Je n’ai pu avoir aucun contact ni avec le staff, ni avec les joueurs, sauf durant les interviews à bonne distance derrière une barrière. J’avoue que ça a parfois été difficile car j’étais loin des remplaçants, à trente ou quarante mètres. Je ne voyais pas tout ce qui se passait. J’avais des gens qui passaient devant moi, parfois avec des panneaux publicitaires. Bref, c’était le bronx. » Dans sa voix, de la bonne humeur et de la lucidité. N’est pas Cécile Grès qui veut. « C’était un one-shot, j’étais vraiment là pour dépanner. Et puis, la complexité, c’est qu’il y avait un décalage entre le live à Paris et moi à Londres. J’étais en avance, mais mes réponses mettaient du temps à arriver. Et puis, je n’avais pas de retour vidéo, je ne voyais pas les réactions de Mathieu et Dimitri. »

In fine, Benjamin Kayser a confessé avoir passé « un bon moment », avoir vu « un super match », avoir croisé d’anciens partenaires « tant du côté anglais que français », ce qui lui a procuré plaisir et émotions. Mais, par delà la défaite des Bleus l’ayant attristé, il aspire rapidement à reprendre son rôle de consultant. Et d’insister : « Je vous jure que journaliste, c’est n’est pas un métier facile. »

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