Bordeaux, La Rochelle, Toulouse : la revanche de l’économie réelle

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Mis en danger par la crise "covid" et les matchs à huis clos faute de rentrées d’argent aux guichets, les clubs de Bordeaux, La Rochelle et Toulouse, sont revenus sur le devant de la scène française. Les clés de leur succès : les meilleurs joueurs, un soutien populaire majeur, et des patrons marqués par la culture "rugby".

N’avez-vous vraiment rien remarqué ? À l’heure où la cinquième vague de la Covid-19, en pleine déferlante sur l’hexagone, fait de nouveau planer le risque d’un retour des jauges partielles ou même des matchs à huis clos, l’Union Bordeaux-Bègles et le Stade toulousain trustent le haut du classement du Top 14. Quand le Stade rochelais, certes un peu moins éclatant que par le passé, est tout de même positionné dans le wagon des potentiels qualifiables à la phase finale. Trois clubs qui affichent tous quasiment des stades à guichets fermés depuis le début de la saison.

C’est vrai pour le Stade rochelais, depuis déjà longtemps. C’est confirmé pour le Stade toulousain, avec notamment 18 838 spectateurs enregistrés pour une affiche de moyenne importance, face à Brive. Et que dire de l’UBB qui a encore établi un record à Chaban-Delmas pour le duel face au Stade toulousain (32 494 spectateurs) !

Ces trois formations ont le vent en poupe, sans même évoquer le fait qu’ils sont les principaux fournisseurs de talents du XV de France. Et qu’ils continuent grandement d’animer le marché des transferts. Laurent Marti, le président bordelais, a ainsi réussi le tour de force de conserver sa pépite Matthieu Jalibert et espère en faire de même prochainement avec Cameron Woki. Le Stade toulousain a déjà attiré dans ses filets pour la saison prochaine Pierre-Louis Barassi en attendant Melvyn Jaminet, deux internationaux plein d’avenir. Quant à La Rochelle, son recrutement "XXL" laisse rêveur, et parfois même perplexe. Tenez-vous bien. Le président Merling a déjà obtenu les accords d’Antoine Hastoy (Pau), Thierry Paiva (UBB), George-Henri Colombe (Racing 92) ou encore Teddy Thomas (Racing 92), des joueurs tous issus du squad élargi du XV de France, suivis par Fabien Galthié. Bref, tout va bien pour ces trois clubs, merci pour eux. À croire que leur petite entreprise ne connaît pas la crise…

57 millions d’euros de perte de revenus

Pourtant, souvenez-vous. Ces clubs, si souvent cités en exemple pour leur modèle basé sur une économie réelle et sans mécène, se disaient au bord du gouffre au printemps 2020, à la sortie du confinement. Parce qu’en rugby, contrairement au football où le budget des pensionnaires de la Ligue 1 dépend pour 60 % en moyenne des droits TV, les clubs sont plutôt tributaires du sponsoring et de la billetterie pour 70 à 80 %. L’impact de la crise du coronavirus sur ces deux lignes budgétaires cruciales avait donc de quoi inquiéter. On parlait de pertes de sponsors ou d’une baisse de leur participation à moins 30 % selon l’étude de la DNACG d’avril 2020. à l’époque, il était question d’une reprise des compétitions à huis clos puis avec des jauges partielles, préconisées par la ministre des Sports, Roxana Maracineanu ; ce qui est finalement advenu. Dans son rapport, la Direction nationale d’aide et de contrôle de gestion recommandait alors une baisse de la masse salariale allant de 17 à 31 % pour faire face à cette chute des revenus.

Évidemment, les présidents de ces clubs se montraient alarmistes. "Une majorité de clubs de Top 14, en économie réelle, sont dans une situation virtuelle de dépôt de bilan, disait même Laurent Marti. Mais je ne peux pas croire qu’à trois ans d’une Coupe du monde, pour un sport qui est si chéri de l’ensemble des Français, on laisse tomber comme ça les clubs. J’espère que l’on trouvera des solutions, mais ça passera par une grande solidarité."

La perte de revenus pour la période de septembre à décembre 2020 s’est élevée à plus de 57 millions d’euros pour le Top 14. Elle a été compensée à hauteur de 31 millions d’euros par le fonds mis en place par le gouvernement pour les pertes de billetterie, sachant que les recettes "jours de match" représentent plus de la moitié des revenus de la plupart des clubs. Évidemment, ce fonds n’a pas couvert pas les pertes de recettes générées par l’activation de certains partenariats en dehors des matchs ou encore l’organisation de séminaires. Mais la LNR a souscrit au PGE pour faire face aux difficultés de la saison 2019-2020 et a contracté un emprunt de 15 millions d’euros pour la suivante. Résultat ? Aucun club n’a déposé le bilan. Et ceux qui se trouvaient être les plus menacés tiennent aujourd’hui leur revanche.

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