Italie : autopsie d’un revers annoncé

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    Italie : autopsie d’un revers annoncé Midi Olympique.
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Le calvaire des Transalpins se poursuit. Faut-il trouver des lignes encourageantes à ce 37-1O ? On aimerait y croire mais tout ceci ressemble à un feuilleton sans fin dont se jouerait toujours le même épisode.

Qu’est ce qui manque à cette équipe d’Italie ? Un peu de tout mon général. Au moment de commenter leur trente-troisième défaite de rang dans le Tournoi des 6 Nations, nous avons essayé de regarder avec précision ce qu’a fait - ou pas - la Squadra azzura dont le calvaire semble sans fin.

 

L’éternel plouf de la deuxième période

C’est malheureusement une habitude. L’Italie a fait illusion pendant quasiment une mi-temps (11-10 à la 39e). Puis elle a sombré. C’est souvent le lot des "petites équipes" méritantes. Cette sélection ne peut pas rester constante sur quatre-vingts minutes, elle faiblit forcément après quarante premières où elle a tout donné en termes d’énergie et d’agressivité. Sa deuxième mi-temps fut inférieure à la première. Elle n’a pas encaissé beaucoup plus de points (dix-huit contre dix-neuf). Mais ça s’est vu à l’œil nu. Elle subissait trop. Symbole, l’essai refusé à Danty qui, dès le début du second acte, a laissé facilement son Bristol à deux défenseurs. Les Transalpins commençaient à décliner. mais reconnaissons-le, ils ne se sont pas non plus effondrés. Mais ils n’étaient plus menaçants comme avant le repos.

La question de la stratégie

Quand on est l’Italie et qu’on rencontre la France, doit-on tenter le diable ? Ne vaut-il pas opter pour un jeu à risque minimum ? Éternelle question. L’influence de Kieran Crowley, ancien All Black, explique cet esprit d’entreprise mais la qualité de ses hommes ne rend-elle pas ses efforts vains ?

La question du demi de mêlée

Les Italiens ont toujours eu des demis de mêlée plutôt faiblards depuis dix ans. Le pauvre Stephen Varney ne fait pas, pour l’instant, exception à la règle. Il a gâché, par un en-avant, un ballon intéressant derrière des avants qui avançaient bien. C’était en début de rencontre, sur un temps fort transalpin, et puis, bien sûr, il fut directement responsable de l’essai d’Anthony Jelonch. Sa passe précipitée sous la pression se transforma en cadeau pour le Toulousain. Varney joue assez peu dans son club anglais de Gloucester. Il est encore jeune et on lui reconnaît des qualités de vivacité mais il fait trop de bourdes pour vraiment peser au niveau international (on l’avait déjà noté à Rome).

Peu de réserve au talonnage

Les Italiens ont changé de talonneur à la 50e quand Hame Faiva a remplacé Gianmarco Lucchesi. Lucchesi nous sembla très actif dans le combat ; à son débit, un lancer directement sur Willemse. Disons que l’entrée de Faiva, né et formé en Nouvelle-Zélande, n’a pas apporté grand-chose. Il a été, à nos yeux, le symbole de la baisse de régime des Italiens en deuxième période. Il n’a pas trouvé ses sauteurs sur ses deux premiers lancers à un moment important car l’Italie pouvait encore revenir au score. Après son entrée, la touche a souffert. Il a été chanceux de ne pas voir un troisième lancer intercepté et en fin de rencontre, il a manqué le sauteur qu’il visait. Heureusement, un deuxième sauteur a sauvé les meubles. Il fut aussi discret dans le jeu. Clairement, son entrée n’a pas tiré l’équipe vers le haut même si, c’est vrai, il a su administrer deux plaquages offensifs.

Peu de séquences longues

Il a fallu attendre la 46e minute, pour voir une vraie séquence longue des Italiens. Une action construite et ordonnée, capable d’avancer. Elle a duré cinq phases. Bien partie, elle s’est étiolée, avec deux bons plaquages français : Dupont sur Garbisi et Atonio sur Negri. Et Woki a fini par "gratter" le ballon. Tout ça dit tout de l’impuissance des Transalpins et cette impression que tous leurs efforts sont voués à l’échec. Cette équipe a du mal à imposer son jeu et quand elle y parvient, l’adversaire conservant trop d’atouts pour se défendre. Ceci rejoint la question de la gestion de Garbisi.

Garbisi ne peut pas tout faire

On sent bien que le jeune demi d’ouverture de Montpellier a une énorme pression sur les épaules. Il a du potentiel, c’est évident. Il a superbement offert un essai à Menoncello par un service au pied. Mais on a aussi vu des scories dans son jeu. Pourquoi a-t-il tenté une contre-attaque au lieu de faire un arrêt de volée en première mi-temps ? Sur le ruck qu’il provoqua, il perdit illico le ballon. On l’a vu aussi faire un énorme en avant en troisième rideau ou une "rétro-chandelle". Il a aussi manqué une passe au pied en bout de ligne en fin de match. Sur le plan offensif, on sent bien qu’il a les moyens de faire des passes après contact ou de lancer de bonnes offensives. Mais en tant que dépositaire du jeu, on lui reprochera de ne pas avoir assez resserré les débats, sauf s’il avait des consignes.

Un point positif : la défense

Les Italiens ont encaissé des essais, quatre, mais au moins, en première période, ils ont soigné leur agressivité défensive. On les a vus prendre les Bleus dans les chevilles, avec une vraie efficacité. Et ils ont retardé l’échéance. Ils pourront toujours s’accrocher à cela pour essayer de progresser.

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