Ntamack-Jalibert, concurrence frontale et impossible cohabitation

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    Ntamack-Jalibert, impossible cohabitation ?
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Alors que les deux hommes comptent le même nombre de titularisations à l’ouverture sous l’ère Galthié, les possibilités d’association de Ntamack et Jalibert s’amenuisent de plus en plus, à l’heure où le sélectionneur compte affiner son équipe type. La concurrence frontale apparaît ainsi plus inévitable que jamais. Sujet sensible en perspective, à un mois d’affronter les Blacks…

C’est l’histoire d’une abondance de biens, dont l’enjeu pour Fabien Galthié ne doit surtout pas nuire au XV de France… Avec Romain Ntamack et Matthieu Jalibert, le sélectionneur sait pertinemment qu’il dispose à l’ouverture de deux pépites qui pourraient postuler comme titulaires dans n’importe quelle sélection au monde. C’est peut-être une première, dans l’histoire du XV de France. Le problème ? Il est que, jusqu’à plus ample informé, il n’y a de la place que pour un seul numéro 10 sur un terrain de rugby. Tout juste de retour d’Australie, l’entraîneur de l’attaque Laurent Labit avait bien ouvert dans nos colonnes la voie à une réorganisation de la ligne de trois-quarts autour d’un cinq-huitième («ce qui sera peut-être intéressant en attaque, la saison prochaine, c’est de jouer avec ce qu’on appelle un 5/8e au poste de premier centre, c’est-à-dire un deuxième joueur capable de bien lire les situations pour aller chercher de l’avancée par le pied dans le deuxième ou le troisième rideau»). On peine toutefois à imaginer dans les faits Ntamack être décalé au centre, dans la formule qui avait souri aux Bleuets en 2018 pour leur sacre mondial.

À ce stade du projet 2023, il semblerait stupide de dissocier une charnière Dupont-Ntamack qui rayonne dans son club. Elle le tient d’ailleurs à bout de bras, depuis le début de la saison. Surtout, Romain Ntamack semble lui-même plutôt fermé à l’idée de se décaler en 12, ainsi qu’il l’a lui-même exprimé dans ces colonnes. «Si je dois jouer un ou deux matchs en 12, j’y jouerai avec plaisir, annonçait-il dans Midi Olympique au début de la saison dernière. Mais je veux qu’on me voie comme un ouvreur, car c’est mon poste de prédilection. J’aime être ouvreur, c’est mon poste. Et l’imminence de la Coupe du monde m’a fait prendre conscience de certaines choses.» Dont acte…

Des relations au mieux cordiales

Quant à la possibilité de faire reculer Matthieu Jalibert à l’arrière, évoquée depuis désormais deux ans par le staff du XV de France, mais jamais mise en œuvre dans les faits ? On semble, là aussi, au point mort. D’abord, Brice Dulin est revenu du diable Vauvert, dont la qualité du pied gauche constitue le meilleur argument puisqu’il est le seul dont dispose Galthié. Également parce que Melvyn Jaminet a explosé aux yeux du rugby français au mois de juin, incarnant une alternative des plus crédibles.

Surtout, à l’instar de Ntamack, Matthieu Jalibert s’avère plutôt réticent à un changement de poste, où il n’a d’ailleurs évolué qu’épisodiquement avec l’UBB (seulement une titularisation au mois de mars 2021, et trois autres… quatre ans plus tôt !). De fait, il ne semble désormais pas y avoir d’autre option pour le staff des Bleus que de gérer une concurrence aussi forte que frontale, entre deux joueurs dont les relations demeurent au mieux cordiales. Le simple fait que Matthieu Jalibert se soit senti obligé de s’en expliquer sur RMC en est, à ce titre, la preuve la plus tangible… «Par rapport à Romain, je trouve que les médias en font trop, jurait le Bordelais. Quand je vois certains articles, j’ai l’impression qu’on se déteste, que l’on n’a pas une bonne relation alors que pas du tout. […] Nous ne sommes pas les meilleurs amis du monde parce que nous ne sommes pas dans le même club et pour diverses raisons. Mais il y a beaucoup de respect entre nous.»

Inévitable guerre froide

À terme, il y a de quoi facilement imaginer une guerre froide susceptible de générer frustrations et tensions. D’autant que depuis le début de l’ère Galthié, la concurrence a été exacerbée par la blessure de Romain Ntamack avant le dernier Tournoi (contre… l’UBB !), qui a permis à Matthieu Jalibert de se glisser (avec succès) dans le costume du titulaire aussi souvent que son concurrent avec les Bleus (7 fois chacun).

Ntamack demeure toutefois, aux yeux du staff, le numéro un de par son antériorité. D’abord (Galthié, alors "adjoint comme les autres") n’en avait pas fait par hasard son titulaire pendant la Coupe du monde 2019 aux côtés de Dupont. Ensuite, il profite indirectement de la domination de Toulouse sur l’UBB dans les confrontations directes. Ntamack était en effet titulaire lors des quatre victoires du Stade sur Bordeaux la saison dernière !

Le genre de détail qui compte. Et qui n’est d’ailleurs pas étranger aux actuelles velléités de départ du Girondin, désireux de trouver une écurie susceptible de retourner cette impossible cohabitation en sa faveur…

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Nicolas ZANARDI
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