La colère froide de Jono Gibbes après le match contre le Racing

  • Le coach de l'ASM Jono Gibbes, était en colère après le match face au Racing. La raison? Entre autres la décision de ses joueurs de taper en touche sur la sirène, conservant le point de bonus défensif, au lieu de poursuivre l'action pour tenter de remporter ce match. 
    Le coach de l'ASM Jono Gibbes, était en colère après le match face au Racing. La raison? Entre autres la décision de ses joueurs de taper en touche sur la sirène, conservant le point de bonus défensif, au lieu de poursuivre l'action pour tenter de remporter ce match.  Icon Sport - Icon Sport
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Le coach de l'ASM Jono Gibbes, était en colère après le match face au Racing. La raison? Entre autres la décision de ses joueurs de taper en touche sur la sirène, conservant le point de bonus défensif, au lieu de poursuivre l'action pour tenter de remporter ce match. 

Il a débarqué en salle de presse le visage fermé, le regard noir. Sous son épaisse carcasse, Jono Gibbes a tenté, tant bien que mal au début de son intervention, de masquer sa colère. Ça n’a duré que quelques secondes… Rarement le technicien néo-zélandais était apparu aussi remonté. Une colère froide. Une colère intérieure qu’il n’a pas réussi à maîtriser. Impossible de ne pas deviner derrière chacune de ses paroles le sentiment du manager clermontois. "Il y a zéro satisfaction, a-t-il débuté. Ces 80 minutes, ce n’est pas la pire performance de la saison mais… On rate une opportunité ce soir. C’est frustrant. Le Racing était sous pression et quand nous avons pris l’initiative avec le ballon, on a montré que si on était patients, on trouvait de l’espace. Mais il y a eu beaucoup de gaspillage et ils ont marqué des essais trop faciles." Un discours exempt de toute ambiguïté.

Pourtant, quelques minutes plus tôt, son capitaine Judicaël Cancoriet et un de ses leaders de jeu Morgan Parra s’étaient plutôt montrés satisfaits de ce point de bonus défensif décroché à la Paris-La Défense Arena. "On a eu un trou d’air en seconde période, c’est dommage, a commenté le troisième ligne. Ensuite, on a essayé de s’accrocher et de coller au score. Malheureusement, ça n’a pas fonctionné. Mais dans l’attitude, on a tout fait pour réussir. Finalement, on repart avec un point de bonus défensif. On va se satisfaire de ça ce soir (samedi)."

Le jaune de Lavanini

À tout dire, à l’issue de ce match sans aucun fil conducteur, les Auvergnats peuvent nourrir des regrets. En première période, face à des Racingmen sous pression après quatre revers de rang en Top 14 et visiblement tétanisés par le risque de s’enfoncer dans la crise, Camille Lopez et ses coéquipiers avaient inscrit trois essais par Damian Penaud (4e), George Moala (21e) et Etienne Fourcade (26e). Et tout ça sans donner l’impression de beaucoup forcer.

Las, après la pause, changement de scénario. La trouille de se rater a changé de camp. Et les Clermontois ont enchaîné les fautes (13 pénalités au final) et accumulé les ratés (14 ballons perdus). Évidemment, difficile de ne pas souligner combien, encore une fois, le carton jaune infligé à Tomas Lavanini (48e), a été préjudiciable. Il a sans doute permis aux Racingmen de combler leur retard et de reprendre le match en main. "Il y avait en face de nous une équipe en manque de confiance. Mais nous avons énormément gaspillé nos ballons, a grommelé Jono Gibbes. Ils ont inscrit des essais vraiment trop facilement. Nous n’avons pas fait les choses nécessaires pour gagner un match à l’extérieur." Sans doute en veut-il à ses joueurs du laxisme affiché à certains moments de la rencontre. Un exemple ? Le manque de replacement et de vigilance sur l’essai de Maxime Machenaud jouant vite une pénalité proche de la ligne d’essai clermontoise pour relancer son équipe (10-21, 25e). Un essai à zéro passe au milieu d’une défense totalement passive. Et Jono Gibbes d’asséner : "On s’est battus nous-mêmes…"

Durant les quelques minutes d’interview, le manager clermontois a tenté de se maîtriser. À chacune des questions, son regard se perdait dans une direction diamétralement opposée à son interlocuteur. Comme s’il ne souhaitait ni répondre, ni mentir. "On sait que le classement général est très serré, a-t-il ajouté. Nous avions une opportunité de répéter notre bonne prestation de la semaine dernière face à Toulouse. Quand on regardera la vidéo du match, on se dira des choses, c’est certain. Mais ce sont les actes qui sont le plus importants." Cinq minutes venaient de s’écouler. C’était déjà trop pour Jono Gibbes. Alors, il s’est levé, a salué poliment l’auditoire et s’en est allé rejoindre ses joueurs. Assurément, la semaine clermontoise s’annonce tendue…

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Arnaud BEURDELEY
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