L'édito : en équipe de France, le défi des finisseurs

  • Romain Taofifenua fait partie de ces finisseurs, c'est-à-dire les joueurs devant amener de la fraîcheur en fin de partie
    Romain Taofifenua fait partie de ces finisseurs, c'est-à-dire les joueurs devant amener de la fraîcheur en fin de partie Icon Sport - Icon Sport
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L'édito du lundi par Emmanuel Massicard... Au cas où vous l’auriez oublié avec le passage à l’heure d’hiver : dans moins de deux ans, le Mondial 2023 sera désormais terminé. The end. Finie la fête. Retour à l’ordinaire en passant, svp, par une virée sur les Champs-Elysées. Avec la Coupe sous le paletot.

La course contre la montre est donc lancée, désormais en version accélérée : samedi, c’est France - Argentine et dans trois semaines, les Blacks. Fabien Galthié ne s’en cache pas, il compte les matchs et les entraînements qui séparent les Bleus de leur Graal. Bientôt, soyez en sûrs, il égrènera les jours. Et à la fin, les heures.

Sur le chemin du plus grand défi de toute sa carrière, le sélectionneur se fait plus méthodique que jamais. Pour ne pas dire obsessionnel. En quête de maîtrise absolue, il a tout imaginé, intellectualisé, parfois théorisé et déjà organisé. Jusqu’au profil idéal de ses ouailles, l’âge et le quota de sélections moyens requis pour être en capacité de remporter le Mondial, en 2023. Et, vous le verrez samedi soir : la valse des remplacements avec des "finisseurs" -nos terminators- bientôt plus forts que les titulaires. Manière de mieux gérer les ultimes instants qui font basculer les parties. Souvenons-nous que la gestion des bancs de touche, depuis vingt ans, a souvent été le casse-tête des sélectionneurs. Certains s’y sont perdus.. Mais cela n’empêche pas Galthié de relever le défi, lui qui espère tout maîtriser.

Tout. Ou presque. Car le sélectionneur n’a rien d’un doux rêveur. Vrai pragmatique, il connaît son monde. Et dans sa quête éternelle de coups d’avance, il a forcément intégré la part des impondérables.

Allez, on vous l’accorde : pas la crise Covid qui a brisé sa flèche du temps. Mais peut-être bien l’éventualité d’un tirage sort de la Coupe du monde qui lui offrirait la Nouvelle-Zélande sur un plateau d’argent dès l’ouverture de la compétition, les tournées avec des équipes expérimentales à cause de l’enchevêtrement des compétitions ou les blessures de dernière minute et autres absences de longue durée des cadres. Peut-être la vie sans Charles (Ollivon) et l’ultra Dupont dépendance. Voire le tandem 4 étoiles Ntamack-Jalibert, en mode l’un avec l’autre.

S’il n’a rien dévoilé de tout ça, se rangeant derrière une com’ ultra contrôlée, on se dit que Fabien Galthié est trop expérimenté -et plus encore madré- pour ne pas avoir imaginé comment en tirer avantage. Et parfaitement compris que la fin de son premier mandat de sélectionneur se fera dans l’adaptation permanente, le rebond face à l’imprévisible et l’accélération perpétuelle. Exemple, avec les retours de Villière et Haouas, ce week-end. Exemple, encore, avec l’éclosion de talents non "programmés" qui viendront forcément rebattre les cartes au sein d’un groupe que le sélectionneur voudrait pourtant le plus possible ancré sur les rails de sa flèche du temps.

On pense, évidemment demi de mêlée phénomène du Racing 92, Nolann Le Garrec. Et à bien d’autres, tels Thibaud Flament, qui pourraient renverser la table tricolore au nom d’une jeunesse épatante, taillée sur mesure pour ce rugby à très haute demande énergétique. Puisse ainsi, Fabien Galthié, avoir de nombreux cas de conscience. Et qu’au nom des Bleus, il soit régulièrement contraint de revoir sa feuille de route. C’est le meilleur de l’aventure qui commence, au moment où la quête de titres devient permanente.

Emmanuel MASSICARD
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